‹ Vie de J. CalvinChapitre 32 sur 95 · XXXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXVI INTRODUCTION

celle-là qu'il faut arriver 5 car Calvin, comme le pape, n'admet pas le droit de croire autrement que l'Église, autrement que lui. En fait d'émancipation religieuse, les Genevois n'ont donc rien gagné : du temps de leur évêque , ils devaient, sous peine du feu, être catholiques, la même sanction les oblige aujourd'hui à être protestants; ils étaient forcés d'aller à la messe, les voilà forcés d'aller au sermon. Calvin, en effet, pas plus que Léon X, n'autorise la liberté de conscience ; et tout à l'heure, Théodore de Bèze va avoir le triste honneur de l'avouer nettement dans cette phrase célèbre Libertas consciencise diaholicum dogma,

Calvin et son œuvre ne font qu'un ; qui voit l'un, devine l'autre. Il va droit

INTRODUCTION. XXXVIl

son chemin, la tête roide et ferme, sans regarder de côté. Il a l'orgueil involontaire et instinctif de l'homme dont l'esprit étroit n'est point accessible au doute ; qui rapportant toutes ses actions, toutes ses pensées à des principes selon lui infaillibles, est sûr de ne se trouver jamais embarrassé, ni arrêté. Sans cesse préoccupé de l'application de ses idées, il ne connaît ni l'hésitation, ni la crainte, ni les demi-mesures. Gomme il arrive toujours au sectaire convaincu, sa théorie lui paraît tellement supérieure à tout autre intérêt, que, pour la faire triompher, il sacrifierait sans remords la vie de milliers d'hommes, et la sienne propre. Né timide, « très- timide même », c'est lui qui l'avoue, il ira, s'il le faut, se jeter résolument au milieu des épées (12 décembre 1547). Après le

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