On l'a appelé le Rollin du seizième siècle
11 finit par embrasser la Réforme, et dirigea quelque temps le collège de Genève,
VIE DE CALVIN. li
demeura aussi au collège de Mont-aigu sous un précepteur en classe, espagnol de nation ; et aussi en chambre sous un précepteur espagnol qui depuis a esté docteur en médecine. Il esloit dés lors d'un singulier esprit; et profita si bien, qu'en peu d'années il fut avancé à l'estude de philosophie. Quant à ses mœurs, il estoit sur tout fort consciencieux, ennemi des vices, et fort adonné au service de Dieu qu'on appeloit pour lors : tellement que son cœur tendoit entièrement à la théologie, et son père pretendoit de l'y faire employer. Ce qui fut cause qu'on le pourveut d'un bénéfice en l'Eglise cathédrale de Noyon * . Comme il eut aussi une cure
1. Celui d'une chapelle dite de la Gésine. Il en fut pourvu à l'âge de douze ans (29 mai 1521), et obtint de le conserver malgré son séjour à Paris. Odet de Chàtillon, frère du grand Coligny, était cardinal à seize ans.
au Pont TEvesque*, qui estoit le lieu de la naissance de son père, comme il a esté dit : en laquelle cure il a depuis presché par fois, avant qu'il se retirast de France.
Telle donc estoit Fintention du père pour lors. Toutesfois, puis après, il se résolut de le faire estudier aux lois, voyant que c' estoit un meilleur moyen pour parvenir aux biens et aux honneurs. Lui aussi de sa part, ayant desja par le moyen d'un sien parent et ami, nommé M. Pierre Robert, autrement Olivetanus, qui depuis a traduit la Bihle d'hebrieu en françois imprimée à NeufchasteP, gousté quelque chose de la
I. A dix-huit ans, Calvin fut nommé curé de Marteville. Il permuta, deux ans après, avec le curé de Pont-Lévêque, où habitait encore son grand-père qui exerçait la profession de tonnelier. Calvin ne renonça à sesbénéfices qu'en 1 534.
2» Eq 1536, 2 vol, in-folio, sur une copie
pure religion, commençoit à se distraire des superstitions papales. Qui fut cause, outre la singulière révérence qu'il portoit à son père, qu'il s'accorda de suivre plustostl'estude des loix que de la théologie, comme elle estoit lors es escoles toute corrompue, et d'aller à Orléans pour cest efFect : là où lisoit pour lors un excellent homme nommé Pierre de l'Estoille*, depuis président en la cour de Parlement à Paris. Sous lequel il profita tellement en peu de temps, qu'on ne le tenoit pour escolier, mais comme l'un des docteurs ordinaires : comme aussi il estoit plus souvent enseigneur qu'auditeur. Et lui fut offert de le passer docteur pour
écrite, dit on , tout entière de la main de Des Perriers. Cette traduction fut plus tard retouchée par Calvin.