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L'autorisation

VIE DE CALVIX. 37

cette profession de théologie gages honnestes de la seigneurie de Strasbourg.

Apres son départ de la ville de Genève, comme ainsi fust que selon le premier usage on eust accoustumé en ceste Eglise de faire la Cène avec pain commun , aucuns sans cause mirent en avant des oublies. Ce qui bailla occasion à quelques uns des bons de se fascher, jusques à s'abstenir de la Cène, et faire plaintes d'un tel changement ; dont mesmes aucuns furent contraints de s'absenter de la ville. Mais Calvin estant adverti de la chose, comme il ne trouvoit pas bon le changement fait sans raison, aussi il tança bien vivement l'imprudence de ces bonnes gens, qui pour si peu de chose se scandalisoyent, et laissoyent de participer à la saincte Cène. Et de fait, estant depuis pasteur en ceste Eglise l'espace de vingt et trois ans, et jusques à la mort, vray

est qu'il a souvent déclaré, quand T occasion Fa porté, que le meilleur seroit de suivre ce qui est le plus simple , assavoir d'user du pain commun. Mais neantmoins il n'a point combatu sur le changement, sachant que la chose estoit indifférente en soy, et qu'il y avoit d'autres poincts de plus grande importance, à l'observation desquels il falloit insister. \

Or pour revenir à la suitte de l'histoire, en ce temps-la, assavoir l'an 1539, le cardinal Sadolet escrivit aux syndiques , conseil et citoyens de la ville de Genève une longue epistre, en datte du 18 de Mars, les amadouant de belles paroles pour les destourner de Jésus Christ, et blasmant les ministres desquels Dieu s' estoit servi a y reformer Testât de la religion. Il pensoit bien avoir trouvé occasion de gaster quelque chose, à cause de l'absence de Calvin ;

car c'estoil un an après qu'il avoit esté chassé de Genève. Mais iceluy quelque temps après , en ayant eu les nouvelles à Strasbourg, tesmoigna T affection qu'il portoit à la ville de Genève; et maintint la cause d'icelle , ou plustost la vérité de Dieu contre ce renard , par une longue et docte epistre qu'il luy rescrivit, laquelle se trouve imprimée parmi ses œuvres tant en françois qu'en latin, datée de Strasbourg le premier jour de septembre 1539*. Lors aussi, il revit et augmenta son Institution chrestienne ^ qu'il fit reimprimer, et fut mise en lumière le 1 d'aoust audit an. Davantage il commença à escrire sur Sainct Paul, dédiant son commentaire de YE-

\ . J. Sadoletl romani cardinalis epîstola ad senatum populumque genevensem^ qud in obedientiam romani pontificis eos reducere conatur, J. Calvïni responsio.

pistre aux Romains * à M. Simon Grynée, le plus docte des allemans, et son grand ami. La datte dudit commentaire est de l'an 1539, le 18 d'octobre. Aussi il escrivit en françois un petit traitté et bien familier de la Cène du Seigneur, pour l'usage de ceux de la langue françoise^ ; afin que chacun peust estrè résolu de ce qu'il nous faut croire, chercher et recevoir en la Cène, et que mesmes les plus simples n'eussent occasion de douter. Lequel livre cinq ans après, assavoir l'an 1 545, pour l'usage de ceux qui n'entendent nostre langue françoise, fut traduit en latin par M. Nicolas des Gallars, lors ministre de cette Eglise, et depuis de l'Eglise françoise de Londres, qui encores aujourd'lîuy est ministre de l'Eglise d'Or-

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