‹ Vie de J. CalvinChapitre 63 sur 95 · Retarder · texte numérisé non relu

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2. Les ordonnances ecclésiastiques de Calvin furent définitivement votées par le grand conseil le 2 janvier 1542.

excellens ouvrages, et qui a fait un merveilleux fruict. Estant si bien recueilli, que de françois il a depuis esté traduit en diverses langues : assavoir par Tautheur mesme, en latin, le dédiant aux ministres de TEvangile en la Frise orientale, comme aussi aucuns d'iceux Favoyent requis ; et puis en grec par Henri Estienne, et en hebrieu par Emanuel Tremellius, Juif de nation et lecteur en théologie en TUniversité de Heidelberg, tous deux fort sçavaus personnages et bien exercez esdites langues, comme chacun sçait; finalement en italien, allemand, anglois, escossois, flamand, et espagnol pour toutes ces nations-la* : comme quant aux trois langues premières et principales, il peut servir tant pour l'usage

1 . Il a même été traduit en hollandais , en liongrois, en basque et en polonais.

des escoles, que pour gagner les Juifs à Christ, et y enseigner les Grecs.

Au reste, pource que M. Viret n'estoit que preste à ceste Eglise pour un temps, Calvin comme il estoit de sa part fort vigilant et soigneux à procurer tout ce qu'il pensoit propre pour Favancement d'icelle, fit tous ses efforts pour obtenir qu'il fust accordé à tousjours.

Et à ceste fin escrivit lettres à plusieurs personnages qu'il estimoit y pouvoir aider, et lui mesme alla en personne solliciter TafTaire en un synode à Vevay. Mais la considération de l'Eglise de Lausanne, comme la chose estoit bien à peser , empescha d'obtenir ce que on demandoit. Toutesfois ledit Viret n'y fut pas rappelé si tost, mais fut laissé encores à Genève plusieurs mois, jusqu'à ce que les affaires y fussent un peu mieux asseurées. Ce qui fut un grand soulagement à Calvin, et lui-

mesme le recognoissoit ainsi. A cause de quoy aussi depuis il lui escrivoit souvent deFestat de ceste Eglise, comme semblablement à M. Farel ; et les piioit tous deux de la visiter le plus souvent qu'ils pourroyent à leur commodité. Et eux de leur costé s'y sont tousjours monstrez merveilleusement afFectionnez, accourans ici pour aider à leur frère et compagnon quand leur présence y pou voit servir, comme souvent il est advenu qu'elle y a beaucoup fait, Dieu merci. Le peuple aussi pour son regard s'esjouyssoit du bon accord de ces trois excellens personnages, toutes les fois qu'il les pouvoit revoir ensemble et les ouïr presclier, se souvenant du temps premier qu'ils avoyent esté conjoincts ici en la conduite de ceste Eglise. Il est vray qu'il y a voit bien tousjours quelques malins, lesquels la présence de Calvin fasclioit , et

beaucoup plus quand ils le voyoyent en la compagnie des deux autres ; tellement que par moquerie ils appeloyent entre eux l'union de ces trois serviteurs de Dieu, le Trépied. Mais tout compté et rabbatu, ou tels profanes estoyent contraints à faire bonne mine; ou, s'ils brassoyent quelque chose, il falloit malgré qu'ils en eussent qu'ils sentissent que Dieu avoit mis au cœur du peuple un amour de ses bons pasteurs.

Or Calvin un peu de temps après son retour, assavoir au mois de novembre, eut les nouvelles de la mort de Capito*, lesquelles le contristerent fort plusieurs jours ; comme aussi il n'y a point de doute que ce fut une bien grande perte pour l'Eglise de Dieu. Joint qu'en

1. Wolfgang-Fabrice Capiton, ami intime (l'OEcolampade etdeBucer, mourut de la peste à Strasbourg en lb41.

mesme temps on disoit que Bucer estoit malade de peste. Calvin donc estant demeuré à Genève, seul des trois qui y eussent bien esté requis, se conduisit toutesfois tellement au gouvernement de TEglise, qu'ij mit peine que rien ne demeurast en arrière.

Il y avoit lors en la ville d'autres ministres , qui y ayans esté mis quand Calvin fut chassé, y estoyent demeurez ; desquels aucuns nuisoyent quasi plus par leurs mœurs je ne sçay quelles, qu'ils ne pouvoyent profiter par leur doctrine. Toutesfois Calvin, scacbant qu'il faut tousjours en l'Eglise éviter divisions et entretenir la paix entant que faire se peut, mit peine de se comporter avec eux; les admonnestant comme ilfalloit, redarguant* leurs vices en particulier, et leur proposant de re-

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