‹ Vie de Jacques Callot, graveur lorrain, 1592-1635Chapitre 15 sur 35 · CHATEAU DE VILLERS · texte numérisé non relu

CHATEAU DE VILLERS

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Pr^ el cJuimps P Allées d'arbres fruitiers 1 Potager et orangerie S Allée de ciiorrnille et de tilleuls 0 Maisort etjarcün du. vigne/'on, S S Maisort et Jardin, du vignerori T Orange

Figure 7. — ■ Château de Villers.

jeune Jacques Callot. L’acte évalue l’œuvre à 16 francs, rentoilée : on la vendait 50 sous à Rome, chez J. J. Rossi. Voici d’autres souvenirs, de Callot ceux-ci et de Nancy ; le Brelan, esquisse peinte, de 30 centimètres de hauteur sur 60 centimètres de largeur, quatre fois la surface de l’eau-forte de Jacques. Puis des estampes du camarade : la Grande et la Petite Passion; des follets, baladins et pantalons [Balli di Sfessania)-, les Mystères de la vie de N.-S. et de N.-D., in-i6, reliés en parchemin blanc, Z francs j les Misères de la guerre, i franc; les Caprices, 12 francs; Bre'da, La Kochelle; dans une feuille de papier gris, 285 feuilles d’écussons de familles lorraines et 20 vides (Y éirmorial) , 2 francs. Une note jointe à la publication de cet inventaire

par M. Albert Jacquot (Paris, 1894) mentionne chez M. du Houx, à Flavigny, une œuvre de Déruet : Attaque d’un convoi par des brigands en foret, inspirée sans doute par l’une des planches des Misères de la guerre. L’inventaire note aussi le portrait de Déruet fait à Fontainebleau par Louis XIII, portrait qui, sorti de la famille, fut, en 1864, retrouvé à Strasbourg chez un brocanteur et offert au Musée lorrain de Nancy, où il est aujourd’hui placé sous vitrine.

De par le testament de Callot, ses biens patrimoniaux, dont il ne parle pas — il ne dispose que de ses acquêts — ont dû retourner à sa famille : ainsi la propriété de Villers-lez-Nancy, s’il l’a jamais possédée en propre, ainsi le domaine de Bainvillesur-Madon, qui lui a appartenu de 1630 à sa mort, d’après les dossiers conservés par M. de Bouligny. La villa de Villers, avec son parc, existe toujoursj c’est la première habitation du village, à droite, quand on y accède de l’Est, une centaine de mètres avant d’atteindre l’église. On y découvre une vue admirable de Nancy, au levant, et au nord les collines de Malzéville et de Maxéville, ainsi que la forêt de Haye. Des Jean Callot, hérauts d’armes, l’immeuble arriva à Françoise de Graffigny, qui prenait alors le nom de dame d’Happincourt. Après l’avoir d’abord hypothéqué, elle le vendit, le 10 août 1718, à M. de Riocourt; le mari, Huguet de Graffigny, qui déjà vivait séparé de sa femme de 23 ans, ratifiait la cession en 1719. L’acquéreur dressa, en 1731, un plan, qui existe encore, de l’état des lieuXj puis, en 1734, il céda le domaine à M. Mathieu, receveur général, futur grand gruyer ou grand maître des eaux et forêts de Lorraine. Le fils de celui-ci acheta la vicomté de Dombasle,’et prit le nom, devenu célèbre, de Mathieu de Dombasle, qu’illustra surtout Alexandre- Joseph-Christophe, né le 25 février 1777, le premier qui cristallisa du sucre de betterave industriel, l’inventeur des machines agricoles, le fondateur de l’école d’agriculture de Roville. Il n’avait que quatre ans, en 1781, quand il posa la première pierre du château actuel de Villers qui, selon le plan cavalier de 1731, reproduit à peu de choses près la construction antérieure. Des Dombasle, le château passa, avant 1810, à M. de Ligniville. Après plusieurs cessions, il appartient aujourd’hui à Madame veuve Mauljean, née Corbin (voirfig. 7).

Le domaine de Bainville-sur-Madon a perdu les terres qui en dépendaient et aussi le droit, remontant au 8 novembre 1406, de nommer le chapelain de l’autel de Sainte-Marie à l’église du village. Par contre, il s’est agrandi d’une aile à l’ouest. Peu après la mort de Jacques, le village, qui est à quelque 20 kilomètres au sudouest de Nancy, aurait été brûlé par les Suédois, sauf l’église et le pavillon. La reconstruction n’aurait eu lieu qu’au retour du duc Charles IV en Lorraine, en 1662. L’année qui suivit la mort de Jean «le vieil», Jean le jeune, le dernier héraut, l’avocat, vendit en 1667 la propriété à Hyacinthe Gérard Collot, ancêtre de la famille moderne des Bouligny. Le général de Bouligny, le dernier possesseur, dans un moment d’humeur contre son voisin, colonel, chez qui un général, de passage en manœuvres, avait préféré descendre, décida la construction d’une aile occi-

dentale en épi, qui boucha la vue de la propriété mitoyenne. Toutefois le corps principal et la cour de la maison des Callot sont restés intacts, et l’on peut y reconnaître le cadre d’une des scènes de l’histoire de VEnfaf2t prodigue. La distribution intérieure est ancienne et l’on y montre la chambre du graveur.

Les biens, acquêts de Jacques, ne sont pas énumérés au testament, et jusqu’à présent aucun acte notarié de liquidation ne s’est révélé : les héritiers, Catherine Kuttinger et Jean, étant majeurs, peut-être n’y aura-t-il pas eu de partage notarié, d’autant plus que la veuve restait usufruitière là où elle n’était pas pleine propriétaire. De fait, elle devait voir mourir avant elle non seulement son beau-frère Jean, mais même le fils de celui-ci, son neveu Jean, l’avocat. Toutefois les minutes de Dominique Wuillaume prouvent qu’elle se préoccupait de cette situation successorale, car le 23 mai 1636, près de deux mois après son mariage avec le docteur Garnier, elle réclamait une expédition du testament de Jacques.

Demeurée en possession jusqu’à sa mort des biens du graveur, son testament à elle et les actes qui suivirent jettent quelque lumière sur ce qu’elle a pu recevoir. Vers le temps de la mort du troisième mari, Jean Mouchot, elle déposait, le 27 novembre 1668, un testament olographe. Le 5 mai 1670, ayant repris le pli, elle en remettait un autre au tabellion Dominique Wuillaume, le notaire même qui, en 1635, avait reçu les dernières volontés de Jacques Callot. Dans cet acte, elle instituait comme exécuteurs François Prudhomme, conseiller à la Cour, et Jean Mahuet, lieutenant civil et criminel. Ces deux amis étant décédés, comme aussi le notaire, elle reprenait son enveloppe scellée de cinq cachets, le 14 février 1679, de chez N. Jeanpierre, successeur de Wuillaume, et, par codicille, chargeait l’abbé Damien Thiéry, curé de Saint-Epvre, d’exécuter ses dernières volontés ; elle remettait le pli à l’abbé. Puis elle mourut le 2 octobre 1679, à 10 heures du matin, laissant pour plus proches parents les trois enfants que sa sœur Marguerite Kuttinger avait eus de son mariage avec Paul de Villaucourt : i” Catherine, mariée à Nicolas Fournier, baron de Neydeckj 2" Jacques de Villaucourt, qui avait épousé la fille de Jean Callot, l’avocat, Marie-Catherine j 3° Jeanne, veuve de Charles d’Estissart, sieur de Thionville. Le curé Thiéry se rendit aussitôt chez le notaire, accompagné des parents présents à Nancy. Voici les actes.

I Nancy. Cour d’appel. — Archives notariales.

Minutes de Jeanpierre, 1679.]

CodicH du pehvrier i6jg , a Nancy.

Par devant le tabellion general de Lorraine résidant à Nancy, soubsignc, et en présence des témoings cy apres nommés, est comparue en personne Dam‘"‘ Gatltcrine Kuttinger, vcfvc de deffunct le S" Jean Mouchot, vivant Cons'' du Roy, Corn"'' provincial des Guerres, laquelle a déclaré, par forme de codicil et adjonctions à son testament, qu’en place de ses exécuteurs tes-

tamentaires dénommes en iceluy, lesquels sont décédés, elle choisit et nomme le S'' Damien Thiéry, curé de la paroisse de S' Epvre, dud* Nancy, le suppliant de vouloir bien prendre la peine d’accepter cette charge pour faire exécuter ce qui est contenu en sondit testament, lequel elle a ordonné luy estre mis en mains; a aussy déclaré que, depuis plusieurs années, ayant prié le S' Claude Varinot , chanoine et trésorier de l’Eglise de S* George dud' Nancy, de prendre le soing, direction et maniement des affaires de sa maison, il s’en est très bien acquitté, luy a rendu bon et fidel compte de sa gestion et des deniers qu’il a receu, le descharge de tout compte envers ses héritiers, et entend que, lors de son décès, il soit creu à sa simple affirmation de ce qu’il aura géré jusqu’alors, scachant qu’il en a bien usé et en usera bien, sans faire tort à ses héritiers et que, comme il a faict c|uelques fois des advances de ses deniers, si, lors, il dit luy en estre deubs, ils luy soient restitués, suivant sa déclaration et affirmation, sans estre obligé à la discussion desd" comptes. Elle ne veut pas aussy que ses héritiers luy répètent aucune chose pour prétendue pension et nourriture, pendant qu’il a esté en sa maison, dont elle le descharge. Laquelle présente déclaration, ayant esté lue et relue à lad'' dam'”', elle y a persisté et déclaré estre telle sa volonté. Faict et Passé et ordonné aud* Nancy, les an et jour avantd'% En présence de Simon Thiébaut, Marchand, et de M' Nicolas Blondelot, Prévôt de Frouard, tesmoings.

Catherine Kuttinger.

Blondelot. S. Thibault.

N. Jeanpierre.

I Nancy. Cour d’appel. — Archives notariales.

Extrait des minutes volantes du notaire Jeanpierre, liasse 1672-1681.]

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