POUR MON FILS LE PRINCE DE GALLES
Les rois n’ayant de compte à rendre de leurs actions qu’à Dieu et à eux-mêmes, doivent être plus prudents et plus circonspects que lespersonnesd'unj'aog moins élevé , et si les sujets sont tenus à leur garder une fidélité scrupuleuse et à observer leurs lois , ces rois , de leur côté, sont obligés.à avoir soin d’eux et à les traiter avec une tendresse paternelle. Vous êtes Ip premier de mes sujets , et, en cet^e qualité, je regarde comme un devoir de vous donner les conseils sui vants, sur-tout quand je considère votre âge , le mien et la ituation de nos affaires. .
En premier lieu , servez Dieu comme il convient à un bon chrétien et à un zélé catholique de l’Église de
CONSEILS DU RDI JACQUES U, CtC. XXXIX
Rome , qui est la seule véritable Église catholique et apostolique : aucune considération humaine ne doit vous engager à la quitter. Rappelez-vous toujours que les rois, les princes et les grands de la terre auront un jour à rendre compte de leurs actions devant ce grand tribunal où chacun sera jugé selon qu’il aura agi. Songez que vous êtes placé sur la terre pour plaire au Dieu tout-puissant, et non pas pour votre satisfaction personnelle ; que c’est par lui que régnent les rois , et que sans sa prot ec t i on part iculière aucune de vos entreprises ne saurait prospérer. Servez le Seigneur dans les jours de votre jeunesse, et vous entrerez dans la terre des vivants ; commencez de bonne heure à le servir; ne difTérez pas , et rappelezvous que l’on attend beaucoup des personnes placées à une grande élévation , et que leur exemple , quel qu’il soit , entraîne un grand nombre d’imitateurs. Prenez un soin particulier de n’accorder votre confiance à aucun athée ou àaucun homme de mauvaises inœur$; qu’ils ne participent jamais à vos amusements, non plus que ceux qui neconnaissent d’autre Dienqne leur or; tous ces gens vous manqueront au moment du malheur : il en est de même de tous ceux qui n’ont pas les principes du christianisme ; c’est ce défaut de raison et d’un jugement sain qui rend les hommes niauyais chrétiens , et infidèles les uns envers les autres. Celui qoi est fidèle à son Dieu ne peut manquer de l’étre à son roi. Employez ceux-ci, fiez-vous à eux , et qu’eux seuls jouissent de votre confiance et de votre faveur. Quoiqn’i} ne soit pas possible à un