ROUEN. — LE SECOND PROCÈS. — LE SUPPLICE. 21Ô
« merveilleuse repentance et terrible contricion ; et dé- « sespéroit de jamais pouvoir impêtrer pardon et indul- « gence envers Dieu, de ce qu'il avoit faict à ceste saine te « femme ( 4 ^). »
Ce que le bourreau disait tout bas, dans l'asile de la pénitence, un des principaux fonctionnaires anglais, JeanTressart, secrétaire du roi, le répétait hautement dans la ville. Inspiré par sa conscience, qui semblait lui dévoiler l'avenir, il s'écriait avec terreur : a Nous sommes tous « perdus ; car nous avons fait mourir une sainte ( 5o )! »
J'Hl MIKRE SECTION,
fee Procès de condamnation («)„
Le jour même où elle donnait solennellement son opinion sur le procès de Jeanne, l'Université de Paris écrivait ten ces termes au roi d'Angleterre : « En vérité , oye icelle « relation et bien considérée , il nous a semblé , au fait tf d'icelle femme , avoir esté tenue grande gravité et juste « manière de procéder, et dont chacun doit estre bien \ « content ( a ). »
Sans doute l'affaire a été instruite avec lenteur, surchargée d'incidents et de formalités sans nombre. Toutefois ces délais ne nous font pas illusion ; nous ne nous laissons pas éblouir par l'étalage des actes et des pièces de cette procédure difficile et compliquée ; loin d'en être bien content, nousdéclarons que, ànos yeux, c'est le monument de la plus monstrueuse iniquité.
Telle est notre conviction. Comme il ne paraît pas
qu elle soit entièrement partagée par les hommes les plus compétents ( 3 ), il est de notre devoir de la justifier.
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