‹ Vie de Jeanne d'ArcChapitre 16 sur 19 · CONTINUATION DU CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CONTINUATION DU CHAPITRE XII

Traités et Mémoires à consulter sur le procès de Jeanne d'Arc. Jugement définitif.

Après la déposition des témoins, il nous a paru convenable de dire quelques mots sur l'esprit et l'opinion motivée des docteurs en droit civil et divin qui furent consultés au procès de révision. Parmi les défenseurs de l'innocence et de la gloire calomniées, l'histoire nomme Pierre Dupont, avocat consistorial; Pierre l'Hermite, sous-doyen de l'église de Saint-Martin de Tours ; Robert Cibole, prof(îSseur en théologie et chanceher de l'église de Paris ; Amelgard, prêtre de Liège. Le pr*>cès et ia j. D'A. n

vie si merveilleuse de Jeanne exercèrent aussi la critigue, la sagacité et la science de beaucoup d'autres jurisconsultes et maîtres en théologie. Plusieurs ouvrages sur la Pucelle parurent alors, non-seulement en France^, mais en Allemagne et en Italie ; car les exploits, les malheurs et la fin si tragique de la jeune héroïne occupaient toute la chrétienté. Le plus illustre de tous ceux qui défendirent devant le monde chrétien la mission miraculeuse de Jeanne la Pucelle fut sans contredit le chanceHer Gerson, que sa fidélité à la cause de Charles retenait dans l'exil, et qui crut devoir, même avant le procès, élever la voix en faveur de la libératrice du royaume. L'écrit de Gerson fut publié à Lyon peu de temps après la levée du siège d'Orléans.

Les docteurs et les savants qui donnèrent leur avis sur le procès de Jeanne l'examinèrent à la fois pour le fond et pour la forme ; ils firent d'abord ressortir les vices et les énormités judiciaires qui avaient précédé et accompagné la condamnation. Leur discussion sur cette matière ne saurait rien ajouter ni rien changer aujourd'hui à notre conviction; mais on doit reconnaître qu'elle exerça une grande influence sur l'esprit des contemporains et sur l'opinion des commissaires chargés de réviser le premier procès. Nous ferons ici une remarque, et cette remarque a quelque chose d'affligeant pour la justice humaine : le premier jugement

était une chose monstrueuse pour le fond, et personne ne doutait d'une injustice aussi révoltante ; mais la mémoire de Jeanne n'aurait peut-être pas obtenu une satisfaction complète et solennelle, sa condamnation n'eût pu être annulée et révoquée comme l'œuvre du dol, du mensonge et de la calomnie, si on n'avait pas prouvé avant tout que les premiers juges s'étaient écartés des règles, et que les formes de la procédure criminelle n'avaient point été suivies.

Pour les questions qui touchaient au fond du procès, elles ne furent pas examinées avec moins d'attention et de gravité. Un des mémoires publiés avant le procès de révision nous montre comment ces questions furent traitées dans tous les débats qui précédèrent le jugement définitif. On se demandait d'abord si Jeanne estait menteuse et séductrice, comme on l'avait étabU dans la condamnation, et si elle estait devineresse et supposant de fausses apparitions; si elle esloit idolâtre, apostate, séditieuse et cruelle. Sur son prétendu refus de soumission à l'Eglise, on demandait si elle estoit exconir muniée et hérétique. Les doctem's consultés discutent tour à tour toutes ces questions, et leurs conclusions sont pour la révocation de la première sentence. Nous ne suivrons point ces nombreuses dissertations oii revivent les opinions du temps, oii se retrouvent les doctrines^ les traditions et les raisonnements du quinzième siècle. C'est là que son

étalés les trésors de cette érudition du moyen âge. tout à la fois empruntés à l'Écriture, aux saints Pères, aux auteurs profanes, aux récits de l'histoire et aux axiomes de l'école. Les croyances et les dogmes de l'Église s'y trouvent souvent ULêlés aux croyances populaires et aux superstitions du temps. On ne doit pas être surpris, d'après cela, que les raisons qui purent convaincre alors les juges aient perdu leur force aujourd'hui et ne soient plus pour nous ce qu'elles étaient pour les hommes d'une autre époque. Pour repousser, par exemple, l'accusation de devination et de sorcel lerie, plusieurs docteurs raisonnent d'après la supposition que la magie est un art, une science véritable qui a ses règles connues, et que le don de prophétie fut toujours reconnu parmi les de là des faits qui no sont rien moins qu'incontestables, des explications sur la nécromancie qui auraient grand besoin d'autres expHcations ; de là l'histoire des prophétesses ou sibylles de l'antiquité, parmi lesquelles la sibylle de Cumes n'est point oubliée. Quelques-uns de ces graves docteurs vont chercher leurs raisons jusque dans l'astrologie judiciaire, et l'un d'eux, après avoir étalé sur ce chapitre toute son érudition, expliquerait volontiers les merveilles de Jeanne par les constellations de ciel, s'il ne se ressouvenait tout à coup qu'il est chrétien.

Les apparitions et révélations étaient géncralo

ment admises ; il fallait seulement savoir si elles x^'naient de Dieu ou des mauvais esprits. La plupart des maîtres en théologie pensaient qa'une semblable question n'appartenait point à la décision des hommes ni même à celle de FÉglise, mais au jugement de Dieu seul. Toutefois, ajoutent-ils, on peut croire que pour la mission de Jeanne d'Arc elles viennent de Dieu, et voici les principales raisons qu'ils en donnent : 1" Jeanne avait fait vœu de virginité ; 2'' elle était humble et ne désirait que le salut de son âme ; sa vie était pure et dévote. Le célèbre Gerson, dans un écrit dont nous avons parlé, et qui fut joint au procès, est d'avis qu'on peut pieusement et saintement soutenir le fait de la pucelle Jeanne, attendu l'effet qui en était résulté, et surtout la justice de la cause qu'elle avait défendue, puisqu'il s'agissait de rendre un royaume à son roi légitime et de deheller ses ennemis.

Il est à remarquer que tous ceux qui ont écrit sur le procès de l'héroïne française détestent l'injustice qui lui avait été faite ; mais nous voyons avec peine qu'ils n'expriment jamais un sentiment de compassion pour ce qu'elle a souffert. En la défendant devant ses juges, aucun d'eux ne paraît s'être occupé de nous intéresser à ses malheurs et de faire chérir son nom dans la postérité. Ils nous donnent peu de détails sur les vertus de Jeanne, sur sa vie, sur son dévouement si difficile à expliquer pour l'histoire. Les défenseurs et les apolo-

gistes de la Pucelle exciteraient vivement notre curiosité s'ils s'étaient faits ses historiens ou ses biographes ; mais comme leurs volumineuses dissertations sont à peine comprises maintenant et ne nous apprennent presque rien de ce qu'on voudrait savoir, on ne doit pas s'étonner qu'elles soient oubliées et qu'elles restent dans la poussière de nos dépôts pubhcs, comme ces vieilles armures avec lesquelles on remporta autrefois de grandes victoires, et dont on ne se sert plus dans les guerres du temps présent.

Si nous en avions le temps, nous ferions de ces savants traités une étude sérieuse, et nous y trouverions peut-être assez de précieux documents pour ajouter quelques pages à l'histoire des opinions et des idées dans nos sociétés modernes. Nous ne voudrions pas cependant qu'on y trouvât un prétexte de déclamation contre la barbarie des siècles passés. Ce ne sont, à notre avis, ni les subtilités scolastiques, ni les grossières superstitions qui ont fait mourir la Pucelle, mais bien les mauvaises passions de la politique, et ces mauvaises passions sont loin d'être mortes au temps oii nous vivons. Croit-on, par exemple, que s'il se fut élevé parmi nous, à certaines époques de nos révolutions, une autre Jeanne d'x\rc qui eût combattu des factions ennemies et sauvé la France de quelque grand péril, elle n'eût pas rencontré des adversaires violents et jaloux qui l'eussent haïe mortellement ?

Croyez- VOUS que les juges, les bourreaux et même les raisons eussent manqué pour la condamner et la faire mourir ? Nous ne disons point ceci pour abaisser notre siècle au-dessous de ceux qui l'ont précédé, mais seulement pour montrer qu'en beaucoup de choses il ne vaut pas mieux.

Jugement définitif du jorocès de révision. — Après trois mois de recherches et de travaux, après avoir écouté la voix du peuple et des sages, les juges réunis à Paris consacrèrent plusieurs séances à faire eux-mêmes une récapitulation du procès. Dans cette récapitulation, on examinait d'abord les révélations faites à la Pucelle ; elles étaient légitimées par la bonne vie et les bonnes mœurs de Jeanne, par sa dévotion et son vœu de virginité, surtout par le besoin qu'avait le royaume de France des secours du ciel. Quant aux prédictions, il paraissait impossible que la Pucelle eût inventé ce qu'elle avait dit, et la plupart de ses prédictions d'ailleurs étaient confirmées par les événements. Dans les honneurs que Jeanne avait rendus aux esprits, on ne pouvait voir qu'un acte de piété. Il était évident que ces esprits n'enseignaient que des choses saintes et n'étaient point envoyés par le grand ennemi deshommes. Pour l'habit d'homme, en le jugeant d'après les traditions et les règles théologiques, il n'avait rien d'absolument condamnable, et surtout lorsqu'on était conduit par una inteation pure. Les paroles dangereuses dans la foi

attribuées à Jeanne pouvaient s expliquer et se justifier par le sens même de ses réponses éparses clans plusieurs interrogatoires. Le refus prétendu de se soumettre à l'Église se trouvait démenti par ses actions et ses discours : elle s'était soumise en termes exprès au pape et au concile général. Si elle avait repris l'habit d'homme après l'avoir quitté, on doit se rappeler les violences exercées envers elle ; elle offrait d'ailleurs de reprendre les habits de femme si on la transférait dans une prison ecclésiastique : tout cela suffisait pour la justifier. Elle était revenue aux apparitions et aux visions qu'elle avait paru désavouer; mais ellcne connaissait point toute la portée de son abjuration. Cette abjuration d'ailleurs était fausse : elle ne pouvait pas abjurer des erreurs dans lesquelles elle n'était point tombée ; on n'avait pu la considérer comme relapse.

Voici ensuite, dans la récapitulation du procès, quelles avaient été les principales illégalités pour la condamnation de Jeanne : d'abord l'incompétence des juges, puis l'affection désordonnée de l'évêque de Beau vais pour les Anglais ; on rappelait les rigueurs sans mesure de la captivité de Jeanne, les menaces qu'on lui faisait. La fausseté et la fidélité des assertions attribuées à la Pucelle, et d'après lesquelles on l'avait condamnée, pouvaient seules faire })rononcer la nullité de la sen tence ; l'abjuration, ouvrage de la violence, n'était

au procès qu'une illég'alité révoltante. On avait forcé Jeanne à faire et à dire des chofses dont on s'était odieusement armé pour la déclarer relapse. On avait porté le trouble dans l'esprit de Jeanne par des questions qu'elle ne pouvait comprendre et par des craintes qu'on avait cherché à lui donner.

Après avoir ainsi passé en revue les crimes et les erreurs sans nombre de ceux qui avaient été consultés, de ceux qui avaient jugé au premier procès, les prélats nommés pour la révision se demandaient quelle opinion on devait avoir, en présence de tant de faux, de tant de nullités, de tant d'énormités judiciaires, de tant d'iniquités mises au grand jour. Les défenseurs de la famille d'Arc parlèrent plusieurs fois ; ils lurent plusieurs mémoires et requêtes, prirent des conclusions qui furent écoutées avec intérêt et qui achevèrent de porter la conviction dans tous les esprits. Enfin arriva le jour du jugement définitif. Les trois prélats, réunis à l'inquisiteur, se rendirent à Eouen le 7 juillet 1455. Cette séance solennelle se tint au palais épiscopal ; la mère et les frères de Jeanne étaient présents. On fit de nouveau la récapitulation du procès, puis l'archevêque de Reims prononça le jugement.

Les considérants de ce jugement sont fort longs ; on y rappelle les pièces du premier procès, les diverses enquêtes, les traités des docteurs qui ont

tout examiné ad longum, les requêtes, protestations et conclusions des parties; on en "vient ensuite à quelques conclusions politiques, telles qu" l'admirable délivrance d'Orléans, et le sacre du roi à Rheims. Enfin on implore le secours du Tout-Puissant, qui pèse les esprits, et qui est le seul juge véritable, de ce Dieu qui souffle où il veut, et qui choisit quelquefois les faibles pour confondre les forts. Après avoir rappelé de nouveau tous les motifs de la décision des juges, l'archevêque de Eeims déclare en leur nom que les douze articles qui avaient fait condamner Jeanne d'Arc sont faux, calomnieux, pleins dedol; le tribunal ordonne qu'ils seront publiquement lacérés.

Les juges crurent devoir prononcer d'abord et séparément sur les douze articles, qui avaient été tout le procès de condamnation. Ce premier jugement fut suivi d'un second, qui, après de nouveaux considérants, annulait toutes les décisions des premiers juges et déclarait ({\x aucune note ni tache d'infamie n'avait pu être encourue par Jeanne d'Arc de bonne mémoire, ni par aucun des siens. Les juges ordonnèrent de plus qu'il serait fait, dans toutes les villes du royaume, une notable publication du jugement, pro futurâ mernoriâ. Il fut ordoiïcé en outre qu'il serait fait deux prêchassions solennelles, l'une au cimetière de Saint-Ouen, oii la Pucelle avait prononcé sa prétendue abjuration ; la seconde à la place du Vieux-Marché, oii,

par une cruelle et terrible exécution, les flammes avaient étouffé et brûlé Jeanne d'Arc. Chaque procession devait être terminée par une prédication solennelle ; et sur la place où avait été dressé le bûcher de Jeanne, on devait élever une croix comme souvenir d'expiation.

On avait employé ou plutôt profané le nom de l'Église pour la condamnation de Jeanne d'Arc ; il fut bien évident au contraire, pour la génération nouvelle, que ce jugement de révision venait de Dieu. Eappelons-nous quels étaient les juges par lesquels la Pucelle fut condamnée, comment ces juges furent nommés, et sous quelle influence ils prononcèrent leurs arrêts : ici c'est le souverain pontife qui nomme lui-même ceux qui doivent juger l'iniquité, et ces arbitres suprêmes sont pris parmi les prélats les plus respectables de l'Église de France ; ils n'avaient d'autres mobile que la crainte de Dieu, et Dieu seul dirigea leur conscience de juge ; on peut s'en convaincre par cet esprit de paix qui présidait à toutes leurs délibérations, par cette unanimité des témoins interrogés avec tant de scrupule dans toutes les parties de la France. Dans tout ce procès fait à l'iniquité, on n'eut point à invoquer le secours des puissances humaines ; pour l'exécution du jugement, on n'appela point des hommes d'armes, mais seulement les prières, messagères du Ciel. Le nom de Jeanne d'Arc prononcé dans l'assemblée des fidèles, une prédica-

tion en mémoire de ses souffrances, la croix do Jésus- Christ élevée à la place d'un bûcher, telle fut la simple et pieuse réparation d'une grande infortune et d'une grande injustice.

Les témoignages de tous ceux qu'on avait entendus au dernier procès furent pour la Pucelle comme le plus éloquent apothéose ; les Anglais, en jetant ses cendres au vent ou dans la Seine, l'avaient condamnée à n'avoir point de tombeau; mais Dieu voulut qu'elle eût dans l'histoire un monument plus durable ; et quel plus beau monument que ce concours unanime de louanges adressées à sa mémoire ! La gloire de Jeanne tira un nouvel éclat de ses persécutions même ; par le caractère qu'elle déploya dans le procès, elle se montra peut-être supérieure à ce qu'elle avait été au miheu des périls de la guerre. Rien ne fut ignoré de ce qu'elle avait dit, de ce qu'elle avait fait ; il ne manqua rien à l'illustration de sa vie, à la sainte solennité de sa mort ; la mission qu'elle avait remplie est sans contredit ce qu'il y a de plus merveilleux, de plus incroyable même dans l'histoire des temps modernes, et grâce à ses deux procès, nos annales n'ont point de faits qui soient mieux démontrés pour nous, dont la vérité soit mieux constatée pour les générations futures.

On avait entendu les témoignages de tous ceux qui avaient connu Jeanne d'Arc ; mais n'y avait-il pas d'autres témoignages à invoquer? Les villes

de Rouen et de Paris, rendues à leur roi lég-itime, la plupart des provinces de France, délivrées du joug des étrangers^ ne parlaient- elles pas en faveur de Jeanne ? Elle avait souvent annoncé cette heureuse délivrance, et sur ie bûcher même, elle avait prophétisé la gloire future du royaume des lis ; la France jouissait enfin de ce que l'héroïne de Domremy avait fait de glorieux ; on voyait s'accomphr chaque jour ce qu'elle avait prédit ; quel tableau à développer devant les nouveaux juges !

Nous ne devons pas oubher toutefois que le procès de révision se poursuivit au nom de la famille de Jeanne, et que les défenseurs de sa mémoire ne purent, à cause de cela, s'élever aux ^lus hautes considérations du patriotisme. Il faut ajouter que les juges tenaient leur mission du Père des fidèles, et qu'ils durent craindre, en s'écartant de la simple question du procès, de réveiller la pensée des vieilles discordes. Peut-être aussi voulut-on garder quelques ménagements avec la génération qui finissait, avec cette génération qui sans doute avait plaint les malheurs de Jeanne, mais dans laquelle personne ne s'était levé pour la défendre.

On s'est quelquefois étonné que l'Éghse n'ait point placé la Pucelle au rang des saints ; il faut remarquer que l'héroïne de Domremy ne mourut point pour le triomphe de la foi, mais pour son dévouement au roi de France : Dieu voulut se ervir

d'une simple bergère pour montrer au monde un glorieux modèle de l'attachement et de la fidélité auy saintes lois de U patrie. Voilà quelle fut la véritable mission de Jeanne d'Arc.

Dieu conduisait la jeune héroïne; mais personne sur la terre ne fut admis à voir ce qu'elle voyait, à entendre ce qu'elle entendait (1) : l'histoire n'a d'autre témoignage ici que les propres paroles de Jeanne et le prodige de ses victoires ; les révélations de l'héroïne sont restées et probablement resteront toujours un secret entre elle et Dieu.

Quant aux insinuations qu'elle aurait reçues de la politique humaine, on ne peut y croire ; on ne peut croire davantage à des inspirations venues de l'esprit de ténèbres. Que nous reste-t-il donc à penser ? Dieu aurait-il voulu que la gloire attachée à de grandes actions, que la véritable gloire qui élève quelquefois l'humanité jusqu'à lui, eût aussi ses mystères comme larehgion qu'il nous adonnée? Oui, il y a un mystère dans la mission de Jeanne d'Arc, mais c'est le mystère de Dieu. Nous dirons en finissant ce que disait Jeanne elle-même à de savants docteurs qui hésitaient à croire à sa mission, parce qu'ils ne pouvaient la comprendre : Il y a au livî^e de Dieu des choses qui ne se trouvent point aux livres des hommes.

(1) L'écuyer <le la Pucelle, Daulon, lui ayant demandé à voir les personnagf^s célestes qui lui apparaissaient, et qu'elle appelait son conseil, elle lui répondit qu'?7 n'estoit assez cUone ne vertueux pour icelui voir.

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