‹ Vie de JésusChapitre 14 sur 102 · NAISSANCE ET ENFANCE DE JESUS · texte numérisé non relu

NAISSANCE ET ENFANCE DE JESUS

La mission purement religieuse des apôtres n'avait pour objet que àe rappeler les grands faits accomplis par Jésus - Christ durant le temps de son ministère* Quant à Biontrtr de qudle manière et dans quelles conditions s'était faite la préparation du Sauveur à son œuvre divine, cela n'intéresse pas immédiatement la foi, mais la science. Nous ne devons donc pas nous attendre à trouver là-dessus une relation aussi exacte ni ausrsi complète que quand il s'agira de Pactivité pubjique de Jésus. — Les recherches scientifiquet auront pour objet d'établir la valeur réelle des faits en les dégageant de la forme subjective que leur a donnée la tradition , et de combler autant que possible les lacunes inévitables que présentent toujours des récits fragmentaires* — Ces deux opérations sont inséparables , car il faut d'abord avoir une idée juste des faits pour pouvoir déterminer comment ces faits s'enchaînent les uns aux autres. Mais la difficuté de la tâche doit occasionner une grande diversité dans les résultats, et les historiens pourront^ tout en étant d'accord sur le véritable objet de la foi, donner de ces faits des appréciations diiférentes.

Cependant ces différences ne peuvent pas dépasser certaines limites. Il y a une manière d'envisager l'enfance de Jésus, que nous devons repousser de prime abord parce qu'elle procède d'une erreur capitale et qu'elle nie en principe la foi chrétienne. — Si l'on prétend leunciettre la vie de Jésus aux lois ordinaires de l'histoire, et la considérer comme produite par le déve-

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loppemeût naturel de rhumanité, alors, à la place du Fils de Dieu et du Rédempteur^ nous n'avons plus qu'un homme remarquable, et le principe fondamental du christianisme est renversé. — Dès lors aussi, ces premiers récits ne peuvent avoir aucune valeur historique et doivent être considérés comme de pures fictions. — Ainsi, déjà dans la partie antéhistorique deux opinions inconciliables sont en présence et cette opposition repa-* rattra chaque fob qu'il faudra prononcer sur le caractère surnaturel de la vie de Jésus. La querelle ne peut pas être vidée par la voie empirique, par la critique des documents, puisque la manière de considérer ces documents dépend elle-même du point de vue auquel on s'est placé d'abord. — Ainsi , en partant du déisme ou du panthéisme, qui, bien que très différents d'ailleurs , sont d'accord cependant pour combattre le supranaturalisme, on est conduit nécessairement à rejeter ce que le point de vue du théisme supranaturaliste conduit nécessairement à admettre. — Il nous faut donc , ici comme partout ailleurs, partir d'une intuition générale de la vie de Jésus-Christ pour nous diriger dans la critique des détails — et les recherches doivent seulement avoir pour but de montrer, qu'une fois le prindpe du rationalisme mis de côté , il n'y a plus aucune raison légitime de refuser une base historique aux récits que nous considérons, et que l'origine de ces récits serait tout à fait inexplicable si elle ne report sur un fait vrai.

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