‹ Vie de JésusChapitre 15 sur 102 · NAISSANCK ET ENFANCE DE JESUS · texte numérisé non relu

NAISSANCK ET ENFANCE DE JESUS

Si donc la vie de Jésus-Christ nous apparaît comme une communication surnaturelle de la nature divine à l'humanité, comine le commencement d'un développement historique tout à fait nouveau, en un mot, comme un miracle, cette idée doit d'abord s'appliquer à la naissance de Jésus. — Sans doute, comme toute vie humaine, la vie du Seigneur devait avoir sa place déterminée dans la série des faits historiques. L'histoire tout entière était préparée pour la recevoir; mais pour la recevoir et non pour la produire. Elle devait y entrer comme un élément supérieur. Tout ce qui procède du développement naturel de l'humanité participe nécessairement à la dégradation de notre nature. Le second Adam, celui de qui devait sortir par une génération spirituelle une nouvelle humanité , ne pouvait pas descendre du premier Adam de la même manière que les autres hommes. Jésus-Christ n'est pas, comme chacun de nous, une simple individualisation du type représenté en Adam, — mais il est lui-même l'auteur d'un type nouveau, le principe général et fécond qui devait , en s'appropriant toutes les individualités , imprimer à la vie humaine un caractère et une forme toute nouvelle. — L'^entrée de Jésus-Christ dans le monde ne pouvait donc être opérée que par le concours de deux (acteurs , l'un surnaturel, l'autre naturel. Ce fait s'impose à notre esprit sans que nous puissions déterminer à priori comment il a dû s'accomplir. Mais ici la tradition vous vient en aide. Ce que nous avions dû affirmer à l'avance, elle

LA CONCEPTION SURNATUaiLLE. 33

le confirme pleinement et read notre croyance plus positive en même temps que plus ferme. Si, d'ailleurs, elle n'est pas parfaitement certaine en tous points , s'il a pu s'y introduire des erreurs ou des contradictions, la foi n'a pas à s'en inquiéter ; ce qui lui importe , c'est que la réalité corresponde à l'idée, et que le fond de la tradition soit d'une vérité incontestable.

Les récits de Matthieu et de Luc sur la naissance de Jésus-Christ sont parfaitement d'accord pour faire intervenir dans cet événement des circonstances qui excluent la forme ordinaire du concours humain , et supposent à ta place une action immédiate et créatrice de Dieu. Hors de là, il n'y a plus que deux opinions possibles : — Ou bien on rejette complètement les récits. 11 n'y a plus rien de vrai; tout est mythique. C'est l'impression profonde que Jésus-Christ a produite qui lui a fait attribuer une origine surnaturelle. C'est l'éclat de sa vie qui a rejailli sur sa naissance. — Ou bien on admet ^i / /? .^^ un fait réel comme base et sujetidu mythe) — La pre- ^

miëre opinion est inconciliable kvec la simplicité prosaïque du récit de Matthieu , qui rapporte , par exemple, ce fait que Joseph fut induit en erreur par la grossesse de Marie , survenue avant le temps. Dire que le i*cit de Matthieu est la traduction prosaïque d'un mythe déjà formé, ce serait se faire une idée tout à fait fausse des premiers temps du christianisme \ — Que si, tout en

1 Nous maintenons ceci, malgré les assertions contraires de Strauss, tout en reconnaissant cependant avec lui que ,dans certains cas, en effet,

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