CHAPITRE II
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Nous a^ons vu , par ce qui précède , quUI ne faut point chercher au dehors les causes du déyeloppement spirituel de Jésus*Christ y mais dans la force créatrice que les circonstances extérieures servirent seulement à provoquer. Cette conclusion s'applique en particulier aux écoles théolc^iques des Juifs. Aucune d'elles ne lui a fourni les principes de sa doctrine, et il sera facile de nous en convaincre^ en comparant le caractère de ces diverses écoles avec le but et l'esprit de l'enseignement et des actes de Jésus-Christ. Comparez d'abord le pharisaUme avec son esprit légal y tyrannique » sa science morte et ses ordonnances puériles. Quelle différence! Et si quelques pharisienSy mieux disposés, plus sérieux et plus sincères que les autres , furent amenés à Jésus , ce ne fut pa^ comme à l'un de leurs docteurs ; mais ils reconnurent que sa doctrine différait complètement de la leur. Il (allut qu'ils s'accoutumassent aux paroles du Seigneur , d'abord si étranges pour eux , qu'ils désespérassent de leur propre sagesse et de leur propre justice , pour placer leur foi
6^ DlEvELOPPUMENT DE I^SUS.
en Celui qui pouvait seul soulager leurs âmes fatiguées et chargées.
Le sadducéisme diffère encore plus de la doctrine de Jésus-Christ. Il n'y a entre les deux qu'un rapport négatif, c'est l'opposition au pharisaïsme. L'un et l'autre voulaient dégager l'hébraisme primitif des élémenis étrangers qu'y avaient introduits les ordonnances des pharisiens. Mais un tel accord n'est qu'une apparence, quand la négation procède de principes contraires, et c'est ici le cas. — Il en est comme de ces doctrines qui sont d'accord avec le protestantisme pour combattre l'église romaine , mais que leur caractère négatif éloigne encore plus du protestantisme que du catholicisme luimême. — Les saddncéens combattaient le pharisaïsme au nom d'une morale séparée de tout élément religieux, tandis que le point de départ de Jésus-Christ était au contraire l'union intime entre la morale et la religion. Les sadducéens faisaient abstraction de l'histoire. Ils ne reconnaissaient point de développement religieux dans l'économie juive ; ils revenaient purement et simplement à l'ancien mosaïsme, et par là ils se montraient incapables de comprendre le mosaïsme même puisqu'il contenait le principe de ce développement*. Ils considé-
1 On verra plus loin comment Jésus-Christ justitie lui-même ce rpproebe adressé aux sadducéens.— Il est vrai qu'on ne peut prouver que le^ sadducéens eussent sur le Canon d'autres idées que le reste des Juii& Josèphe dit bien (Arch,, I. XUl, c. x,§ 6) qu'ils rejetaient toutes les choses, Sàttp oOx Âvocyéypteirra» iv r«lc McvHttç và/xoii; mais la loi mosalqtie est ici opposée, non pas au reste du Canon, mais à la tradition orale, et il s'agit sealement de décider si, pour les coutumes religieuses, Moïse