COMPARAISON AVEC LES BG0L8S JUIVES
raient co0une la vérité absolue co qui n'était qu'un de^ gré inférieur de la connaissance religieuse. De cette mani^y Tesprit du mosalsme leur échappait; il ne leur restait plus que la lettre. A Tinterprétation allégo^ rique «t arbitraire des pharisiens , ils substituaient un étroit et mesquin littéralisme. ^^ Jésus*Christ, an contraire, 9'appuîe sur le dételoppement antérieur du théisme jusqu'à Jean-Baptiste , et fait passer dans sa doctrine toutes les richesses de la conscience religieuse ainsi développée. On a quelquefois voulu établir un rapport entre la morale sadducéenne, qui prescrit lé bien pour lui-même et écarte toute idée de récompenses futures S et la morale de Jésus-Christ. Mais c'est en«ooreune ressemblance purement négative.— Si la mo-
scQi doit faire autorité , ou bien aussi la tradiUoa. H ne peut pat Mve question des autres livres de TAncien Testament, qui n'enseignent aucunes pFâtiqses «pédales. -«-Toutefois, il est probable que les saddueéens poussèrent Toppositiou au pharisaïsme jusqu'à rejeter toutes les dootrines dont on ne pouvait prouver l'origine mosaïque, regardant le Pentateuque comme la principale, sinon comme la seule source de la connaissance religieuse. L'exemple de quelques sectes judéo-chrétiennes (voy. les Ciémentines) nous montre qu'en effîat cette opinion existait parmi les Juifs. Les saddueéens n'auraient guère pu nier la résurrection et l'immortalité, s'ils avaient accordé aux écrits des prophètes la même autorité qu'au Pentateoque, à moins pourtant qu'ils n'aient interprété les passages dans un autre sens.— Quand Josèphe nous montre le Canon comme étant généralement adopté parmi les Juifs {Contre AppioHj l. I, § 8), cela ne prouve pas qu'il n'y eût point chez quelques sectes des idées différentes.
^ Il ne fout pourtant pas accorder beaucoup de confiance à la tradition talmudique (voir Pirke aboth, I, 8), d'après laquelle les saddueéens auraient emprunté cette doctrine à Antigonus Ish Socho, autrement appelé 8imoo le Jncte , pour rejeter d'après cela le dogme de l'existence future. L'oribodoxie régnante était toujours encline à déduire les erreurs de U favsse ijateUigeoce des doctrines euseignéss dans ses éooles.
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raie chrélieniie est opposée à Teudémonisiiiei qui fait du bien an moyen et non pas un but, elle ne repousse pas moins énergiquement un système qui , renfermant la yie tout entière dans la sphère des ehoses terrestres, la détachant du monde sjnrituel , où se trouYe son véritable but y lui ôte par là sa yaleur et sa signification la plus élevée. La mondanisation de la vie spirituelle est le principe de toutes les tendances ennemies du christianisme, que cette mondanisation soit d'ailleurs positive ou négative , qu'elle imagine un faux avenir comme le 'pharisaïsme , ou qu'elle nie tout avenir comme le saddocéisme. Mais le pharisaïsme offrait du moins un point d'appui au christianisme. Il renfermait un élément positif de vérité. Cette vérité était obscurcie, défigurée, mais elle n'avait besoin que d'être dégagée des éléments étrangers pour reprendre son empire S
Restent les essémeiM. Cette secte mystérieuse a donné lieu à beaucoup d'hypothèses. On a cru trouver dans l'esprit religieux de l'essénisme une preuve de parenté avec le christianisme*. Mais cette comparaison prouve
1 Le ly de Gœlln prétend que « la morale des sadducéens devût être « metUeure que celle des pharisiens, puisque le Nouveau Testament n'en « parie pas et n'attaque le sadducéisme qu'à Tégard de la résurrection.» Voy. Théol. biU,, L I, p. 450. Cette conclusion n*est pas fondée. Le silenoe du Nouveau Testament s*ezplique d'une autre manière. L'influence du sadducéisme n'avait guère pénétré parmi ceux qui entendirent d'abord la prédication de l'Evangile. — De plus, le pharisaïsme était d'accord avecle christianisme pour reconnaître l'union de ia morale et de la religion. Sur ce terrain commun, une discussion était possible; mais avec le sadducéisme, tonte polémique était superflue. L'éloignement était trop grand.
t Voy. RmouiD, Pian de Jésus, %• édit. Appendice du D* Heubner.