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royaume^ Ceci nous révèle un rapport jtout spécial entre son plan et celui de Dieu. Sans doute, c'est Tintel*^ ligence divine et non une intelligence humaine qui a conçu le plan d'une telle œuvre. Mais tandis que ce plan est ignoré des autres hommes, Jésus, lui, le connaissait; il Taccomplissait librement. L'œuvre de Dieu, le plan de Dieu, c'était aussi son œuvre et son plan à lui, et l'histoire de la tentation nous montre qu'il avait dès le commencement une parCute conscience de la vocation à laquelle il était appelé. Nous repoussons donc toute opinion qui suppose en Jésus-Christ une conception imparfaite ou une modification de son plan d'après les circonstances. L'accord parfait que nous trouvons entre les paroles de Jésus, au commencement et à la fin de son ministère, prouve d'ailleurs suffisamment que les circonstances n'ont exercé aucune influence sur ses idées.
Le but de Jésus, comme il le déclare souvent luimême , était de fonder dans le monde le Royaume de Dieu. Et comme cette œuvre devait être exclusivement divine, elle n'était point conçue d'après les pensées humaines, mais d'après les révélations de Dieu dans le développement de l'humanité, et en particulier dans le développement du peuple juif et dans les livres de l'Ancien Testament. C'est de l'Ancien Testament qu'il nous faut partir pour bien comprendre le plan de Christ tel qu'il ressort de ses paroles et de ses œuvres. Dans l'ancienne alliance, le royaume de Dieu était conçu comme
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un royaume visible, comme un Etat fondé et dirigé par Tautorité divine. Une loi extérieure venue de Dieu wé^ glait toutes choses dans TEtat par le moyen d^organes animés de Pesprit divin, savoir : les prêtres, les rois et les prophètes. Mais cette idée ne pouvait pas être réalisée. Le royaume de Dieu ne devait pas commencer exié^ rieurement. Il aurait fallu pour cela que la nature humaine sur laquelle il devait s'établir, ne fût pas éloignée de Dieu par le péché. L'histoire du peuple juif était précisément destinée à faire ressortir l'opposition qui existait entre la nature humaine et le royaume de Dieu. C'était le moyen de réveiller les consciences , de tourner les esprits vers l'avenir et de les préparer à l'établissement de la véritable théocratie , à la venue de celui qui devait conquérir au service et à l'amour de Dieu les peuples qui en étaient encore éloignés. Ce divin conquérant, Jésus le montre lui-même dans sa personne. Depuis le commencement jusqu'à la fin de son ministère, jusqu'en face de la mort, il n'a pas cessé de s'annoncer comme le Messie. Il est vrai qu'il l'a fait d'abord moins ouvertement. Connaissant les idées grossières de la foule, il ne voulait pas devenir une occasion d'agitations populaires. Il fallait d'ailleurs préparer les esprits. Mais ses actes et ses paroles montrent également qu'il a toujours prétendu à être reconnu, non pas seulement comme un prophète, mais comme le Prophète par excellence, c'est-à-dire comme le Messie. — Sous ce rapport il n'y a aucune différence entre les synoptiques et le