‹ Vie de JésusChapitre 30 sur 102 · PLAN DE J^S · texte numérisé non relu

PLAN DE J^S

à part un peuple qui serait le dépositaire de la YÎe nou- Telle et qui lui servirait d'instrument pour transformer le monde entier. Quelle puissance n'eût pas exercée^ en effet) un peuple lunsi pénétré de TEsprit divin ! C'eût été la ville située sur une montagne et qui ne peut point être cachéei. Il aurait projeté sa lumière de tous côtés. C'eût été dans le vrai sens le sel et le levain de l'humanité. C'est \ky poùrrait-on croire » l'espérance conçue privitivement par Jésus-Christ \ Voilà pourquoi il apparaît d'abord comme un messager de bonnes nouvelles. Il publie y dans la synagogue de Nazareth, l'année de bienveillance. Il annonce une nouvelle théocratie gouvernée par des lois nouvelles (le discours de la montagne) ; il promet aux apôtres qu'ils régneront avec lui sur le peuple élu ; et au moment de mourir, il pleure sur Jérusalem en pensant au bonheur qui lui était réservé si elle l'eût écouté dès le commencement. Ainsi Jésus aurait d'abord attendu de meilleures choses ; mais peu à peu les événements, les lumières de l'Esprit divin lui auraient révélé plus clairement les desseins de Dieu. Il aurait compris, enfin, qu'il devait succomber sous la haine de ses ennemis. Son triomphe devait sortir d'une défaite. C'était par ses souffrances et par sa mort que devait commencer l'établissement certain, mais lent et successif, du royaume de Dieu.

Mais, dans le fait, ce raisonnement est plus spécieux

* Cette opinion a été profeaeée dans le temps par de Wette, Hase, Paultis.

i^ PLAN DS ifeuS.

qne solide. 11 y a nu enthousiftstne qui empêche de voir les difficultés ou qui nous fait trop présumer de nos forces« Mais Jésus-Christ joint à l'enthousiasme la sûreté et la profondeur du jugement. 11 ne se fait point illusion sur les dispositions dominantes du peuple. Il ne cherche point à profiter de l'impression profonde mais passagère que ses paroles ou ses actes produisent sur la foule qui l'euTironne. 11 repousse toutes les espérances chamelles que Ton avait conçues de lui, et s'attache seulement au petit nombre de ceux qui venaient avec des intentions plus pures. Gomme il réprime la présomption, l'ardeur enthousiaste de ses disciples et les ramène au sentiment de leur faiblesse! Partout il nous montre, avec la conscience de sa force divine, la connaissance des obstacles que le péché doit lui susciter. C'est le même esprit qui anima plus tard les disciples , et qui forme un des caractères fondamentaux de la morale chrétienne. Si Jésus annonce dès le commencement à ses apôtres le futur triomphe 4e sa doctrine, il leur parle en même temps de la lutte qu'il faudra livrer. 11 ne leur dissimule pas que le mal s'acharnera après son œuvre, et fera tous ses efforts pour en arrêter ou pour en retarder le développement. Assurément, des vues aussi profondes montrent que Jésus , qui avait passé toute sa vie au milieu des Juifs , devait les connaître à l'époque où il commença son ministère. 11 connaissait leur endurcissement; il prévoyait leur opposition et leur haine , et il pouvait pressentir dès lors ces souffrances

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