‹ Vie de JésusChapitre 36 sur 102 · CHOIX BES APÔTRES · texte numérisé non relu

CHOIX BES APÔTRES

tion , nous reconnaissons une loi générale du royaume de Dieu. La vérité ne devait point être le produit de riutelligence humaine; elle devait nous venir d^une source supérieure, et Tactivité humaine devait être consaorée à nous approprier de plus en plus cette vérité. C^est pour la même raison que la révélation préparatoire fut confiée au peuple juif, et non pas aux Grecs. De là cette lutte éternelle entre la raison, qui ne veut reconnaître que ce qui vient d^èlle, et la révélation , qui réclame une humble et entière adhésion.

Cependant, il est bien certain qu'un intervalle de deux ou trois années n'aurait pas suffi , dans des circonstances ordinaires, pour préparer les disciples à Taccomplissement de leur tâche. Si Jésus-Christ a pu promettre, dès le commencement, que les hommes qu'il avait choisis, et qui ne comprenaient pas encore sa doctrine, seraient dans peu de temps capables d'instruire l'humanité et de fonder le royaume de Dieu , c'est qu'il sentait en lui-même une puissance supérieure à celle de tous les docteurs humains.

Le rapport des apôtres à Jésus fut toujours un rapport de complète dépendance. Il faut cependant distinguer ici deux périodes. Dans la première, cette dépendance était extérieure et inconsciente ; plus tard ce fut une dépendance intérieure et volontaire. La volonté de Jésus fut toujours leur règle. Ils étaient convaincus que ' leur maître ne pouvait vouloir que le bien ; mais leur confiance était d'abord une confiance aveugle. Us avaient

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accepté cette Tolonté sans la comprendre y sans en con« naître le but. Il fallait qu*ils apprissent à s'en pénétrer, à en faire leur propre volonté. C'est ce double point de vue que Jésus distingue lui-même en faisant allusion à sa mort comme nécessaire pour Tintelligence du royaume de Dieu. Voy. Jean XV , 14-15. «Jusqu'à présent il a « appelé ses disciples serviteurs, parce qu'ils subissaient (( sans la comprendre la volonté de leur maître. Mais fn maintenant il les appelle ses amis, j)arce qu'il leur a <i fait connaître tout ce qui concerne le salut du monde, <x et qu'ils sont pleinement et librement entrés dans ses <c vues\ » Les amener à cette adhésion Hbre et intelli-» gente , tel était donc le but du Seigneur.

Cette manière dont se fait l'éducation des apôtres est encore plus clairement caractérisée dans Luc V, 33, et Matth. IX, 14. Comme on reprochait à Jésus de n'imposer à ses disciples ni jeune ni aucune pratique spéciale, et de les laisser vivre à la manière de tout le monde, il répondit <x que c'était maintenant un temps de fête pour eux. « Pendant qu'ils étaient avec leur maître , le jeûne était <t inopportun ; il ne s'accorderait pas avec leur disposi- (f lion intérieure. Mais quand viendrait le moment de la « séparation , quand la joie aurait fait place à la tristesse, <t alors ce serait le temps de jeûner, d De même qu'il ne convient pas de coudre un morceau de drap neuf à un

^ C'est pour cela qae Jésus dit, ▼. f 4 : « Vous seras mes amis, si tous « fkites tout ce que je vous commande. » G^est en accomplissant avec zèle sa volonté qu'ils montreront que cette volonté est devenue la leur.

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vieil habit y ni de mettre da Tin nonrean dans de vieux vaisseaux , de même Jésus ne voulait pas imposer extérieurement à ses disciples les pratiques de la vie spirituelle ; son but était de les transformer peu à peu du dedans au dehors , et d'en faire les dépositaires de la vie divine. Une fois arrivés là , ils n'auraient plus besoin de précepte. La vie supérieure dont ils seraient animés se manifesterait d'elle-même.

Ainsi Jésus-Christ agit toujours d'après le même principe , qu'il s'agisse de développer l'intelligence des apôtres, ou bien leur vie religieuse et morale. Dé même qu'il ne veut point les enchaîner par utie lettre morte, par des préceptes isolés, qui n'auraient procuré qu'une obéissance extérieure , de même il ne veut pas imposer à leur intelligence, encore grossière, des idées toutes faites qu'ils n'auraient pas pu s'approprier; mais il dépose dans leur esprit le germe qui doit, en se développant, faansformer complètement leur vie et les conduire peu à peu à la connaissance des vérités nouvelles* C'est ainsi qu'il procéda constamment, voulant tout renouveler, et non pas attacher ce qui est neuf à ce qui est vieux. Ce principe est très important, car il nous donne la loi de développement de la vie chrétienne.

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