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chrtôtianisnie ; c'e8t répudieir Théritage que nous ont légaé dix-huit siècles; c'est renverser l'histoire et condamner la sagesse de Dieu dans le gouvernement de r univers.
Telle est l'idée à priori que l'historien doit apporter dans Tétude des documents relatifs à la vie de Jésus- Christ. En partant de là^ on peut encore sans doute arriver à des conclusions différentes; mais l'histoire est désormais possible , et une étude consciencieuse et approfondie conduira de plus en plus à des résultats analogues. Quant à l'autre critique , on pourra aussi tomber d'accord avec elle sur certains détails. L'esprit de système n'étouffe jamais complètement le sens historique. Mais par suite de la différence totale dans les principes et dans la mesure d'appréciation y les points de contact ne pourront être que fort rares , et les résultats , pris dans leur ensemble ^ seront complètement opposés. Le véritable historien de la vie de Jésus n'est point guidé dans ses recherches par une indépendance orgueilleuse, ni par l'impartialité de l'indifférence, mais par une foi humble et sincère. U cherche dans les évangiles la ré* vélalion de Dieu , et , l'œil fixé sur les précieux fragments, il suit avec une pieuse attention les traces de la vie divine.
Voilà donc à quel point de vue Néander se place à son tour, et de quelle manière il aborde l'histoire de la vie de Jésus. La polémique contre Strauss est nettement caractérisée. Néander commence par opposer aux principes de son adversaire une fin de non-recevoir. U va prouver maintenant que son point de vue est le seul
vrai , qu'il se concilie seul avec les faits. 11 va établir que rinterprétation mythique est insoutenable et renverse les principes historiques les plus simples , et que la foi chrétienne en Jésus nous donne seule les moyens de comprendre et d'expliquer la tradition évangélique.
En résumé^ le point de départ de Strauss c'est le panthéisme , celui de Néander c'est le principe contraire. Néander part du théisme. Il croit au Dieu personnel ; il admet la liberté, la création , le pécbé, la possibilité de la révélation et du miracle. Strauss aborde l'histoire sainte par les détails. Il n'a qu'un but critique et destructif. Il ne compare les récits évangéliques que pour les opposer l'un à l'autre et pour les combattre l'un par l'autre , afin de montrer que l'objet capital de la foi chrétienne n'est qu'une illusion, et que, par conséquent, la foi chrétienne elle-même n'est pas légitime. Néander, au contraire, pose d'abord, d'une manière générale, la vérité du christianisme et la réalité historique de la personne de Jésus, et il compare les récits, non pour les opposer Tun à l'autre, mais pour les compléter et les rectifier l'un par l'autre, afin de déterminer l'objet de la foi autant que le permettent les ressources dont la science dispose.
Tous les chrétiens seront d'accord avec Néander au point de départ. 11 n'en sera pas de même pour les résultats. Cela se comprend , mais peut-être ne sera-t-il pas inutile de faire, en terminant, quelques observations à cet égard.
11 y a, dans l'histoire de l'Eglise chrétienne, certaines époques dans lesquelles la science et la vie religieuses.
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après avoir longtemps suivi chacune leur voie, finissent par aboutir au même point. La vie a trouvé son expression scientifique ; la science est devenue ce c^u'elle doit être, Vorgane fidèle de la vie ; Fesprit est satisfait et le mouvement s'arrête pour recommencer sous une autre forme ou sur d'autres points. — Tel n'est pas le caractère de notre époque. La science et la vie chrétiennes, un instant satisfaites après la Réformation, se sont mises de nouveau à marcher indépendamment l'une de Pautre.' Elles se cherchent sans avoir pu encore se rencontrer tout à fait. L'immense mouvement imprimé par l'Allemagne à toutes les branches de la théologie, en particulier à l'exé^se et à la critique, a servi à préparer la solution du problème ; il en a élaboré les éléments mais il n'a point encore dit le dernier mot. Les esprits sérieux et sincères qui aspirent à posséder toute la vérité sont encore plus ou moins sous l'empire d'un dualisme. On n'échappe à ce dualisme qu'en perdant l'équilibre et eu recourant aux affirmations tranchantes qui satisfont aussi peu le cœur que l'intelligence. Personne n'est plus éloigné que Néander de cette outrecuidance dogmatique ou scientifique. Personne n'a donné un plus bel exemple de la modestie du vrai savant et de l'humble et fermée largeur du vrai chrétien. 11 se comprend trop bien luimême, et il comprend trop bien son époque pour prétendre donner des résultats définitifs. Sa candeur, sa réserve, parfois même son silence, montrent assez qu'il n'est pas lui-même toujours satisfait. Il est donc naturel que les autres ne le soient pas non plus. 11 nous a semblé découvrir, dans le présent ouvrage, bien des hypothèses
sans fondement, bien des opinions hasardées, et surtout bien des explications incomplètes. Les lecteurs en jugeront probablement comme nous. Dans tous les cas, rien ne serait moins conforme aux principes de l'auteur que d'invoquer son autorité pour donner créance à des assertions d'ailleurs mal fondées ou très contestables.
Mais il est un excès contraire qui ne serait pas moins fâcheux. Plusieurs personnes trouveront sans ddute que , déjà au point de départ, Néander n'est pas assez positif et qu'il n'affirme pas assez à priori. On sera étonné de le voir mettre en doute, ou du moins discuter certaines choses qu'on jugeait essentielles et inattaquables. Plusieurs de ses conclusions scandaliseront peutêtre , et l'on voudra nier ou retenir au nom de la foi ce qu'il affirme ou ce qu'il rejette çiu nom de la science. En s' abandonnant à cette impression, on pourrait être facilement conduit à regarder la Vie de Jésus comme un livre dangereux, ne pouvant servir qu'à ébranler la foi et qu'à jeter le trouble dans les consciences en soulevant une foule de questions téméraires. Pour éviter cet excès, il faut sortir d'une erreur funeste dans laquelle beaucoup de chrétiens sont encore engagés parmi nous. — On confond presque toujours la foi avec la science, la religion avec la théologie*. Qu'en résultet-il ? C'est que le progrès de la foi et celui de la science sont également compromis. Des éléments scientifiques sont introduits dans la croyance religieuse, et la plu-
> Pour la distinction entre la religion et la théologie, voir les articles de M. le professeur Jalaguier, dans la Revue théologique de Moniauàany f année, p. 1; n* année, p. 290.
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part des chrétiens, ne pouvant plus se rendre raison de leur foi, sont obligés d'accepter de confiance des blutions toutes faites que d'autres ont trouvées pour eux. Au lieu de reposer sur le témoignage immédiat du Saint- Esprit, leur foi repose, en partie du moins, sur le fondement fragile de l'autorité humaine ^ Dès lors aussi, l'examen sur certains points devient presque un péché et l'entêtement presque un devoir. Le sentiment du vrai s'altère sous Tinfluence d'idées préconçues, et l'on finit par regarder avec défiance, sinon avec dédain, les hommes les plus éminenls qui osent modifier, mettre en question ou examiner ce que nous n'avons jamais voulu discuter nous-mêmes. Dans certaines circonstances, chez certaines personnes, ce prcjugé peut être fort respectable. Il peut s^allier h des intentions très pures et très droites, surtout lorsqu'il a été nourri par l'éduCation ; mais ce n'en est pas moins un préjugé qu'il faut repousser énergiquement. — Puissent donc les hommes qui combattent au nom de la foi, se débarrassant des formules humaines, en appeler désormais, non pas à des opinions reçues, mais au témoignage invariable et universel de la conscience chrétienne / * — Et puissent les hommes qui revendiquent les droits de la science se montrer constamment animés de la foi des simples et de
* A leur insu, s'entend; car, autrement, les adversaires chrétiens de Néander prétendront bien s'appuyer, et même s'appuyer seuls sur le témoignage de TEsprit de Dieu.
* La conscience chrétienne, c'est la foi qui est immédiatement et également accessible à tous ceux qui entendent la prédication. Elle est indépendante du développement intellectuel, et n'a pour condition que Voûte de la Parole de Dieu. (Voy. Rom. X, 17.) Envisagée sous un autre point de vue, c'est le témoignage de l'Esprit, (Rom. VUI, 16.)
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cet Esprit qui est seul la source de la yérité comme il est la source de la vie I