‹ Vie de JésusChapitre 58 sur 102 · LE JOUG AISÉ ET LS FARBBAC LÉGRR · texte numérisé non relu

LE JOUG AISÉ ET LS FARBBAC LÉGRR

invite de la manière la plus encourageante et la plus affectueuse ces derniers à s^attacher à lui pour trouver ce qui fait Tobjet de leurs désirs. Il se présente conune le Libérateur des âmes oppressées , par o|^sition avec les orgueilleux docteurs de la loi qui, par leurs ordonnances sans nombre, chargent la conscience d^un fardeau insupportable, qui troublent les âmes au lieu de les consder, qui ne peuvent, en donnant leurs préceptes, donner aussi la force de les accomplir, et cependant repoussent avec dureté ceux qui sentent leur faiblesse, au lieu de les recevoir et de les encourager. — Peut-être aussi ne faisait-il pas allusion seulement aux pharisiens, mais aussi à Jean-Baptiste qui était encore un prédicateur de la loi. — Mais Jésus, au contraire, c'est, comme il s'appelait naguère lui-même, Tami des péagers et des gens de mauvaise vie. Il invite tous ceux qui sentent leur misère à venir à lui. Il se présente comme le Maître humble et débonnaire, qui ne repousse aucun pécheur, qui condescend aux besoins de tous, qui ne commence pas par les charger de préceptes, mais par débarrasser leur cœur du poids qui l'oppresse. Il n'impose point de fardeaux insupportables. Il réclame, il est vrai, une obéissance et même la plus complète de toutes, mais celte obéissance est facile parce qu'elle est libre. C'est l'amour qui la produit. Elle a pour principe une vie nouvelle versée par Jésus dans l'esprit de ses disciples. — «Venez « à moi vous tous qui êtes travaillés et chargés, vous, « pauvres d'esprit, vous qui gémissez sous le joug de la

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« loiy dans le sentiment de tos péchés, je veux vous déce livrer et donner à tos âmes le repos après lequel elles <K soupirent. Chargez^-vous de mon joug; devenez mes .a disciples, car je suis doux et humble de cœur; je ne <c suis point un maître sévère ; mon joug est aisé et mon <c fardeau léger*. »

Nous voyons par là qu'il n'y avait qu'un petit nombre de Juils qui, dociles aux appels de la sagesse, se fussent attachés à Jean-Baptiste et fussent maintenant disposés à suivre Jésus. La plupart n'accueillaient pas mieux l'un que l'autre; et, pour couvrir leur inimitié d'un prétexte, ils condamnaient en Jésus le contraire de ce qu'ils avaient condamné chez Jean. Ils le trouvaient trop libre dans sa manière de vivre. Ils étaient scandalisés de le voir manger, sans aucun scrupule, avec les péagers et les gens de mauvaise vie. Cette conduite leur paraissait peu convenable de la part d'un prophète. Il est certain que la vie de Jésus et de ses disciples contrastait vivement avec l'ascétisme rigide de Jean-Baptiste et celui des écoles juives en général. C'était quelque chose de tout nouveau qui pouvait bien paraître étrange.

Un jour donc, les pharisiens vinrent vers Jésus* et lui

' Voy. Matth. XI, 28-30. Ces paroles incomparables contiennent en germe toute la doctrine de saint Paul, non-seulemeot sur Topposition entre la Loi et TEvangile, mais encore sur l'Evangile considéré comme yàfAoç TTîffTewç, îrvaû/xaToç. Elles se rattachent tout naturellement à celles qui viennent d'être cit<^es immédiatement auparavant. Le passage Âfattb. XI, 20-27 doit être placé ailleurs C'est ianalogie des pensées qui a induit en erreur le rédacteur du premier évangile et lui a fait insérer ici des paroles prononcées dans une autre circonstance.

« Matth. JX,14; Marc 11, 18; Luc V, 33.

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exprimèrent lear étonnement de ce qé*il laissait tant de liberté à ses disciples. Ponr donner plus de poids à lenrs pannes ils n'en appelèrent point seolanent aux usages suivis dans leurs écoles, mais ils cilèrent Pexem*pie de Jean-Baptiste à qui Jésus a^ait plusiairs fois rendu témoignage.

Il s'agirait maintenant de savoir dans qud but les pharisiem fûsaioit cette question. Etait*ce réellement pour s'instruire , pour connaître les motifs d'une conduite qu'ils ne parvenaient pas à s'expliquer? Ou bien était-ce tout simplement une manière détournée d'attaquer cette conduite? — La réponse amicale de Jésus semble décider en faveur de la première interprétation \ Autrement le Seigneur n'aurait pas manqué de découvrir leur ruse et de leur reprocher leur incrédulité. Quoi qu'il en soit , les pharisiens viennent donc à lui et hii deman(tent' :

* Non pas si doos adoptions Tordre suivi par Luc. (Comp. V, 80 -dt avec 33 et soiv.) L'intention hostile des pharisiens est manifeste dans le premier passage, et devrait être supposée dans le second. Mais il est possible aussi qu'on n'ait pas suffisamment tenu compte des différences entre les pharisiens. Accoutumé à ne trouver chez eux que de Tinimitié, il est possible qu^on ait trop généralisé, et que, leur attribuant à tort, dans le cas présent, des intentions mauvaises, on n'ait pas rois la question à sa véritable place.

* Nous suivons la relation de Luc (V, 83), qui s'accorde avec celle de Marc (II, 18), et qui est plus vraisemblable que celle de Matthieu (IX, 14). On comprend bien, il est vrai, que les disciples de Jean, aveuglés par un étroit esprit de parti , aient été choqués de la conduite de Jésus et de ses di^iples. De là date probablement l'opposition qui se développa plus tard dans la secte juive des hémérohaptistes. (Voy. Héges. dans Eusébe, IV, 22. Comp. les Clémentines, Hoin, II, 23.) Mais ce qui n'est pas vraisemblable, c'est que les disciples de Jean , en accusant ceux de Jésu?,

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(c Pourquoi tes disciples ne jeûnent-ils et ne prient-ils^ a pas autant que les disciples de Jean et des pharisiens? « Pourquoi ne les Yoit-on que manger et boire? » Jésus leur répond : et Voudriez vous contraindre les amis de « l'époux à jeûner pendant que Tépoux est avec eui? Le cr jeûne convient-il à la joie d'un jour de noces ? Le jeûne <c Tiendra de lui-même quand les noces seront passées « et que Pépoux s'en sera allé. » Bfaintenant que les disciples ont trouvé ce que leurs âmes cherchaient, maintenant qu'ils sont avec leur Maître, et que la joie rem*plit leur cœur, il ne faut pas leur prescrire des actes qui ne conviennent qu'à ceux qui sont dans la tristesse. Ce serait comme si on voulait forcer les«gens de noce à faire jeûne. Mais quand viendra le moment de la séparation,

se fussent placés dans la môme catégorie que les pharisiens, leurs grands ennemis et les persécuteurs de leur maître. On comprend très bien, an contraire, que les docteurs, en s'adressant à Jésus, aient Invoqué l'autorité de Jean-Baptiste.— Cette opinion était celle de Schleiermacher. — Ce que nous venons de dire répond aux objections de de Wette.

^ Luc y, 3d. Ce reproche concernant la prière parait à de Wette une addition postérieure du narrateur. — Mais il ne faut pas oublier que c'est en jeûnant et en récitant beaucoup de prières que les pharisiens prétendaient montrer leur sainteté. Jean-Baptiste avait également prescrit à ses disciples certaines formules de prières. (Luc, XI, 1.) Les disciples de Jésus ne faisant rien de tout cela, on pouvait en prendre occasion de les accuser. Jeûner et prier sont les caractères de la vie sainte que leb pharisiens opposent à la vie profane des disciples (manger et boire]. On conçoit que, plus tard,.oe mot ait été retranché (Marc II, 18; Matth. IX, 14), parce qu'on ne pouvait pas comprendre que Jésus, dans sa réponse, n'eût pas fait allusion à la prière et parût ainsi ne pas y attacher une assez grande importance. Mais il serait difficile de concevoir que le mot eût été ajouté postérieurement. Que si la réponse ne fait pas directement mention de la prière, c'est que Jésus parle de la vie religieuse en général. Mais la prière est nécessairement comprise là dedans, puisqu'elle est une partie de la vie.

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quand ils auront perdu leur Maître, alors ils jeûneront d^eux-mémes , sans qu^on ait besoin de le leur prescrire. D'où il résulte que ces paroles ne se rapportent point à la Tie tout entière des apôtres depuis la mort de Jésus- Christ, mais seulement au temps qui suivit immédiatement. La perte de leur Maître devait d'abord remplir de tristesse Pâme des disciples, mais cette douleur ferait bientôt place à la joie la plus profonde : la joie de la conimunion spirituelle avec Jésus. — Ainsi comprises, ces paroles nous enseignent, en même temps, comment le jeûne doit être apprécié par la morale chrétienne. On ne peut pas le commander ni le recommander, mais seulement l'excuser comme l'expression naturelle d'un certain état intérieur analogue à celui des disciples au moment où leur Maître leur fut enlevé. C'est le deuil de l'âme séparée de Jésus-Christ. La possession vivante doit bientôt rompre ce deuil ; mais tant que cela n'a pas eu lieu, la joie serait un état contre nature. Les relations sociales, les plaisirs d'ailleurs permis et que la présence de Jésus-Christ peut sanctifier, ne peuvent offrir aucun attrait. Il faut que l'état intérieur et l'état extérieur s'accordent.

Mais si nous considérons les paroles qui suivent, il faudra donner à celles qui précèdent un sens plus étendu. Pour expliquer sa pensée Jésus se sert d'une image. « Si, dit-il, on coud une pièce d'un habit neuf à un vieil c< habit, le drap neuf déchirera le vieux, et d'ailleurs, « les morceaux ne s'accorderont pas. De même, j>ersonne

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