‹ Vie de JésusChapitre 62 sur 102 · LE SEKHON SUR LA MONTAGNE · texte numérisé non relu

LE SEKHON SUR LA MONTAGNE

les yeux fixés sur le but final et avoir toujours conscience quMI ne poursuit point un idéal imaginaire , et que la perfection à laquelle il aspire n^est point illusoire.

Ces deux expressions de « récompense dans le ciel » et de « possession de la terre (v. 5) » doivent être rapprochées et servent à s'expliquer Tune l'autre. La domination qui est promise ne consiste pas, comme Tentendaient les Juifs, dans une puissance matérielle et visible ; elle est célesle, c'est-à-dire spirituelle. Et , d'un autre côté , le ciel ne désigne point un lieu particulier, mais l'état de communion parfaite avec Dieu et de plénitude de la vie divine. C'est la société des enfants de Dieu'.

Nous venons de voir comment les chrétiens doivent supporter le monde ; nous allons voir comment ils doivent agir sur le monde. Apres les relations de passivité viennent cellcfs d'activité. Les fidèles sont la lumière du monde. Partout où ils se trouvent, ils doivent,

1 Nous croyons que la forme originale de eette partie da «dSsceurs» se trouve dans Matthieu. L'encbalnement des pensées y est tout à fait naturel. Le récit de Luc, au contraire, émane d'un auditeur qui a mal compris les paroles de Jésus, en les prenant dans un sens étroit et extérieur. L'idée dominante pour lui , c'est que ceux qui souffrent ici-bas seront dédommagés dans la vie à venir. Oo ne peat cependant pat tooteiiir qu'il ait conyu les récompenses futures dans un sens purement judaïque; mais néanmoins, la richesse de oes paroles lui échappe. Aussi l;i gradation des pensées lui échappe- t-elle également. Il est évident que Luc a abrégé dans certains endroits; il ne l'est pas moins que dans d'auties il a ajouté. Ainsi, les malédictions qui suiveat las béatitvdes (Luc VI, 24 et suiv.) ne sont qu'un ornement ajouté par rbistoriwi.— On comprend que la relation incomplète et superficielle de Luc ait pu bortir du récit complet et intelligent de Matthieu; mais TlAverse ne se comprendrait pa^.

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