‹ Vie de JésusChapitre 76 sur 102 · NE PAS JETER LES PERLES , ETC. — ÊTRE BONS · texte numérisé non relu

NE PAS JETER LES PERLES , ETC. — ÊTRE BONS

disposées à le receyoir, la parole de Dieu doit être pour les uns une pierre d^achoppement et pour les autres un aiguillon salutaire, et c^est la prédication qui juge le monde et sépare les fidèles des infidèles. — Jésus luimême ne se laisse pas retenir par Tincrédulité, ni par la haine de ceux qui Tentourent; cela ne Tempéche point de manifester dans le monde sa puissance spirituelle. Au contraire, lorsquMl ne trouTC chez ses auditeurs qu^endurcissement volontaire, au lieu de condescendre à leur faiblesse et de garder le silence, il insiste d'autant plus sur la vérité qui les scandalise. Cette conduite doit être celle du prédicateur et ce résultat celui de la prédication dans tous les temps. Ici, comme partout ailleurs, l>our comprendre et pour appliquer les paroles de Jésus- Christ, il ne faut pas s'attacher à la lettre : il faut être animé de l'esprit duquel ces paroles procèdent.

Nous plaçons encore ici une autre parole qui ne se trouve pas dans les évangiles, mais qu'une tradition fort ancienne et fort répandue attribue à Jésus-Christ : Tiveode rpaiceÇiTai ioxiftoi, ce Soyez de bons chance geurs. » Cette expression convient parfaitement au langage figuré de Jésus, et le sens de la pensée comme la tradition extérieure nous paraissent en établir l'authenticité \ En rapprochant cette parole de la parabole

1 Fabucius, Codex apocrypkus Novi Testamenti, I, 880; III, 6S4. Cette parole se trouve égalemeot cbes les hérétiques et ohei lee Pèns catholiques, et Pexhortation qu*el(e renferme parait avoir eu chei les anciens docteurs une influence et une autorité que n'aurait pas eue toute autre parole que celle de Jésus-Christ ou dos apôtres. Saint Paul

CHANGEURS. LA CANANEENNE. 209

des talents, on pourrait croire qu'il faut Texpliquer ainsi : <* Soyez comme un habile banquier ; travaillez « constamment à augmenter le capital qui vous a été a confié. » — Mais comme dans la parabole il ne s'agit pas du banquier lui-même, mais des serviteurs qui mettent l'argent à l'intérêt, comme d'ailleurs ce n'est pas l'argent d'autrui mais le sien que le banquier fait travailla, il nous faut chercher une interprétation plus naturelle, et nous la trouvons déjà dans l'antiquité chrétienne. Jésus fait allusion aux changeurs qui savent distinguer les monnaies fausses des véritables. Les disciples doivent s'appliquer soigneusement, comme d'habiles changeurs, à ne pas confondre la réalité avec l'apparence, la sincérité avec l'hypocrisie et à distinguer le vrai du faux qui s'y mêle constamment. Ds ne doivent pas condamner avec précipitation, mais ne pas accorder non plus trop légèrement leur confiance.

Jésus était parvenu au delà de la frontière septentrionale de la Galilée. Son intention était de garder l'incognito ; mais la nouvelle de son arrivée ne tarda pas à se répandre \ Une femme, Cananéenne ou Phénicienne, dont la fille était possédée du démon, accourut implorer son assistance ; et voyant Jésus qui sortait avec ses disciples, elle se mit à le suivre en criant à lui et en l'appelant

qui fait plusieurs fois allusion aux paroles de Jdsus, sans les citer textueUement, avait peut-être celle-ci en mémoire quand il écrivait 1 Thoss. V, Si. Voir la dissertation de M. Hsensel dans les Studien und Kritiken , 1886, no 1.

t Matth. XV, 21; Marc VII, 24.

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