DB JÉSUS
sieos ; il s'attaque an principe même d'où sortent les erreurs qu'on lui oppose. 11 reproche aux sadducéens de ne pas comprendre les Ecritures et de méconnaître la puissance de Dieu. S'ils eussent compris non pas seulement la lettre mais l'esprit des seuls livres dont ils prétendent reconnaître l'autorité , ils y auraient puisé la croyance à l'existence future de l'homme* Et s'ils n'eussent pas méconnu la puissance de Dieu , ils auraient dû supposer que cette vie à venir ne serait pas identique avec la vie présente , mais que Dieu pouvait introduire l'homme dans une sphère plus élevée de l'existence. — Alors il réfote directement l'objection des sadducéens ,
— d'abord d'une manière négative, en leur déclarant que cette vie future est, en effet, supérieure à la vie actuelle, qu'elle ressemblera à la vie des esprits célestes ,
— ensuite d'une manière positive, en leur montrant qu'ils ne comprennent pas le véritable sens du Pentateuque, où Dieu est appelé le Dieu d'Abraham , d'isaac et de Jacob. Comment Dieu donnerait-il à des individus une valeur si grande ; comment établirait-il entre lui et eux un rapport si intime ; comment s'appellerait-ii leur Dieu, si ces individus n'étaient que des existences passagères et non des êtres immortels ? Il faut se rappeler la signification élevée et profonde de ces mots : « la vie, » dans la bouche de Jésus \ C'est dans le même sens qu'il
^ Outre les passages de Févanglle de Jean, cette signification se re* trouve dans des paroles comme celles-ci : « Laisse les morts enserelir « leurs morts. » ^ Voy. page Ml.
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déclare ici que ce le Pieu vivant ne peut-être que le « Dieu des vivants et non pas le Dieu des morts ' . i» Cette idée, tirée de l'Ancien Testament , repcfse ellemême sur une idée plus générale ^ sur qne donnée de la conscience religieuse naturelle. L'homme ne pourrait pas invoquer Dieu coQime $m Dieu , s'il Q'avait la conr science de po^sséder en lui-même un élément divin impérissable y d'être une créature immortelle, non pas un simple moyen, un être transitoire, mais un bu^ de Dieu , dont Tidéç renferme par conséquent celle d'une durée infinie* — Il est digne de remt^rqpe que Jésus n'en dit pas davantage pur la doctrioe de la résurrection, qui se lie si étroitement k celle de l'immortalité. C'est que, pour comprendre cette doctrine , il fallait que ses adversaires eussent éprouvé le besoin de croire d'abord à la prolongation de l'existence au delà de ce q^onde.
La manière dont Jésus venait de réduire au silence les pharisiens et les sadducéens avait prévenu d'autant plqs aa sa faveur ceux qui étaient déjà auparavant animés de dispositions plus bienveillantes* C'est pourquoi un d'entre ces derniers qui, sans croire peut-être encore que Jésus fut le Messie, le regardait pourtant comme un té* moin de la vérité, s'approcha pour proposer à son tour une question *• Ului demanda quel est le plus grand de
1 Quelle différence entre Texplication de Jésus et les puérils commentaires des raUt>in8 sur ces mêmes paroles I C*est bien le lieu d'appliquer le proverbe : a Duo cnm dicunt idem, non est idem. »
> Matth. X^U, 84 ; Marc XII, 28. — C'est ainsi que, au cottoils dt Gon-
l'homnAtb scaiBB. 359.
tous \ê$ commandements. Jésus lui dit que toute la Ui est comprise dans l'amour de Dieu et l'amour du pro-» chain ; et comme cet homme adhère pleinement à cett^ réponse et reconnaît qu'aimer Diei| et qon prochain vaut plus que tous les sacrifices, Jésus, to^jourti lUteatif k discerner dans le cœur les plqs laihles g^met 4e H^^ dit à cet honmie : « Tm n'es pas )piQ du royaume di « Dieu. D Ces paroles n'e^|»*imeBt ni plus |ii moins que ce qu'elles seiphlent ei^priper. Si le» dispci^itiotts m^EtkM étaient suffisantes a elles leiiles, Jésus aurait dît à o«| homme qu'il appartopait d^à au ipayaume de Dieu* -^ Mais, d'un autre odté» s'il l^i dit qu'iV n'eu 6st pa& éloigné, c'est qu'i} est déjà sur la wie , o'esipar«e qu'il a compris en quoi consiste la "vraie piété, e'ef^ qu'il est plus près que les j^aiisieB^de scpiitir w V^\ Iw tmiqm et d'arriver à )a connaîssaucft 0t è te pftsseMîe^ de U grâce qui sanctifie.
Une chose digne de remarque c'est que l'eatretien qua nous venons de rapporter ne se trouve pas dans l'évani^le de Luc, tandis que Luc fait mention d'un fait assea «ufif» blahle à celui-ci et qui manque dans les deuiL premiera
staoce, lersque Jean Hoss eut été condaamé pur la imjorité des Soeteuci et des prélats, plasienrs personnes, moins aveuglées par Torgueil, firap* pées par la poissanœ de la vérité, vinrent exprimer & ce fidèle témoin lenr respect et leur sympathie.
D*aprè8 Matthieu, la question de cet homme procéderait encore d*une intention mauvaise. Mais il n*y a, en tout cas, dans ses paroles rien qui le prouve, et Marc paraît ici laeaucoup mieux informé, ion témoignage est d'ailleurs confirmé par Luc XX , 99 , où nous voyons que plusieurs scrihes témoignent & Jésus leur approbation pour la manière dont il a répondu à ceux qui Tiçterrogeaient.