LA TRAHISON DB JUDAS
pas eu diantre motif, comment se serait-il contenté d'une flomme aussi peu considérable que celle qu'il reçoit des pharisiens*? Ceux-ci tenaient tellement à se saisir de Jésus qu^ils devaient être prêts à des sacrifices plus considérables pour atteindre leur but. Il feudrâft alors supposer que Judas ne leur paraissait pas indi^ pensable. Sachant que Jésus ne chercherait point à âoulerer le peuple en sa faveur, ils espéraient pouvoir
* Trente siclee (moins de 100 Irancs). Pour calculer la valeur relatlte de o«tt6 somi^ on peut «• senrir des doonéeq sqivant^ : h^ trente pièoçs valaient 12e deniers et un denier était le prix ordinaire d'une journée de travaU (voy . Oâttb XX, 9). La somnie totale représentait donc le salure de quatre mois. Gomp. Paulus sur Matth. XXVI, 16. — C'est ce qu'on donnait pour un esclave. Voy. Exode XXI, Sî.
On peut, H es^ vrai» mettre en doute rectitude de ce chiffire ; c'^t ce que font de Wette et Strauss. Marc et Luc ne déierminent point la somme; ils se ^rveot séulemtiit de Teiprelsiaa irâgiie àfY^%Ê0- Matthieu est le seul qui parle des trente pièces d'argent. Et comme il a Thabitude de chercher partout des rapports entre Hiisloire de Jésus et lesdéclanttions de TAnoleo Testument, ou pourrait çrqire que le non^bre trente est tiré d'un passage de Zacharie (XI, 12. Ck)mp. Matth. XXYII, 9).— Nous n'osons pas nous prononcer avec certitude sur osite difficile question; mais nous croyons devoir faire les observations suivantes : Il est vrai que Marc et Luc ne donnent aucurie détermination, mais 11 est probable qxm^ si la soiyMQQ eût été très coBsidéifibHt» ils joe se seniient pas exprimés d'une manière aussi vague.— La différence entre Matth. XXVII, 7 et Aot. I, 18 fut d>ftutigat isàrni reseoi^ee fait que r«r8«nléùdt to«t juste suffisant pour acheter un champ.— La supposition que Jésus avait été vendu pour une forte sommé, était plus haidrelle que la S0])positloh iMWtraira. U ne knt pas «roMe que Iç nar]nit9ur ait mis à dessein un chiCfre plus faible dans le but de noircir le caractère du traître, en montrant le peu de cas quHl f^dsait de Jésus. L'iwersliMi46B orofantâ pour Jodts était assez grande et personne ne devait éprouver le besoin de l'augmenter.—Enfin il n'est pas tellement invraiseihblàble que te Sanhédrin ah donné une aussi petite somn^. L'avarice était le v^ dominant des pharisiens, et quelque grand que fût leur désir de voir Jésus en leur pouvoir, ils n'étaient certaineiqent dispos^ à demier ^oe la nioto» pdiriMs. Peut-être y avait-il aussi dans leur offre une affectation de mépris ; ils offrent pour Jésus ce que l'on donnait pour un esclave.