‹ Vie de JésusChapitre 91 sur 102 · LA TRAHISON DE /VDAS · texte numérisé non relu

LA TRAHISON DE /VDAS

quelque fermé que fût son cœur aux enseignements de son Maître y Fapôtre infidèle savait certainement que lésus ne voulait pas établir son empire parla force, ets^il le reconnaissait pour le Messie, il devait croire aussi que ce secours ne lui était pas nécessaire. — Ou bien, comptant comme tous les apôtres sur un règne visible, il était impatient de le voir apparaître. Jésus tardait beaucoup trop à son gré. II voulait lui-même le forcer à prendre une prompte décision, et il espérait qu^une fois au pouvoir de ses ennemis , et n'ayant pas d'autre moyen de leur échapper, Jésus apparaîtrait enfin dans tout l'appareil de sa puissance et de sa gloire. Quel ne dut pas être son désespoir lorsqu'il vit les événements prendre une tout autre tournure qu'il ne s'y était attendu , lorsqu'il vit le Maître qu'il aimait condamné à mourir sur la croix I

Cette hypothèse ne justifie nullement la conduite de Judas. Au lieu de se confier dans la sagesse de celui qu'il regardait comme le Messie, le disciple aurait voulu conduire lui-même les événements à sa manière. Il aurait tout sacrifié aux rêves de son imagination, agissant d'après le principe qui a produit dans l'histoire les conséquences les plus funestes, savoir, que la fin justifie les moyens.— En même temps, cette condnite révélerait une fermeté de caractère, une puissance de volonté fort remarquables, et qui, bien dirigées, eussent fait de Judas un grand apôtre. On s'expliquerait ainsi comment Jésus avait choisi cet homme.

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Mais si Judas n'avait pas eu d'autre idtentipn, Jésus ne Taurait pas laissé courir aveuglément à sa perte. Le mal n'était pas sans remède* Reconnu comme prophète et pomme Messie 9 le Maître aurait usé de son autorité pour détourner le disciple de son téméraire dessein. Il sfQrait surtout inexplic4})le cpi'à la fin de son dernier repas y au ipoment où le qrime allait être consommé, Jésus eût adressé à Judas une parole ^i^ dans ce cas, aurait pu étrç prise par le disciple comme un témoignage d'approbation : <c Fais foi plus tôt ce que tp as à c< faire. i> Il faudrait tout ^u moins admettre que y ne voyant pas apparaître 1^ r^ne ^oneux qu'il attendait. Judas ^vait fini par douter de Jésus. « S'il est véritablement le Messie, se serait-il dit^ aucune puissance ne pauiT^ lui nuire; si, au contraire , \\ )3nccu))nb#, c'est une preuve qu'il n'est point l'envoyé de Dieu. » Le repentir qui suivit la trahison ne prpuve rien, perce que I^ crime une fois çoi^sommé. produit souvent sur le coupable uqe impression tout autre qu'avant l'exécution. On ne peut pas calculer avec quel degré d'intensité une action préméditée, une fois accomplie, réagit sur la conscience; et quoique Judas ait été saisi de remords, cela ne prouve point qu'on ne doive pas attribuer sa trahison à la haiae contre Jésus ^

1 Le récit de Matthieu, qui noas sert de point de départ, ne mérite pas Ini-ttéme tme oonfiaiice absolae, car il est plvs oa moins en contradio tion avec Actes 1, 18 où nous voyons que Judas trouva la mort dans le champ qu'il avait acheté du prix de son crime. Le passage des Acteè ne dit pas que Judas se soit tué lui-même.— La récit laMeux df'Fapîai,

LA TEAUSOll P$ 4tIDA8. Ml

Ceci nous conduit enfin à Thypottiè^e qui mm pavttt seule admissible. Judas s'était d'abord fUaché à Jé«|i8 av^e les mêmes dispositions que les ai^tres apôtres. Çhçm à ca^se de ses qualités pra^iqnea pour f^ipinistr«ir iQJmds commun y il amnait pu plus tard ^f^wif W 9rg»n<( trji^ utile pour Tétabliasemeiit du jcègfia à» J^ieM* Mm Vér ^pîsme était plus prpfondé^^ent enracina eu lui que «b^f ses compagnons, et Tesprit de Chpst, TaiDowd^ Christ n'exerçaient pa^ sursonoosur la giôu)^ puissance que «tir celui des autres* Ne Toajfapt^pai se r^is^ ^ Mpéfaneak cbarnellesy il a^ait passé peu à p^u de raSectiett à M éloignement toujours plus pconpfic^, Tpigoun h per« soune de Jésus repousse ceux qu'elle n'attire pas. Les miracles ne suffisaient pas pour apifper Jui^l à la Im ; quelque éclat^te que soit la réi^latiup d^ D^ej^^ eHe fit peut être aperçue que 4e ce)u4 qw a dqf jreui^ pouf^l»

pobUé en entier pour la preoièi^ li(it8, ea ^SSf par CtAmftr daas m acta S. Apost. p. 12, suppose également que la mort de Judas est involontaire. Miyoc Sk Âat€t(«c vir^ciy/ift h rovr» r^ xàa/i^ Trcptcirâtijacv b iov^* itptivBtXi itriTOffoOrev r^v 9ocpx« âvrc ymi}^! bnàStv â;ua{« Sdp^trpii, PetèlùiÇ ixtivov 9ùvo(.<tB9u SuXBtttf, ôàXoc firiSk aùrôv fiivov rôv riS« Ktfçd^q 6y xov auroO. t /ikv yàp ^Ufùt^» r&v èf$o(,Xfi&v ocûtpO fOLvï ro^pvrov i^At^iiscu, w$ «uràv /Aèv xaOd^ou rà f 6$ /a|^ ^/i^rciv* r9»i èfBodfnoiti Sï aùrpO /un^i v7^ Utrpçû SiànrpoLt àfO^vou ^vvocvOou* rovovrov ^àOo; ctxoy «ira Ti)c |{6»6*y m- |wv(îot|* ri £i tdSoUf ocwtoS iràvqc /dv ff9)(iv«0vvyi}^ à^fiên^^ xiU ^MÎ^Of

teU cxÀXv)x$ec cW v^Jhv je «iTiiy /ui4vf« râv AyocTxfiW /Rm^ ff#i^« di fi«««* y«vc <ed nfMipicii, iv ( j^p f4ffi xM¥ TtAmnè^wnc- k«1 toOto «ira rUt bM tçvifiov xocl àoixvirov rà x^p^v /*^XP^ ^^ ^^^ ycvi76«i* ocAA^ovA yu^xpt t^ H^fUfOv iùvcuBai rum ixtAw rèv tbKO» vm^^XB^v, Iàv /u^ t<H plfm i*^ Xif9lv |7riff«(9* r«9oukii i*à rl^ ««^leès avT9# x«d jèyl yff nf/kwit èxAçi99§if,r^

C'est sans doute le passage des Actes qui a donné lieu i cette tràditifm fabuleuse.

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reconnaitre, un cœur disposé à la recevoir. La faiblesse humaine se montrait en Jésus à côté de la puissance divine, et celui qui n'avait pas saisi, par une intuition vivante , l'unité du caractère de Jésus , pouvait facilement se faire illusion à lui-même. Tout dépend, dans la croyance, de la direction que la volonté a d'abord imprimée à l'esprit de l'homme \ A l'époque où la séparation commença à se faire entre les vrais et les faux disciples ', la fidélité de Judas avait déjà éprouvé une forte secousse, et, depuis lors, la lutte intérieure qui s'était livrée en lui n'avait fait que préparer dans son cœur le triomphe définitif du mauvais principe.

Quelque étrange que puisse d'aHleurs paraître la conduite de Judas, elle est loin d'être sans analogie dans l'hif^re. Lorsque l'homme ne met pas à profit les moyens qui lui sont accordés pour avancer dans le bien, il est entraîné de plus en plus vers l'égoïsme et l'endurcissement. Chaque bienfait de Dieu se transforme

1 Voici une parole profonde de Pascal qui va bien à Tadresse de ceux qui veulent mettre à la base de toute conviction une impartialité sans entrailles : « La volonté est un des principaux organes de la créance, non qu'elle forme la créance, mais parce que les choses paraissent vraies ou fausses selon la face par où on les regarde. La volonté qui se platt à Tune pUis qu'à Tautre, détourne Tei^prit de considérer les qualités de celle qu'elle n'aime pas, et ainsi, Tesprit marchant d'une pièce avec la volonté, s'arrête à regarder la face qu'elle aime, et en Jugeant par ce qu'il 7 voit, il règle insensiblement la oréanee suivant TinclinatioB de la volonté. 1»

s Voy. sur Jean VI , 70 , pages 198 et 194. C'est du moins la date qui nous parait la plue vraisemblable. Nous ne prétendons pas, cela va sans dire, donner une solution certaine sur une question aussi obecure et sur laquelle nous possédons si peu d'indicationf*

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pour lui en malédiction^ chaque remède en poison. « A « celui qui n^a pas cela même qu^il a lui est enlevé* »

SECTION IV

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