‹ Vie de JésusChapitre 98 sur 102 · APPARITION A MARIE DB MAGDALA · texte numérisé non relu

APPARITION A MARIE DB MAGDALA

XXVIIIy 9), puis à Marie eUe-méme. (Jean XX, 14.) Marie ne le reconnaît pas d'abord ; mais soudain Jésus rappelle par son nom. A Touie de cette voix bien connue, Marie, transportée de joie, veut s'approcher de son divin Maître ; mais Jésus l'arrête aussitôt : « Ne cherche ce point à me saisir et à me retenir % lui dit-il, car je a ne suis pas encore monté vers mon Père ; mais va- « t'en vers mes frères, et dis-leur que je monte vers mon « Père et leur Père, vers mon Dieu et leur Dieu. » Ces mystérieuses paroles font sans doute allusion aux pensées renfermées dans les derniers discours de Jésus. Jésus avait promis aux disciples qu'après être monté vers le Père il reviendrait vers eux et resterait toujours avec eux. On pourrait croire maintenant qu'il avait voulu parler de sa réapparition après sa mort ; il veut prévenir cette erreur. Il ne faut pas s'attacher à lui sous cette forme, car il n'est pas encore monté vers son Père. Quand il aura été gloriGé, et qu'il se révélera dans sa gloire, alors on pourra s'attacher à lui sans réserve, le saisir et le garder. Mais tel qu'il est maintenant, il ne doit pas rester longtemps avec les disciples. C'est dans le ciel qu'ils doivent s'habituer à le chercher; c'est par l'esprit qu'ils doivent songer à se mettre en communion avec lui*. Aussi n'ordonne til

* Le mot KnrtvBùLi (Jean XX, 17) ne se dit pas seulement d'un contact momentané; il peut désigner aussi Taction de se saisir ou même de s'occuper d'un objet pendant un temps plus où moins long.— S'il s'agissait de toucher^ dans le sens ordinaire du mot, Jésus aurait dit : « Je ne monte <f pas encore n plutôt que « je ne suis pas encore monté. »

^ Ces paroles ne prouvent donc pas que Jésus eût l'intentiou de monter au ciel aussitôt après son entretien avec Marie.

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pas à Marie de leur annoncer qa'il est présent sur la terre^ mais de leur dire quMl va accomplir la promesse qu'il leur avait faite de monter vers le Père et de se révéler spirituellement à euic. Il ne parle même pas de sa nouvelle apparition, parce que, quelque importante qu'elle fût, elle n'était qu'une préparation à l'économie définitive. Son unique but est d'inspirer aux apôtres la confiance qui doit les adresser à Dieu comme à leur Père, comme à celui dans la communion duquel leur Maître les a fait entrer. Le soir du même jour , deux disciples allaient ensemble au village d'Emmaûs, distant de Jérusalem d'environ deux Menés*. Us ne savaient encore rien de ce qui venait d'arriver, ils avaient seulement appris que le corps n'était plus dans le sépulcre. Il s'entretenaient avec tristesse des derniers événements, des espérances' qu'on avait fondées sur Jésus et de la manière dont elles avaient été renversées. Soudain Jésus se présente sur le chemin et se joint à eux. Il prend part à leur entretien; il leur explique l'Ecriture et relève leurs erreurs. Saisis par la puissance de sa parole, ilsl'écoutent avec admiration ; leur cœur tressaille. Cependant ils ne reconnaissent point celui qui leur parle, soit qu'absorbés dans leurs réflexions ils ne songent pas à lever les yeux sur leur compagnon de route , soit parce que la pensée ne peut leur venir que Jésus leur apparaisse à eux les premiers ; soit enfin que l'aspect de Jésus fût en eflet très différent

^ Luc XXIV, 18. Ils ne faisaient point partie des douze.

AVPARlTiOM AUX AFÔTBBS , A iUUâALBIf, 459

de ce quMl était auparavant. — Ce n^est qu'au moment oui asais à table avec eux, il prononce la prière d'actions de grâces et rompt le pain comme il avait coutume de iaire, que les deux disciples le reconnaissent enfin.

Lorsqu'ils sont de retour à Jérusalem, ils apprennent quOy pendant ce temps^ Jésus est aussi apparu à Pierre \ Et, le soir du même jour, comme les apôtres étaient tous réunis, à l'exception de Thomas *, Jésus apparat au milieu d'eux et les salua en disant : <n Que la paix « soit avec vous ! » salut qui prenait dans sa bouche une signification toute spéciale ^. Puis, pour preuve que c'est bien lui, il leur montre la trace des blessures à ses mains, à ses pieds et à son côté *. Quelques instants après il les quitte en leur souhaitant de nouveau lapaia, et en les chargeant de proclamer dans le monde cette paix qu'il leur a lui-même apf>ortée. a Comme mon « Père m'a envoyé, moi je vous envoie. » Puis il souffle sur eux pour signifier le souffle divin qui doit communiquer à leurs âmes l'impulsion de la vie ^

1 Voy. Luc XXIV, 83, 34; i Ck)r. XV, 5.

« Luc XXIV, 36. Gomp. 1 Cor. XV, 5. Comme les apôtres étaient primitiTeroent au nombre de donze, on prit fbabitude de dire les douze, même lorsque cette désignation n*était pas namériquenaent exacte. C'est le cas de saint Paul dans le passage de 1 Cor. XV.

* Voy. plus haut sur Jean XIV, 97, p. 4K.

^ Peut-être Luc confond-il celte scène avec celle qui arriva huit jours plus tard, en présence de Thomas. Peut-être aussi que les mêmes circonstances se sont présentées plusieurs fois. Ceci du reste importe peu.

* Jean XX, 19 et suiv. Dans Luc XXIV, 47 et suiv., nous trouvons développé ce qui n'est que vaguement mentionné par Jean. Au premier abord, on pourrait croire que Luc XXIV, 49 fait allusion à la prophétie

460 ArPÀRITION AUI APÔTRIS, A linUSALM.

Sans doute ce signe de Jésus et les paroles qui raccompagnèrent : « Recevez le Saint-Esprit, » durent produire sur Tâme des disciples une impression profonde , et leur rappeler vivement les promesses qui leur avaient été faites. C'était un rayon de la lumière divine qui venait éclairer et réveiller leur conscience religieuse encore endormie. Mais il s'en fallait de beaucoup encore que ces paroles fussent parfaitement accomplies en eux« Ils n'étaient pas encore devenus les organes puissants de l'Esprit divin pour annoncer le royaume de Dieu dans le monde. La parole de Jésus en cette circonstance a donc un caractère prophétique ; l'action est êytnboUque; néanmoins elleestaussi accompagnée d'une vertu divine ; elle forme transition entre la promesse et l'accomplissement, entre les impressions que les disciples avaient reçues durant la vie de Jésus et le fait que nous appelons effusion du Saint-Esprit. — Il est vrai qu'on doit se représenter l'action de l'Esprit comme progressive et continue; mais, en même temps , comme dans fout développement religieux , nous devons supposer qu'il y eut un moment décisif où les disciples arrivèrent à la pleine conscience de la vie nouvelle et de la communion avec Christ, moment duquel date l'existence de l'Eglise chrétienne. De même tous les mouvements re-

de Joël relative aux temps messianiques (Joël III, 1). Mais si Ton compare Act. I, 4 on voit qu'il s'agit plutôt de la promesse faite par Jésus lui-même.— Comp. les derniers discours de Jésus dans Jean el Luc XU, 12. Voy. p. 407.

APPAArnOIl AUX BI8CIPLRS ET A lACQUBS. 461

ligieux y quoique préparés longtemps à Tavance , sont toujours déterminés par quelque circonstance spéciale qui leur sert de point de départ.

Après cela Jésus apparut à plus de cinq cents disciples rassemblés, puis à son frère Jacques ^ Et, huit jours après sa première apparition , il étonna de nouveau les apôtres en se montrant tout à coup au milieu d^eux, quoique les portes du lieu où ils se trouvaient fussent fermées '. — Cette fois Thomas était présent. Il avait d^abord refusé de croire au récit de ses compagnons *• L^impression produite sur lui fut d'autant plus vive que le doute avait été plus opiniâtre. Il fut tellement saisi par la puissance de la révélation divine, qu'il se jeta aux pieds de Jésus en lui donnant un titre qu'aucun des apôtres ne lui avait encore donné : « Mon Seigneur et

* Voy. 1 Cor. XV, 7. Gomme Saint Paul ne désigne pas autrement ce Jacques, il est très prol>able quil s'agit du plus connu de tous, de Jacques le juste, fï*èredu Seigneur. Cette apparition est aussi rapportée par Té* TangUe des Hébreux dans la récension traduite par saint Jérôme. Seulement on en fait la première de toutes, pour honorer davantage la personne de Jacques, qui était considéré comme le plus grand des apAtres. « Après avoir donné le suaire au serviteur du souverain sacrificateur, Jésus « s'en alla vers Jacques. » — A cela ou ajoute la fable suivante : Jacques ayait foit vœu de ne prendre aucun aliment jusqu'à ce qu'il eût revu Jésus. Jésus arrive auprès de lui, il fait apporter du pain, le bénit et dit à Jacques: « Ifang6 maintenant, mon frère, parce que le Fils de Thomme « est ressuscité des morts » (Hibr. De viris iliustrib,, c. II). On reconnaît la différence entre les récits historiques et la légende.— Remarquons en même temps que, tandis que Jésus n'apparaît qu'aux croyants (et nous avons vu pourquoi), on le fait apparaître ici au serviteur du souveverain sacrificateur, sans doute pour tirer parti de ce fait contre les adversaires de TEvangile. L'idée de la résurrection est altérée.

« Voy. 1 Cor. XV, 5.

* Voy. plus haut, sur le caractère de Thomas, p. 409.

402 L'iNCHéorLITR DR THOMAS COIffOllMTC.

« mon Dieu * ! Maiotenaot tu crois, répond Jésus, parce « que tu as vu. Bienheureux sont ceux qui croient mns « avoir vu ! » Jésus ne repousse point l^hommage de Thomas; il reconnaît dans les paroles de Tapôtre Texpression d'une véritable foi. L'objet de cette foi n'est pas exclusivement le fait matériel de la résurrection , mais bien la personne et l'œuvre de Jésus. La résur^ rectioa n'en est qu'un élément essentiel. Mais la réponse de Jésus renferme un reproche en même temps qu'une approbation. La divinité s'était révélée assez clairement pendant tout le cours de la vie du Fils de Dieu , pour que Thomas eût pu croire en lui sans avoir besoin d'un signe extérieur. La foi aurait dû naitre d'elleHnnéme en lui et non pas pas lui venir du dehors. C'est pourquoi Jésus met au-dessus de Thomas ceux qui ont cru sans preuves extérieures, par l'impression que l'élément divin a produite immédiatement sur leur âme '. La foi deviendrait impossible à l'avenir, si l'on ne pouvait y être conduit que par des preuves sensibles. Paroles profondes et qui nous expliquent pourquoi Vhisloire évangiligue nous a m transmise sous une forme qui laisse une large

^ Il ne faut point chercher dans ces paroles one théorie dcgmati-» que, mais elles sont Texpression d*un sentiment mî et profond. -* On bien prétendrait-on que Jean en a involontairement altéré la forme? Rien ne nous y autorise. Partout ailleurs dans Tévangile de Jean la man nière dont les apôtres parlent corespond parfaiteoieit à le«r caractère, n y avait en outre, dans ce que dit Thomas, quelque chose de nouveau qui devait se graver d'autant plus iacilcment dans la mémoire de Tévangélistc.

« Comp. Vol. I, p. i»5.

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place au doute chez celui qui n'est pas animé d'un véritable sentiment religieux.

Maintônaoty que devons -dous penser du récit de Mdtihieu (XXVIII) 16), d'après lequel Jésus n^ serait apparu aux disciples qu'en Galilée ? On pourrait supposer que c'est une ^reur. Les synoptiques ne rapportant, outre la passion, que les faits. qui s'étaient passés en Galilée, la tradition aurait pu changer involontairement le théâtre des apparitions de Jésus ^ Cela ne ferait rien quant à la réalité des faits. — Mais nous trouvons précisément à la suite de l'évangile de Jean une tradition analogue à celle que reproduit le premier évangile (Jean XXI). U est d'ailleurs très vraisemblable, à priori, que les apôtres ne restèrent pas à Jérusalem au milieu de leurs ennemis et qu'ils se retirèrent aussitôt dans leur pays , d'autant plus que c'était là que se trouvaient la plupart des disciples et des amis de leur Mattre. Il n'est même pas impossible que Jésus lui-même leur ait fait dire de s'y rendre (Uatth. XXVIII , 40), et que là il leur soit plusieurs fois apparu , afin de les entretenir dans la pensée de leur vocation et de leur rappeler la promesse qui allait bientôt s'accomplir en leur faveur par l'effusion du Saint-Esprit.

^ n ne &at pas oaUier que, seloB Néander, le premier éiraogile, tel que nous Tavons, n'est point âe Tapôtre Matthieu, mais d*un écrivain postérieur. « U a seulement pour base une coUection faite par Matthieu , en « langue hébraïque, des discours de Jésus-Cbrist. o Yoy. vol. I, p. 26* [Trad.)

464 NOUYRLIB VOCATION DR FiCllRB.

Il arriva donc \ un matin que sept des disciples étaient occupés à pêcher, sur le lac de Génésareth, après avoir déjà travaillé toute une nuit sans rien prendre, que Jésus se présenta à eux, et, les saluant affectueusement comme de coutume, leur demanda s^ils n'avaient rien à manger. A cette voix, Jean reconnaît aussitôt Jésus. L'impétueux Pierre , transporté de joie, ne trouvant pas que la barque aille assez yite au gré de ses désirs , se jatte à la mer et gagne le bord à la nage. Après avoir pris quelque nourriture, Jésus s'adresse à Pierre, et faisant légèrement allusion à la conduite passée de l'apôtre, à ses protestations si vives et si promptement oubliées au moment du danger, il lui demande : <x M'aimes-tu plus que ne font ceux-ci? « — Oui, Seigneur, répond Pierre, tu sais que je a t'aime. — Eh bien, ajoute Jésus, prouve -le -moi « en paissant mes brebis '.d — Et comme il lui renouvelle trois fois la même question , Pierre , qui comprend enfin la portée de ces paroles, s'écrie avec tristesse : « Seigneur, tu sais toutes choses , tu sais que je d t'aime 1 x> — Et alors Jésus, après lui avoir renouvelé l'ordre de paître ses brebis, lui Sût entendre qu'il

1 Jean XXI. Cette tradition, recueillie probablement de la bouche de Jean, par quelqu'un de ses disciples, et ajoutée après sa mort à son évangile, a tous les caractères de la vraisemblance, ce qui ne veut pas dire qu'elle reproduise exactement les paroles de Jésus, celles, en particulier, sur lesquelles on appuie le récit fabuleux de la fin.

« Allusion à la prédication de TEvangileen général, ou peut-être aussi au x*?**'/** xu6«H»ew< que Pierre possédait d'une manière spéciale dans l'Eglise apostolique.

APPARITIONS BN GALILiSb, 465

sera un jour appelé à donner sa vie pour le service de son Maître.

Enfin, la dernière fois que Jésus apparaît en Galilée à ses disciples , il leur recommande de nouveau d^aller annoncer TEvangile à tous les peuples, et de les incorporer par le baptême à la société nouvelle. Il les exhorte à se confier en lui, leur déclarant que toute puissance lui est donnée sur la terre pour y fonder le royaume de Dieu et qu'il est avec les siens jusqu'à ce que son règne soit accompli \

SECTION IX

l'ascension db Jésus.

Cependant la fête de la promulgation de la loi (la Pentecôte) approchait, et l'attention des apôtres se tournait vers ce jour d'une façon particulière. L'établissement de l'ancienne alliance leur faisait naturellement

1 Si les apôtres se firent plus tard scrupule d*aller vers les païens, ce n'est pas qu'ils ne crussent point à la vocation des Gentils; mais ils pensaient que pour arriver au christianisme il fallait d'abord passer nécessairement par le judaïsme. La formule du baptême (Mattb. XXVIII, 19) pourrait sembler d'une origine postérieure; cependant elle se place naturellement dans la bouche de Jésus et ne renferme pas d'autre pensée que celle énoncée dans les derniers discours du Seigneur (voy. Jean), /a communion avec le Père, par le Fils, dans la vie que donne le Saint-Esprit —Il est possible aussi qu'on ne se soit pas attaché d'abord aux termes mêmes de cette formule, mais seulement au sens général, et que ce soit plus tard seulement qu'on l'a employée littéralement.— Mais il faut observer que ce dernier passage de Matthieu n'a pas le même caractère de certitude que les récits relatifs aux autres apparitions du Seigneur ressuscité.

466 R^ALiri ET NÉCBSSITK

songer à Tinauguration de Talliance nouvelle annoncée par Jésus. Ne serait-ce point à ce moment quMls allaient voir s'accomplir les promesses de leur Maître? Pieins de ces pensées^ ils se rendirent à Jérusalem une semaine ayant la fête. Un jour donc qu'ils s'en allaient ensemble selon leur coutume à la montagne des Oliviers, Jésus se présenta de nouveau à eux et leur reqouvela sa promesse pour la dernière fois. Les disciples, qui n'avaient pas encore abandonné complètement les idées judaïques, lui demandent s'il va maintenant établir dans sa gloire le règne du Messie. Mais Jésus, repoussant comme autrefois ces espérances charnelles : <i Ce n'est pas à « vous, leur dit-il , de vous enquérir du temps où cela « arrivera. C'est le secret du Père^ Qu'il vous suffise a de savoir ce qui concerne votre vocation pour l'était hlissement du royaume de Dieu. Le Saint^E^rit vous « sera donné et vous communiquera les forces et les « lumières, qui vous soot nécessaires. ^ — Et, eu disant œia, il fut enlevé de devant leurs yelu^

La réalité de l'ascension ne se prouve point uniquement par le récit de Luc. Elle est indépendante de ce récit et de la forme spéciale sous laquelle le fait nous est rapporté. Quand il n'en serait pas du tout question dans les évangiles ni dains les Actes, elle n'en serait pas moins établie dans ce qu'elle a d'essentiel. Ce n'était pas d'une mamirê ncUvrelle, c'eât-à-^ire par la mort y que Jésus de^

1 Act T, 1-lS; Luc II, 51-5S.

BB LA RifltniRBCttON tÈ ittBUS. 467

tait passer de la tne terrestre è la ferme supérieure de f existence. Cette transformation a dû s' opérer en lui «ur^ nesturellement, en de^^ors des conditions ortUnaireSy en sorte q^on ne puisse V expliquer pm le» lois de la nakire matérielle. Ainsi envisagéd, PaseensHNi ési une eowéqnence néGesBaire de U résorrectmi ^ et si on refose de l'admettre, il faut absolnment aller plus loin et scmtenir que Jésus n'est point véritablement ressuseité. Quoique la nature de Torganîsation physîqpie de Jésus après sa résurrection nous soit très peu connue S il laut, dans tons le» eas, la regarder comme supérievrey comme n'étant plus soumise aux lois do k vie terrestra. Jésos est désormais élevé au-dessus delà mort. C'est une condition transitoire entre l'existence actuelle et celle du monde invisible. Quand saint Paul déclare que Jésus, une fois ressuscité des morts, ne meurt plus, que la nwrt n'a plus de pouvoir sur lui (Rom. VI, 6); quand il appelle la vie avant la résurreotion une vie dans la feibtesse humaine qi|i assujettit à la mort,^ et celle après la résurrection une vie dans la force de Dieu (3 Cor. XHI, 4) , il ne fait qu'exprimer le sentiment unaniooe de tous les témoins ck la résurFedion. Pour que la résovrection servit i% base à la foî en la vie étemeUe» il

^ N9u«aimo9s miaax déclarer le prol;»lèi«e inBolable que de nous prononcer pour des hypothèses dont aucune ne nous parait satisfaisante. (Test TTaiment se faire une idée trop haute de nos eonnaissances, que de rejeté» une çh^ae ptice qu'on ne peut parvenir à Texpliquer. a There are more things between heaven and earth, than our philosopha may dream of. »

468 R^ÀUT^ ET NiicBSSIT^ DB LA RiSURRBGTIOIf DB sisVS.

fiallait nécessairement qu'elle fût considérée comme le rétablissement de Tunion désormais indissoluble de l'âme et du corps, union détruite par la mort et qui constitue la personnalité humaine. Il fallait par conséquent que la transition à la forme parfaite de Fexistence s^opérât sans passer de nouveau par la mort. Une résurrection qui aurait tout simplement ramené Jésus à la yie terrestre pour mourir une seconde fois, eût été sous ce rapport une chose complètement indifférente. Aussi la résurrection perd-elle toute sa valeur pour le développement spirituel des apôtres quand on la sépare de Fascension. Si Jésus était mort une seconde fois, leur foi, relevée un instant, aurait dû nécessairement s'affaiblir de nouveau. Jésus leur serait de nouveau apparu comme un homme ordinaire. — Gomment auraient-ils pu parler de son exaltation avec cette force et cette confiance dont leurs écrits rendent témoignage? La chose est si simple pour eux qu'ils la supposent partout sans jamais en parler directement, et que, dans le Nouveau Testament, Luc est le seul qui fasse mention expresse du fait matériel de l'ascension. — Ils ne songeaient même pas qu'on pût se représenter d'une autre manière la disparition de Jésus. -- Et si l'on objectait que les apôtres auraient pu le croire sans que cela fût vrai, nous répondrions que leur croyance est justifiée par la manière dont Jésus s'était présenté à eux, par le caractère surnaturel de ses apparitions, enfin par son silence même. Car si les apôtres eussent été dans l'erreur sur ce point, il fau-

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