‹ Vie de Jésus: ou examen critique de son histoire (volume 2)Chapitre 10 sur 23 · S XCV · texte numérisé non relu

S XCV

GuérisoDs à dlslance.

Les guérîsons produites à distance sont , ^ proprement parler , l'opposé de ces guérisons involontaires. !^ ces der-* ni^es s'effectuent par un simple contact corporel et sans un

(i) Comparez, à ce sujet, l^s remarcjaes de Weiste, dicf eyaàg, Creschicbte, i, S. 3of{.

lia BEUXIÂME SECTION.

acte particulier de la volonté, les premiers s'effectofut par la simple direction de la volonté , sans contact corporel ou même sans, voisinage dans Tespace. Mais en même temps il faat dire : si la puissance curative de Jésus était assez matérielle pour se décharger involontairement par le simple contact corporel, elle ne peut pas avoir été assez spirituelle pour être transportée par la seule volonté à des distances considérables ; ou, si elle était assez spirituelle pour s'exercer, même sans la présence corporelle, elle ne peut pas avoir été assez matérielle pour se décharger sans la volonté.

Comme preuve d'une pareille force curative de Jésus agissant à distance , Matthieu et Luc nous rapportent la guérison du serviteur malade d'un capitaine à Capharnaùm , Jean celle du fils malade d'un seigneur de la cour^ PadiXixoç, qui résidait aussi dans cette ville (Matth. ,8,5 seq. Luc, 7, 1 seq. Joh. , 4« 46 seq.). L'opinion ordinaire sur ces récits est que Matthieu et Luc, à la vérité, racontent le même fait, mais que celui de Jean est différent. Son récit diverge, en effet, de celui des deux autres dans les circonstances suivantes: i^ le heu d'où Jésus opère la guérison est , d'après les synoptiques , celui de la résidence du malade , Caphamaùm ; d'après Jean un heu différent, Cana ; 2^ le temps où les synoptiques placent cette anecdote est immédiatement après le retour de Jésus de la montagne où il avait prononcé le discours qui porte ce nom ; d'après le quatrième évangile , c'est en revenant de la première pâque et de la Samarie, oùil avait prêché, que Jésus opéra ce miracle ; 3** le malade est, d'après les deux synoptiques, l'esclave; d'après Jean, le fils du suppliant; b^ c'est au sujet du supphant luimême que se trouvent les plus grandes divergences : dans le premier et le troisième évangile, il est un mihtaire {cente-nier, éxaTovTapj^oç), dans le quatrième , un seigneur de la cour^ PaaAoctJç; d'après les deux premiers, un païen (voyez Y. loet seq. dansMatth.);d'aprèsledernier^sansaucun doute

INEUVIÈME CHiRlTilE. § XCV. Il3

un Juif. D'après les synoptiques, il est loue par Jtîsus comme le modèle de la confiance la plus humble et la plus sentie, attendu que , persuadé que Jésus pouvait guérir , même k distance, il l'empêcha d'aller jusqu'à sa maison; d'après Jean, au contraire, il regardait comme nécessaire k la guérison la présence de Jésus dans sa maison , et il fut blâmé à cause de sa faible foi qui avait besoin de signes , GYijjLsia , et àe prodiges y répara (i). •

Ces divergences sont assez considérables pour que, k un certain point de vue, on insiste sur la différence du fait qui sert de base au récit des synoptiques et à celui de Jean ; mais il ne faudrait pas, si de ce coté on examine la chose d'aussi près, s'aveugler sur les divergences qui existent aussi entre les deux synoptiques. Us ne concordent pas absolument, même dans la désignation du patient : d'après J^uc, c'est un seiviteur chéri du centenier, ^oD>.oç evTtpç ; èhez Matthieu, celui-ci le nomme 6 -Tratç [Aou, ce qui peut signifier également un fils et un serviteur ; et, comme le centenier, dans le verset 9 où il parle de son esclave, emploie l'expression 5o0>.oç, tandis que la personne guérie est de nouveau désignée, verset i3 , comme 6 Tuat; aÙTou , il est probable qu'il faut prendre ici Traîç dans la signification de fils. Quant k la maladie, Matthieu dit que cet homme était un paralytique cruellement tourmenté^ waoa^jTaoç Ssivô; Pacavt^ojxsvoç ; Luc non seulement se tait sur cette forme de maladie , mais encore , après avoir dit d'unefaçontout-k-faitindéterminée: e^6^/^^^(7/2^ un mauvais état, xaxcoç ej^^wv , il ajoute : // était sur le point de succomber, 7i[jt.6^7ce TeTcEUTav, ce qui a paru k plusieurs indiquer une autre maladie que la paralysie , qui , d'ordinaire , ne cause pas rapidement la mort (2). Mais la différence la plus considérable , c'est celle qui règne dans tout le récit , à sa-

{\) Voyex les explications de Paaias, (a) Schleiermacher) ùber dcn Lukasi

dcLûcke, deTholacketd^Olsbaasen sur S, 93.

ce passage.

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