‹ Vie de Jésus: ou examen critique de son histoire (volume 2)Chapitre 13 sur 23 · S XCVII · texte numérisé non relu

S XCVII

HésurrectioDS de morts.

Les évangélistes racontent trois résurrections de morts ; l'une est commune aux trois synoptiques, une autre est propre k Luc , et la troisième l'est k Jean.

La résurrection commune aux trois synoptiques est celle qui fut opérée par Jésus sur une jeune fille, et qui est réunie dans les trois récits k l'histoire de la femme affectée d'une perte (Matth. 9, 18 seq. 28. — 26. Marc 5, 22 seq. Luc 8, 4i seq.). Dans la désignation plus précise de la jeune fille et de son père, il y a des divergences entre les synoptiques : Matthieu , sans dire le nom du père , le désigne d'une manière indécise comme un des cliefs, apx^v elç, les deux autres, comme le chef de la synagogue , et l'appellent Jairus y

son Ut| et sortit à la mede tout le inonde. guéri, et preaantsou lit, il s'en allait. Kat Kal •hyfp^'n «vO««Ç| xa» apaç tov xp«6- «vGe'wç eyévtxo vycyjç h avOpuTtoç, xac yjpf SoiTov ùîÇXOcy cvavTiov vrocvTttV. tov xpoiSèavov avxev^ xat vrcptenàrci.

(i) Comparez ropinion de Weisse, i, S. 128 ff. ; elle est analogue.

îaetpo;; ils ajoutent que la jfille était âgée de douze ans ; Luc dit même qu'elle était l'unique enfant de son père , double circonstance dont Matthieu ne parle pas. Il est une autre divergence plus considérable, c'est que, d'après Matthieu , le père annonce tout d'abord que sa fille est morte , et en sollicite la résurrection ; au contraire , d'après les deux autres , il l'avait quittée encore vivante, niais à l'agonie, pour aller chercher Jésus , et empêcher par cette intervention la mort de son enfant; et ce n'est que lorsque Jésus est en route avec lui , que des gens sortent de sa maison et lui annoncent que , dans l'intervalle , la jeune fille a succombé , et que , désormais , tout efifort de Jésus est inutile. Les circonstances de la résurrection sont aussi décrites diflféremment. Matthieu ne paraît pas savoir que Jésus n'eût pris pour témoins avec lui (ce que rapportent les deux autres) que ses apôtres les plus intimes, Pierre et les deux fils de Zébédée. Quelques théologien^, Storr , par exemple, ont trouyé ces divergences assez considérables pour admettre deux cas différents , où Jésus ressi;scita avec des circonstances analogues , la première fois la fille d'un chef temporel ( Matthieu ) , la seconde fois la fille d'un chef de synagogue, Jairus (Marc et Luc) ( i ). Storr admet en outre (et cela est nécessaire au point de vue où il s'est placé) que Jésus non seulement ressuscita deux fois une jeune fille , mais encore que, les deux fois, il guérit immédiatement auparavant ' une femme affectée d'une perte; or cela est urie coïncidence qui ne devient pas plus vraisemblable par la vague remarque de Storr, qui dit que des choses très semblables peuvent se produire dans des temps différents. 11 faut donc accorder que les évangéUstes ne racontent qu'un seul et même fait ; mais il faudrait en même temps renoncer à la faiblesse de voulqir faire concorder pleinement entre eux leurs récits ;

(x) Ueber denZweck des Eyvig. und der Briefe Job., S. 35i £f.

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