c. Mare., p. t5o seq
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sion , à proprement parler , ne désigne que V antécédent de la moisson, c'est-à-dire l'existence des fi'uits dans les champs ou sur les arbres •. si elle est placée dans une proposition affirmative , le conséquent , c'est-à-dire la récolte possible des fruits, ne peut être entendu qu'autant que Y antécédent , c'est-à-dire la présence des fruits dans le champ , y demeure inclus ; par conséquent, eart xatpoç xapirôv ne peut que signifier : Lesjruits mûrs sont dans les champs^ et^ de la sorte, prêts à être cueillis. De la même façon, si l'expression dont il s'agit est placée dans une proposition négative, elle enlève d'abord l'idée A^Y antécédent^ c'est-à-dire de l'existence des fruit<î dans le champ , sur l'arbre , etc. , et puis médiatement l'idée du conséquent , c'est-à-dire de la récolte des fruits ; oùx ean jcatpoç (xuxwv signifie donc : Les figues ne sont pas présentement sur les arbres , et par conséquent ne sont pas prêtes à être récoltées ; mais elle ne signifie nullement d'une façon inverse : Elles ne sont pas encore récoltées , et par conséquent se trouvent encore sur les arbres. Ce ne serait pas assez d'être obligé de voir ici une figure inouïe de rhétorique , à savoir que , tandis que , d'après les mots , Y antécédent sev3Jt nié, d'après le sens au contraire le conséquent seul devrait être nié et Y antécédent affirmé ; il faudrait encore pour cette explication admettre une autre figure que l'on nomme tantôt synchysis, tantôt hyperbate. En efiet, en supposant que les figues étaient encore sur les arbres , cette explication donne, non pas la raison pour laquelle Jésus n'en trouva point sur ce figuier, mais la raison pour laquelle il en attendait. Il faudrait donc que le membre de phrase dont il s'agit fût placé , non après le membre , il ri y trouva que des feuilles , oùSèv euptv ei (y//) (pu>.>.a, mais après le membre, il s' avança pour voir s'il j trouverait quelque fruit, ^>.6ev, £1 apa eûpvîaei ti èv aÙTTi ; ce déplacement, nécessaire L dans cette explication , ne ferait que prouver qu'elle est con-
NEUVIÈME CHAPITRE. § CI. fl6*J
traire au texte. Convaincus, d'une part, que l'addilion de Marc nie l'existence de circonstances favorables à la présence de figues sur l'arbre ; mais , d'autre part , s'efforçant de justifier l'attente de Jésus , d'autres commentateurs ont essayé de donner à cette négation , non un sens général , à savoir qu'on n'était pas alors dans la saison des figues , ce dont Jésus aurait dû avoir nécessairement connaissance, mais un sens particulier, à savoir que des circonstances spéciales dont Jésus ne devait pas nécessairement avoir connaissance, s'étaient opposées k la fécondité du figuier. L'obstacle eût été tout-à-fait spécial , si , par exemple , le sol sur lequel l'arbre était enraciné, avait été infécond; et, en effet, quelques uns prétendent que xatpqç (xuxwv désigne un terrain favorable aux figues (i). D'autres , respectant davantage la signification du mot xâtpoç, s'en tiennent, à la vérité, au sens de temps fauorab le , seulement ils assuyept que Marc n'entend pas,d'une manière générale, la saison où régulièrement il n'y a pas de figues, mais entend une certaine constitution dé l'année qui se trouvait fortuitement défavorable aux figues (q). Mais xaipoç exprime justement le temps convenable , par opposition au temps non convenable; il n'exprime pas un temps favorable , par opposition k un temps défavorable. Or, quand dans une mauvaise année on cherche des fruits au temps où ils ont coutume de mûiir , on ne peut pas dire que ce n'est pas le temps des figues ; loin de la , on pourrait caractériser une mauvaise année, en disant qu'on ne trouva point de firuits lorsque le temps en vint, Srs ^XÔev 6 xaipoç twv xapirûv. En tout cas , si la température de toute l'année ne favorisa pas les figues, fruits si communs en Palestine , Jésus devait le savoir aussi bien que s'il s'était agi de la saison; ainsi , l'énigme reste , et l'on ne peut s'expliquer comment il s'irrita tellement, a cause de 1 état d'un
(i) Voyez dans KuiaoU sur ce pas- (a) Panlus, exeg. Uafbdb., 3, a, S.
sage. 1 7 5 ; Olshaiisen , b. Ctf mm. , . i , S. 77 a.
fl58 DEUXIÈME SECTION^
arbre qui ne pouvait pas être autre ^ en rertu de ciiconttan« fX$ à lui connues.
Mais n'oublions donc pas à qui nous devons Taddition dont U s'agit: c'est à Marc, qui, dans sa tendance à tout 'expliquer, à tout dramatiser, ajoute tant de choses de son cru f et qui , ainsi qu'on le sait depuis long-temps ^ et ainsi qae nous en avons déjà trouvé un nombre suffisant de preuves sur notre chemin , n'y procède pas toujours de la ma* nière la plus réfléchie. Ici, la première chosç qui le frappa, c'est que larbre n'avait pas de fruits , et il s'empressa d'en rendre raison en disant que ce n'était pas le temps ; mais il ne remarqua pas qu'en expUquant physiquement l'absence des fruits , il rendait moralement inexplicable la conduite de Jésus. 11 diverge de Matthieu,cela a été dit plus haut$ relativemen ta l'intervalle de temps durant lequell' arbre se dessécha. Cette divergence, bien loin de prouver une plus grande authenticité de son récit ( i ) , ou une inclination à expliquer naturdlement lé merveilleux , procède encore de la même tendance qui dicta l'addition examinée en dernier lieu« L'image d'un arbre qui se dessèche soudainement k une simple parole , est difficilement saisie par l'imagination ; au lieu qu'on peut dire qu'il y a de l'adresse dramatique à mettre le travail du dessèchement derrière la scène , et à eu faire seulement remarquer le résultat par les apôtres, qui , plus tard , viennent à passer. Au reste , quant à son assertion, que, alors, c'est-à-dire quelques jours avant Pâques, ce n^était pas le temps des figues , Marc^ d'après les conditions du climat de la Palestine , aurait raison , en tant que les nouvelles figues de l'annc^ n'étaient pas encore mûrc^ à une époque aussi peu avancée, car la figue de prijqpieqr ou boccore ue vient que vers le milieu ou la fin de
(i) Comme Sieffert le pense, ùberdea vrage, dans: Jahrb. f. wiss. Kritik., tlr^mag q» s. £«, S. ii3 ff» Comparez Kot* ï834« Ifif^tre taou Coi^U'rçfiKh de «et ou*
NEUVIÈME CHAPITRE. § CI. sSg
juin ; la figue proprement dite ou kermus , dans le moîè d'août ; mais , vers le temps de Pâques , on pouvait encore trouver çà et là sur un arbre quelques fruits de la troisième pousse appelée la kermus tardive (i ). On sait, en effet, pâj: Josèphe, qu'une partie de la Palestine produit des. figues pendant dix mois sans interruption , gGxov ié^oL (jltkjIv â^iaXeiirrwç x^opriye? (2) ; il est vrai que Thistorien parlé des bords du lac de Galilée, qui étaient plus fertiles qtie les ètivirons de Jérusalem, où se passa l'histoine en question.
Nous avons écarté le renseignement de Marc d'après lequel la défectuosité n'était pas réelle dans l'arbre , tiiais ûè parut telle à Jésus qu^en vertu d'une attente erronée. Ce renseignement augmentait sans doute les difficultés , tnàls fl n'en reste pas moins une dissonance que renferme le réctt de Matthieu : c'est que Jésiiâ détruisit un objet naturel , à cause d'une défectuosité qui n'était peut-être que passagère. Il ne put y être porté , ni par des considérations économiques , puisqu'il n'était pas propriétaire de l'arbre , ni par des intentions morales , puisqu'il s'adressait k un objet privé de sentiment. Il a donc fallu chercher un expédient , et l'on a imaginé de substituer k l'arbre les apôtres comme objet sur lequel Jésus voulait agir, et de considérer l'arbre et ce que Jésus y fit, comme simple moyen d'accomplir les int^tions qu*il avait sur eux, 6'est Finterprëtation sytnbôliquiî par laquelle, dans l'antiquité , les Pères de l'Église, et, dans les temps modernes , la plupart des théologiens brthodoiës, ont orn justifier la conduite de Jésus du reproche d'inconvenance. Jésus , disent-ils , ne ressentit pas de colère contre l'arbre qui n'offrait aùQun aliment k sa faim \ son but direct ne ftlt pas, non plus, la destruction d'un végétal infécond ; mais c'est avec réflexion que, trouvant un arbre vide defruits,
(i) Voyez Paulus, 1. c, S. i68 £.; • (a) Bell. jud. 3, lo. 8. Winer,b, Real\f.d. A.Feigenbaam.
26o DEUXIEME SECTION.
et, sentant qu'un acte symbolique est plus frappant et plus inefTaçaLle que de simples paroles , il saisit cette occasion pour graver dans leur esprit une vérité qu'il faut entendre de la manière suivante : ou en particulier^ le peuple juif, qui persiste à ne porter aucuns fruits agréables kDieu et au Messie sera détruit , ou , plus généralement , quiconque est aussi vide de bonnes œuvres que cet arbre de fruits , doit s'attendre kun jugement semblable (i). Mais d'autres commmentateurs objectent avec raison que , si Jésus avait eu cette intention en maudissant le figuier, il aurait dû s'en expliquer d'une façon quelconque (2). Que si une explication était nécessaire dans ses paraboles , elle était d'autant pljas nécessaire dans une action , que cette action, à moins de l'indication d'un but placé en-dehors d'elle, devait être considérée comme le but même. A la vérité , il serait possible d'admettre ici comme ailleurs , que sans doute Jésus avait ajouté quelques paroles pour faire comprendre à ses apôtres l'acte accompli par lui , paroles qui furent omises par les narrateurs contents du fait merveilleux. Mais, si Jésus avait donné cette explication symbolique de son action , non seule* ment les évangélistes auraient omis cette explication, mais encore'Us en auraient substitué à la place une fausse. En effet, ils ne font pas garder à Jésus le silence après sa malédiction de l'arbre , mais, les apôtres pleins d'étonnement lui ayant demandé ce qui était arrivéà l'arbre, les évangélistes rapportent qu'il donna , non l'explication symbolique citée plus haut, mais une explication différente et même opposée. Jésus leur dit qu'ils ne doivent pas s'étonner que le figuier se soit sécbé à sa parole, qu'avec un peu de foi seulement ils seront en état de faire de plus grandes choses encore. Ainsi,
(1) Ullmann, Sur Vimpeccabilité de (2] Panlns, 1. c, S. 170; Hase^L. Jt,
Jésus , dans ses Studieu « i, S. 5o; Sicf- § laS; Sieffert aussi, U c. iTertj 1. c. , S. li5 ff. ; Olsbausen, 1. S.
P7^i Keander, L, J. Chr., S. 378.
il ne met pas l'importance capitale de son action dans le symbolisme de l'état et de la souffrance de l'arbre ; si telle eût été son intention, le langage qu'il tint à ses apôtres, y eût été contradictoire 5 ou plutôt , telle ne put pas avoir été son intention puisqu'il parla ainsi. De la même façon tombe l'bypothèsé de Siefïert, laquelle, du reste, ne s'appuie sur rien. Cet auteur prétend que Jésus s'était entretenu avec ses apôtres sur l'état et l'avenir du peuple israélite , non après la malédiction du figuier, mais avant , et dans le chemin qui le con-j duisait à cet arbre , et que cet entretien se termina par la malédiction symbolique du figuier, laquelle , placée ainsi , s'entendait d'elle-même. Mais, s'il est Vrai que l'introduction que SiefFert arrange ici, prépare les voies à l'intelligence de l'acte en question , tout cela aurait été réduit à néant par les paroles subséquentes de Jésus , qui ne signalent que le côté miraculeux du fait dans un temps où l'on tendait à voir partout du merveilleux. Ullmann, avec raison, a donc cru devoir une concession aux paroles de Jésus qui font partie du récit; et, tout en reconnaissant comme admissible l'explication symbolique, il en préfère une autre qui a été aussi proposée ailleurs (i) , à savoir que Jésus, par cet acte miraculeux , avait voulu donner aux siens une nouvelle preuve de sa toute-puissance , afin de fortifier leur confiance en lui pour les périls imminents; ou plutôt, comme nulle part il n'est question d'une allusipn spéciale à la passion prochaine , et que les paroles de Jésus ne renferment rien qu'il n'eût déjà dit précédemment (Matth., 17, qo. Luc, 17, 6), il faut penser avec Fritzsche que la manière de voir des évangélistes fut, d'une façon tout-à-fait générale, celle-ci : Jésus, ayant ressenti du mécontentement à cause de la stérilité du figuier, saisit cette occasion pour accomplir un miracle dont le but n'était que le but général de tous ses miracles , à sa-
(1) Heydenreich , dans : theol. Nachrichten, i8i4» ^^i) S. lai f£.
^6% DEUXIÈME SSCTION.
voir de certifier son caractère de Messie (i). Ainsi , Eutty*mius parle d'une façon tout-k-fait conforme à l'esprit des narrsiteurs tel que Fritzsche le caractérise (2), quand il interdit topte argutie sur le but particulier de l'action de Jésus, et recommande de n'y considérer que le miracle en général (3). Mais il ne s'ensuit pas que nous devions, nous aussi, noii9 abstenir de toute réflexion , et accepter avec foi le miracle sans plus ample informé. Il nous est même impossible de nous empêcher de remarquer que le miracle particulier quo neu3 ^vons ici, n'est explicable , ni par le, but général des miracles , ni par un but particulier quelconque ; que , à tout égard , il contredit la théorie et la pratique ordinaire de Jésus ; pt que , en conséquence , indépendamment même de la question de la possibilité physique , on doit déclarer avec upe plus grande précision que pour tput autre , qu'il p'a pas été réellement accompli par Jésus.
IVIais i} nous reste encore l'obligation d'indiquer la source Bpsitive d'où un pareil récit a pu sortir, même sans motif l^îstpyique. Nous trouvons, à la vérité, dans l'Ancien-Testar- Ipepj:, où nous puisons ordinairement no^ exemples, plusieurs 4i§cours et récits figurés d'arbres et de figuiers, mais aucun qui ait une analogie assez spécifique avec notre narration , pour que nous puissions dire que celle-ci .en dérive. Sansi gUer jusqu'à l' Ancien-Testament , il ne faut pas feuiUer tpT* Ipng-temps le Nouveau, pour trouver, d'abord dans la JîQflçhede Jean-Baptiste (Matth., 3 , 10) , puis dans celle
(f) Como^.in HAtth., p» 637.
^2) Conun. in Marc, p. 4Si ; Maie...
Tt^. àâ.iû éo bsesenint, qtibÀ Jesns sine ra* tione innocentem ficam aridam reddidisse videretur,niirisc[ue argutiis lisi sunt, Ht aliquod hnjus rei consilium- fuisse os> teoderent.I^imirnin apostoii, eTangelistae et omnes priini temporis christiani , qna erant ingcniorum simpliciiate , quid tamquc Jésus porleatose fccissc di-
ceretnr , cnrarnnt tantnmmodo , non quod Jesp in edendq miracvlo consilinin fuerlt, siibtiliter et argute quspsiyerant.
(3) Ne recherche pas subtiSemcôt ponr^ quoi Tarbre a été puni, tout innocei|t qu'il était, mais vois seulement le miracle fit adraire-s-en Vanteur.lill^ èinpiÇoXoyo^ , êictri TtxitJ.wpr,vou rb <pvxov , àvairtov oV àXkat. /xovov opa to Oav^aa, xai OavptaÇc
NEUVIÊMB GHAPITilB. § CI. b63
«léme de Jésus (7, 19), l'apophtliegme deFarbre qui, ne portant pas de bons fraits , est abatta et jeté dans le fta. Plus loin (Luc, i3^ 6 seq.), ce tbème est devenu Thisteire feinte d'un maître qui pendant trois années]! chercbe vahi^ ment des fruits sur un ^guier dans son vignoble, et qui lé ferait arracher sans l'intercession du jardinier qui procure à Tarbre encore un délai d'un an. Dès les temps anciens , de$ Pères de r]Église n'ont vu, dans la n^alédiction du figuielr, que la mise en scène de la parabole du figuier (1) , dansiesèiiS) il est vrai , de l'eiplication que nous avons rapportée plus haut, à savoir que Jésus lui-même avait voulu représenter l'état présent et la destinée prochaine du peuple juif, là, par un discours figuré , ici , par une action ^mbolique ; ce qui , ainsi que nous l'avons vu , ne pe^^t se concevoir. Cependant , nous ne pourrons nous défendre dé soupçonner qu'ici nous avons un seul et même thème sous trois foi^mes différentes : d'abord , sous la forme la plus concentrée , celle d'apophthegme ; puis étendu jusqu'à devenir une parabole; enfin , transformé en une histoire réelle. Seulement nouô n'admettons pas que Jésus ait représenté en dernier lirà par une action ce qu'il avait deux fois exprimé par des paroles , mais npus pensons que la tradition finit par fkire un évéhe^ ment véritable de ce qui n'était d'abord qu'un apopfathégme et une histoire parabolique. Si, dans l'histoire réalisée, la fin de l'arbre est un peu autre que la fin dont il est menacé dans l'apophthegme et danè la parabole , c'est-à-dire s'il sèche au lieu d'être abattu , cela ne doit pas faire difficulté: car, du moment que la parabole était devenue une histoire véritable avec Jésus pour sujet , toute sa valeur didactique et sjrmbolique avait passé dans l'action extérieure. Çdle-ct -, pour acquérir plus d'importance et d'intérêt , dut prendre uh
(1) Ambrosius, Gomm. in Luc, sur ce passage. Neander avjonrdliai s*^xpli<nic de mèoie* I. c. '
caractère miraculeux , et, par conséquent^ la destruction de l'arbre, au lieu d'être opérée naturellement à l'aide de la hache^ dut se transformer en un dessèchement immédiat produit par la parole de Jésus. Il semble, à la vérité, que cette manière de concevoir la narration, d'après laquelle son essence même resterait toujours symbolique, est susceptible des mêmes objections que celle dont il a été parlé plus haut, à savoir que le discours de Jésus qui y est joint, résiste à une pareille explication. Mais , dans notre manière de considérer les récits, nous sommes autorisés à dire que la parabole, s'étant transformée en histoire dans la tradition , perdit en même temps sa signification primitive ; le miracle commença à être regardé comme le point essentiel, et l'on y rattacha, à tort, le discours relatif à la puissance miraculeuse et à la force de la foi. Il n'est pas même impossible d'indiquer avec vraisemblance pourquoi, en particulier, le discours du déplacement des montagnes a été réuni au récit du figuier. Dans le récit du figuier, la force de la foi est représentée par le succès de ces mots adressés à une montagne : Qu'on t'ôte de là et quon te jette dans la mer^ apôviTt xat pVyfôyiTt etç div 6a>.a(i- <yav ; ailleurs (Luc, 17,6), elle se trouve symbolisée par des paroles non moins efficaces adressées à une espèce de figuier, <yu)^a(jiivoç : Déracine-toi et va te planter dans la mer^ expi^wÔviTi xai (pureufinn £v ttî ^cCkoL(5frr\. Le figuier maudit, du moment que l'on en conçut le dessèchement comme l'eJBTet de la puissance miraculeuse de Jésus, rappela l'arbre ou la montagne que la force miraculeuse de la foi est capable de déplacer ; et c'est ainsi que les paroles sur la foi furent jointes au récit delà malédiction du figuier. Il faut donc accorder ici le prix au troisième évangile, qui nous a conservé, dans leur séparation et leur pureté, la parabole du /?g^wi(?r stérile, (juxvî, etl'apophthegmedu/wwn^r, ouxàfiivoç, que la foi peut déplacer; elles y sont Tune et l'autre dans eur forme et avec leur signification primitives, tandis que
NECVIÂHE CHAPITRE. § CI. sGS
les deux autres synoptiques ont transformé la parabole en une histoire, et ont fait servir l'apoplithegme sous une forme un peu différente , aune fausse explication de cette prétendue histoire ( i ).
(i) Comparez les explications de ce Handb., i, i, S. 176 f.; i, a, S. 174 f« récit, coDcordantes ponr le fond avec ce et dans Weisse, die evang. Gesch., i, S. qui est dit ici« chez De Wette, ezeg. 576 f.
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