‹ Vie de Jésus: ou examen critique de son histoire (volume 2)Chapitre 19 sur 23 · DIXIEME CHAPITRE · texte numérisé non relu

DIXIEME CHAPITRE

TRANSFIGURATION DE liSVS ; SON DERNIER VOYAGE A ^qSALBM.

§ eu.

TransGguration de Jésus considérée comme phénomène miraculeux.

L'histoire de la transfiguration de Jésus sur la montagne ne pouvait pas être réunie aux récits de miracle examinés jusqu'à présent , non seulement parce qu'elle se rapporte à un miracle opéré en lui, et non à un miracle opéré par lui, mais encore parce qu'elle a, dans la vie de Jésus, le caractère d'une péripétie qiji a son importance spéciale, et qu'on ne saurait guère comparer qu'avec le baptême et la résurrection , à cause de la ressemblance. Aussi Herder a-t-il désigné avec raison ces trois événements comme les trois points lumineux qui , dans la vie de Jésus , attestaient sa mission céleste (i).

L'histoire de la transfiguration manque dans le quatrième évangile ; mais , telle qu'elle se présente chez les synoptiques (Matth. ,17,1 seq. Marc ,9,2 seq. Luc, 9 , 28 seq.), elle apparaît, au premier coup d'œil, comme un événement réel , extérieur et même miraculeux. Six ou huit jours après avoir.annoncé pour la première fois sa passion , Jésus monta avec ses trois apôtres les plus intimes sur une haute montagne, et ces derniers virent comment, tout-à-coup, son visage et même ses habits vinrent à reluire d'un éclat plus que [terrestre, comment deux formes vénérables da royaume des esprits, Moïse et Elie, apparurent et s'entretin-

(i) Vom ErlAser der Menscben nach unsern drei Qrstçç EvaDgelien, §. 114.

* DIXIÈME CHAPITRE. § Cil. iê^f

vent avec lui, et comment , enfin, An sein d*an nnage Innii'M nenx , une voix céleste proclama Jésus le fils de Dieu auquel ils devaient obéissance. *

Ce petit nombre de traits suscite une multitude de ques« liions que Gabier a recueillies, et on lui doit de la reconnais^ sance pour le soiii qu'il a pris ( i ). Dans chac^rie des trois circonstances principales de révénetnént , k savoir Fëclât ^i rapparition des morts et la voix , il faut s'enquériy ég^lem^nt de la possibilité et de la raison sufi^sante. D'abord , d'o<| sera provenu l'éclat extraordinaire qui entoura Jésus? Si Ton réfléchit qu'il s'agit d'une métamorphose de Jésus , jjieTiippÇoOffSat, on pensera qu'il faut entendre, non qu'il fut sim-i plemept illuminé du del^ors , mais qu'il le fut par une clarté intérieure, comme si la g^/biW divine, Âo^a, eût relui momentânénient k travers l'enveloppe humaipe. C'est pouy cette raison que Olshausen considère cet événement cpmme eapil tal dans le trfivail de purification et de transfiguration qù'i) suppose avoir existé duîant tout le cours de la vie dé Jésys, dans son corps , jusqu'k l'ascensioti (a). Mais , sans développer de nouveau ici ce qui a. déjà été dit , k savoir, ou bien que Jésus n'étfiit pas un homme véritable , ou bieu que la purification qui se passa en lui pendant sa viç , fut autre que de rendre son corps lumineux et léger , remarquons que , en aucun cas, il n'est possible de comprendre comment ses vêtements auraient participé k une illutiiination interne. Si l'on aime mieux, k cause de ce dernier point, supposer une illumination externe, ce n'est plus une meta* morpbose , ce dont cependant les évangélistes parlent | ajqsi, cette scène n^est pas susceptible d'une représentation dont les différentes parties concordent entre elles ; k moins , peutêtre , qu'on n'admette avec Olshausen , que Jésus réunissait

(i)^ Dans un mémoire SarVhistoire de .5i7 ff. Comparez 34ver> l^^r» Mytl^pl* la 'transfiguration dans son : ncuest. s, S. s35 ff. thfiolqg; Journal ,' 1. Bd., 5. SUîek, S. (a) Bibl. Gdnun., l, 8. ^34.

a68 DEUXIÈME SECTION. ♦

les deux choses , c'est-à-dire qu'il émettait et recevait des . rayons. Mais, quand bien même cet éclat serait possible, reste toujours la qliestion de savoir à quoi il servait. La première réponse est : pour glorifier Jésus. Mais , à côté de la glorification spirituelle que Jésus se donnait à lui-même par ses actes et par ses discours , cette illumination physique, proiluite par un éclat lumineux, est tout-à-fait insignifiante et presque puérile; si cependant on la suppose nécessaire pour soutenir la foi trop faible , elle aurait dû se passer devant la multitude , ou du moins devant tous les apôtres , mais non en présence de trois seulement , et .des trois les plus fermes , et surtout il n'aurait pas dû être défendu aux trois témoins oculaires de la cacher pendant le temps qui fut le plus critique, et de. ne la révéler qu'à la résurrection. Ces deux questions se reproduisent avec une force nouveUe dans la seconde phase de notre histoire , c'est-à-dire lors de l'apparition des deux morts. Des âmes défuntes pejuvent-elles apparaître aux vivants ? Et si les deux hommes de Dieu se montrèrent , comme il le semble , avec leur corps ancien seulement transfiguré , où , d'après les idées bibliques , le prirent-ils avant la résurrection générale ? A la vérité , pour Éhe, qui monta au ciel sans déposer son corps, cela fait moins difficulté ; mais Moïse du moins était mort, et son cadavre avait été enterré. Enfin , pour quel but ces deux illustres morts étaient-ils apparus? Le récit évangélique qui représente les deux formes comme s' entretenant avec Jésus ^ <7uX>.a>.ouvTeç tô indoOf , paraît avoir mis en Jésus le but de l'apparition, qui , si Luc a raison , ce rapportait plus particulièrement à sa passion et à sa mort prochaines. Mais ce n'est pas par cette voie qu'il en eut la première nouvelle , car, d'après le dire concordant des synoptiques, il s'en était expliqué depuis une semiaine (Matth., 16, 21 et parallèles). En conséquence , on conjecture que Jésus ne fut instruit par Moïse et par Ëlie que des circonstances et des conditions plus

DIXIÈME CHAPITRE. § GII. 36^

précises de sa mort ( i ) . Mais, d'une part , la po&ition que les évangiles donnent à Jésus à 1 égard des anciens prophètes, ne comporte pas qu'il ait eu besoin d'être instruit par eux ; d'autre part, Jésus avait prédit déjà antérieurement sa passion avec des détails si précis que les communications plus spéciales venues du monde des esprits ne pourraient guère avoir regardé que deux particiaPMtés, à savoir : Ils le livreront aux Gentils ^ xapaScodoudiv aÙTOv toîç eôveciv (Matth., 20, 19) , et On lui crachera au visage , éfiTuruciouciv aùrû (Marc, 10, 34), circonstances dont Jésus ne parla que plus tard. Ou tien, admettra-t-on que la communication qui devait être faite à Jésus, avait pour but, non de l'instiliire, mais de le fortifier pour sa passion prochaine? A cette époque, on ne trouve dans le moral de Jésus rien qui put demander une assistance de cette espèce; un secours donné aussitôt n'aurait pas. suffi pour la passion, qui arriva! plus tard ; ce qui le montre, c'est qu'un nouveau secours devint nécessaire à Gethsemane. Nous laisserons-nous aller, bien que ce soit contre la disposition du texte , au désir d'essayer si l'apparition ne se rapporterait pas aux apôtres? Mais , d'une part , le but de fortifier la foi, est un but trop général pour autoriser une dispensa tiou aussi particulière ; et, d'autre part, il faudrait admettreque Jésus, dans la parabole de l'homme riche, aurait donné une fausse exphcationdu principe qui dirige les dispositions providentielles ; car il y déclare que celui qui ne prête pas obéissance aux écrits de Moise et des prophètes , et , à bien plus forte raison, au Christ présent, ne serait pas rappelé à la foi, piéme par un mort qui sortirait du tombeau. En conséquence , une pareille apparition n'est pas"^ opérée par Dieu , au moins dans le but d'exciter la fol. Quant au but plus spécial de convaincre les apôtres de la concordance des doctrines et du destin de Jésus avec Moïse et: les prophètes, il

(x) OUhausen,,!. c, S. 637.

était ea partie atteint , et il ne le fut complètement qu'après la mort et la résurrection de Jésus et après Teffasion de l'esprit , sans que la transfiguration ait fait époque à cet égard. Enfin , la voix qui sort de la nuée lumineuse (sans aucun doute celle de la Schechinah) , est une voix divine comme celle qui se fit entendre lors du baptême; mais^ quelle idée anthropomorphique faut-il sé^j^lre de Dieu , pouf croire à la possibilité de paroles de Dieu réelles et percep* tibles par loreille ? ou bien^ s'il ne s'agit ici que d'une corn* munication de Dieu à l'oreille spirituelle (1), la scène de la ^ansfiguration devient une vision , et nous passons subite* nient à une tout autre manière de la concevoir.

§ CÎII.

GoDoeptîon naturelle du récit sous diverses fdrmeB.

Aux difficultés de l'opinion qui regarde la transfiguration de Jésus comme une sc^ne miraculeuse et extérieure , on a essayé d'écbapper en la transportant tout entière dans l'in- Vènexir des personnes intéressées. A ce point, on n'a pas be^ soin d'abandonner de prime abord le miracle, seuiemenjk on le juge plus simple et plus convenable coi^me miradé opéré dans l'intérieur buiïiain. On admet donC que , par l'influence divine , l'être spirituel des trois ^çôtres , et même de Jésus, s'éleya jusque l'état de l'extase, dans le-* quel ou bien ils vinrent réellement en cputact avec le monda supérieur ^ ou bien ils purent en produiiie euxnmémes les formes de b manière la plus vive « c'est-à-dire , dans m dernier cas ^ que l'on ée représente la scène comme une. vi«sion (â). Z^ premier appui de cette explication est dans JMat-

(1) Olshauseoy i, S. Sag; comparezS. Marcion. , 4 > 22 ; Herder, 1. c. , S. ix5 174, f. GratZy Comm. z. Matth. , a, S. i63

{1) Ç*e8t ce que disent Tertollien, adr. f . 1 69, leur •donne son «Meiilîmeat.

thieft) qui s « servatit de TexpreBsion vision^ 6pajxa (V. t) ), parait caractériser toate la scène comme une vision ptirement subjective. Mais cet appui tombe , si l'on âe rappefie <}ae ni la signification du mot £pa{X(x n'emporte le caractère d'une vision purement interne^ ni l'usage du Nouvean- Testament ne le borne à des visions internes , puisrpi'il est employé métwt pour des visions externes dans les Actes des apôti^ (7, 3i) (i).Qtlant à la chose même, il est invraiseln'blaUe,et du moins sans exemple dans rÊorilûre, que ^^^ sieurs, comme ici trois ou quatre, aient eu part à unè^âiêniè ^sion, qui est ici très considëraUe(!2). Ajoutons que tûUté là difficile question relative k l'utilité d' une pareille disp^hsàtkm miraculAse revient dans cette manière de concevoir la chose. D'aulres, pour éviter cet embairas , ont placé, il est vtâi^ la scène dans l'intérieur des personnes intéressé , mais ik r<»it regardée comme le produit d'une fonction naturelle de l'âme , c'est-à-dire qu'ils y ont vu un songe (3). Pendant oti après une prière prcmoncée par Jésus ou par eux'^némes^ prière dans laquelle il fut question de Moïse et d'Élie,^ où r on souhaita que ces précurseurs messianiques arrivas^ itnt 9 les trois apôtres s'endormirent ; conservant dans leuts ordilles assoupies h bruit de ces noms prononcés par Jësus^ ils révèrent que Moïse et JSlie étaient présents et que Jésu$ s'entretenait avec eux, et ces images flottèrent pendant qudqne temps devant leurs yaix au premier m<Hlientd« leur te^ veil,où leoFsidées n'étaient pas encore redevenœsbien daires* {«a précédente explication s'appuyait sur k métvisian^Sfêf:^ èe Matthieu; odle-ci s'appuie surle diredeLiic,quirepréËenu les tipôtres cotnine appesantis par le sommeU, ^u^}/Â>im,

(i) Comparez Fritzsche, in Matth., p. Evv. de metamorphosi J. Chr. narratio->

55a; Olshausen, i, S. 523. nem; Gabier, 1. c, S. 539 f^*; KainOl,

(i) OUhâasen, 1. c. Gomm. z. Matth.^ S. 4^9 ff.;Ke«tt<ier,

(3) Rau, Symbola ad iUa8tnui4«tt U J» <Sbr., S. 4^ f. ^

la scène (V. 3q). Cette ressource, que le troisième évangéliste fournit à l'explicatioB naturelle, devient un argument qu'on fait valoir en faveur de la préférence k donner à sa narration sur celle des autres ; et des critiques modernes déclarent que par ce trait, et par d'autres qui rapprochent lascène des conditions naturelles, le récit de Luc pr^ente le caractère d'un récit original, tandis que Matthieu, en les omettant, montre qu'il ne tient le sien que de la seconde main ; car , avec l'amour des merveilles qui régnait à cette époque , personne n'aurait sans doute imaginé des particularités qui atténuaient le miracle, telles que le sommeil des apôtres ( i ). Nous serions obligés d'adopter cette manière de raisonner , si véritablement la particularité dont il s'agit ici, ne pouvait ëf prendre que dans le sens de l'explication naturelle. Mais rappelonsnous que^ dans une autre scène où la passion annoncée , d'après Luc, à Jésus lors delà transfiguration, commençait à s'opérer, c'est-à-dire à Gethsemane, les apôtres sont également représentés comme endormis^ xaôeuà^ovTeç, et cela d'après tous les synoptiques (Matth. 26, [\o et passages parallèles). Un écrivain que la seule ressemblance extérieure dans la forme des deux scènes pouvait déterminer à transporter la particularité du sommeil dans l'histoire delà transfiguration^ pouvait y être non moins déterminé par la signification intrinsèque de cette particularité,(|ui dût lui paraître tout-kfait k sa place dans cette dernière histoire. En effet, le sommeil des apôtres , pendant que leur maître est l'objet de la plus importante manifestation , montre la distance infinie qui les sépare de lui , l'incapacité où ils sont d'atteindre a sa hauteur, et la supériorité qu'il a sur eux. Le prophète, celui qui reçoit une révélation , est parmi les hommes ordinaires, commecelui qui veille est parmi des gens endormis.

(1 ) Sclmlz* uber das Abendm., S. 3 1 9,; f . ; comparez aussi KOster» Immanuel, S. SchleiemiAcher, ùber den Lnkas, S. fJ^ 60 f.

DIXIÈME CHAPITRE. § CIII. âyS

Il était donc tout naturel de représenter les apôtres engourdis par le sommeil au moment de la glorification suprême de Jésus, ainsiqu'au moment de sa souffrance la plus profonde. Ainsi ce trait , loin de fournir des ressources à l'explication naturelle, est destiné à relever, par un contraste , le miracle qui s'opère en Jésus. Nous ne sommes donc plus autorisés à regarder le récit de Luc comme le récit original , et à bâtir, sur son dire , une explication de la scène ; au contraire , nous verrons, dans cette addition , jointe à celle dont il a été question V. 3 1 , une preuve que son récit est de seconde' main et a reçu des embellissements (i), et une raison de plus qui nous oblige à nous en tenir au récit des deux premiers évangélistes.

Ainsi tombe l'appui principal de l'explication [qui ne voit ici qu'un rêve naturel des apôtres ; mais en outre elle a encore contre elle une multitude de difficultés. Elle ne suppose un rêve que chez les trois apôtres , et , admettant que Jésus yeiUa, elle ne le comprend pas dans l'illusion. Or, toute la narration évangélique se comporte comme si Jésus avait eu l'apparition aussi bien que les apôtres. En eflfet, si tout n'était qu'un rêve des apôtres, il ne pouvait pas leur dire ensuite : Ne parlez à personne de la vision, (jlyi^evI eÎTuviTe Tàé:pa(Aa,parolesquilesauraientconfirmésdansropinionqu'il s'était passé quelque chose de particulier et de miraculeuï. De plus , quand bien même Jésus n'aurait eu aucune part au rêve , il est inouï que trois personnes rêvent , par voie naturelle et en même temps, une seule et même chose. Les partisans de cette exphcation l'ont senti , aussi prétendentils que l'ardent Pierre , qui est le seul à parler , fut aussi le seul à avoir le rêve , et que les évangélistes ont attribué aux trois apôtres, en vertu de la figure appelée synec-

(l) Cette manière de voir est partagée 56 f. ; Weissc, die eyang. Gesch. r , S. par Bauer, I. c. , S. aSj; Fritzsche, p. 536, et en partie aussi Paulus, exeg. 556; De Wette, exeg. Handb. » x, a, S. Handb., a, S. 447 ^'

doque, ce qui n'était arrivé qu'à Yntx d'eux. Mai^, de ce qu'ici, comme ailleurs, Pierre porte la parole, il ne s'ensuit pas qu'il eût seul rêvé ; loin de là, le contraire est exprimé par les paroles des éyangélistes , et nulle figure de rhétorique ne peut leur ôter çç sens. Mais ceux qui appliquent cette explication à la transfiguratioja , çn, confessent l'insuffisance encore plus clairemei;it. Nqa sçuleuiient, comme il a été remarqué plus haut , ils font jo\içr , dans le rêve des apôtres, un rôle adjuyant à l'invocation des noms deMoïse etd'Élie prononcés à haute voix par Jésus, mais^ encore ils appellent à leur aide un orage qui introduisit , dans le songe, par les éclairs l'idée d'un éclat surnaturel, parles coups de tonnerre l'idée de conversations et deyoix célestes, et qui les entretint encore dans leur illusion pendant quelque temps après leur réveil. ]\(lais Luc jçapport^ que h^ apôtres, en se réveiUanly Siayp-iQYopTiaavTeç, virent Içs deux prophètes del^out encore aux cotés (jie Jé$us \ cela ne ressemble point à une simple illusion se prolongeant de l'état de sommeil à celui de veille. Pour ce motif, K^uinô], fait un^ supposition de plus , c'est que , tandis que? les apôtres dornjaiènt , deux hommes inconnus s'apprpçhi^reut réeUeipenl^ de Jésus, et qu'ils furent aussitôt confondus dans, les iiïiages vues par les dormeurs dans leur songe , et pris pour Moïs^ et Elie. Ces hypothèsies successivement ajoi^téçs. 4p^aturent toutes les circonstances principales qu^l'expl^çatif^i de cette scène par un songe avait intérêt à représ^xitef couiune des visions intérieures, et les ramènent qo^inçie autant d,ç phénomènes extérieurs ; car l'idée d'un éclat li^minpux est s^ppor sée produite par les éclairs, l'idée de voix etitenduç;^ , p^ le tonnerre, enfin l'idée de deux personnes présentes auprès de Jésus, par la présence vérit?ihlç de deux inconnus. Tq^t celçt ne pouvait être aperçu par les apôtres que dans l'état de ve^le, et «^insi 1^ supposition d'un rêve, devenant superflue, n'a^ plus de raison suffisante.

P<^c, pftisquie h participation 4e trois peysQwes \ mj

même t^yp ^ une difficulté tonte spéciale, U yg|||; mi^M

rompre çopiplétement le fil qui , d'iïpyès cp jncde d'expU-?

çatioA I rgtt^çhe jia scèpe à une vision interne , et (r^^spprtisç

toijit 4am k monde extérj^nr, De la ^orte , au lieia d'i^

^ï^§ gprpL^ituriçHe , npps avons paawtenam: fe ^n^mm^T um

scècye njjtqri^. Quelque clifts^B d>;^tjéri^m' ^t 4e vée} gg

mpfltra ^qx apôtres ; c'est pogr çrfa que plnsieur^ pftre|^(

^ ^vpir la perception simultanée i s'Us §e tripmpèr^i:^!: , tpg,|

^veijjés , §ur pe qu'ils pierçurient , ç'eçt qu'ils se tFPuy^pi

tQUs4^ le même ordre d'idées , dans jia même diçpp^çj^l

da^s la iftêflae situation. P'aprj^ cett(5 m^ûière 4p YPir 9 l'e§-?

çepjdi^l dç cette scièpe est un re^dez-yous secret qi)^ ié^lSê

ppjetsdf , cit pour lequel il prit avec lui les typis apôtres &1HF

quj iji çpmptait le plyus. Paul^s u,e se b^Siarde pa^ ^ 4épi4i?F

qui ét^^ent les 4eu^ hommes ayec lesqu^s Jésuç avait ^ej^y

dç!^x^ j Kuinôl spupçpnnje que c'étaijènt des a4hér^nts 4s

§^jffp 4^K^eQdème; d'après Yenturini, des Ess/épiep?, çs^pci^

SjEîçirefe ,4^ J^us. 4vant leur, arriyée, ?#us priia ; ef; fcs ^p<^tres,

qu'il ij VajJ; p^ a4înis à sfi prière, s'enjiormiriqnt. Vm felte

ej^plic?Ltipu , afiu de j^enàre plu$ yraisieroJblj^hle J'iJliMipu Am

api^tr^ àlei^r premier réveil, conservée yploiiti^r^ c^ spi^jEue^

^îpnçjé par ï^uc, fciefli qu'elle j^'y rattaç^ie paç de çp^e, ^ftx

VQÎx étr^i:fgères .qu'ils entendent aupr^ de Jé^B§ , ifc se r^?

y^ejyfl^t^ ils ycHj^nt Jésus, qui sans dqute ^tait 4^1]^t

§jBir Uft pftiflt pjius élevé d^ 1^ ^ont^gne qu^ oelui ou ^

^t^J: , r^uire 4'?û éclat extraordinaire qui prw^pait 4^

p^iç^D^r^ jajons 4e l'aurore tombajat smr lui et réfléfcbis peutT

^f^ par 4es ueiges voisine^ ; 4^s le premier i}U)iaent 4^ It

suffprjuçp, eel^a leur sei»ble une splendieur surpaturi^îlp; letife

aperç»iyentles 4pu^ jkpmujjes q»^ , par des iBptifc iwîp»»tt§ j

Pierre accablé de sommeil et après lui les autres prennent

pour Moïse et Élie; leur confusion augmente quand ils

voient les deux inconnus disparaître dans une di^enjlQP

5276 DEDXXEMB SECTION.

du matia qui s'abaissa au moment où ils partirent, et quand ils entendent un des deux inconnus crier du milieu de la nuée: Celui-ci est mon fils bien-aimé^ etc. , outoç g<jTiv 6 utoç [jLou d âyainiToç %. t. \, ; dans de telles circonstances ils prirent nécessairement cette voix pour une voix céleste ( 1 ) . Cette explication , pour laquelle Schleiermacher montre aussi de l'inclination (q) , croit, commela précédente, trouver un appui particulier dans Luc , chez qui il est dit , avec bien moins d'assurance que chez Matthieu et Marc, que ces deux hommes étaient Moïse et Elie, et chez qui cette assertion parait être bien plutôt due à une simple imagination de Pierre accablé par le sommeil. Voici sur quoi s'appuie cette différence : tandis que les deux premiers évangélistes disent directement : Il virent Moïse etÉlie, wçôvidav aùmç Mo(yYiç xal HXiaç , Luc , plus retenu ce semble , parle de deux hommes , avJpe ^uo , qui étaient Moïse et Élie, otrive; ^<rav Mod^ç )cai ïïkioLç , et l'on prétend que , si les expressions des deux premiers désignent quelque chose d'objectif et de réel, les expressions du second ne désignent qu'une expUcation , laquelle est propre àrévangéUste, Mais l'écrivain donne évidemment son assentiment à cette explication , puisqu'il dit qui étaient , oinveç ^aav , et non qui paraissaient être , ot Ttveç eJo^av eîvau S'il ne parle d'abord que de deux hommes , et s'il ne les nomme que subséquemment, son intention a été, non pas de laisser au lecteur la faculté de prendre à son choix une toute autre explication , mais seulement de ménager, par une expression indécise au début, le mystérieux de cette scène extraordinaire. Ainsi , pas plus que les expUcations précédentes , celle-ci n'a d'appui dans l'un des récits évangéhques , et déplus elle n'a pas de moindres difficultés intrinsèques. Les apôtres devaient assez bien connaître l'il-

(1) Panhis, exeg. Handb., s, 4^6 ff. (a) L. c.

>L.J. i,b, s. 7 ff.; natûrliche Gescliiclitc, 3, S. a56 ff.

lumination matinale sur les montagnes de leur patrie pour la distinguer d'une splendeur céleste. S'il n'est facile, dans aucune des explications proposées , de comprendre comment ils imaginèrent que les deux inconnus étaient Moïse et Élie , il Test encore moins dans celle-ci. Quand Pierre, proposant à Jésus de construire des tentes , cxTivàç , fit connaître l'illusion où étaient les apôtres , il est incompréhensible que Jésus ne l'ait pas dissipée; etPaulus imagine pour expédient que Jésus n'entendit pas la proposition de Pierre. Toutes les hypothèses sur des alliés secrets sont avec raison- tombées dans le décri ; et enfin celui de ces alliés qui , du milieu de la nuée , aurait adressé aux apôtres les paroles en question , se serait permis une indigne mystification.

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