‹ Vie de Jésus ou Examen critique de son histoireChapitre 35 sur 110 · XX · texte numérisé non relu

XX

Les deux généalogies de Jésus considérées indépendamment Tune de l'antre.

Nous n'avions pour l'iiistoire de la naissance de Jean- Baptiste que la seule narration de Luc j mais, pour la généalogie de Jésus, nous avons de plus Matthieu 5 et, de la sorte, le contrôle réciproque des deux narrateurs allège d'un côté le travail de la critique, s'il le multiplie d'un autre côté. Au reste , les deux premiers chapitres de Matthieu , lesquels renferment l'histoire de la naissance et de l'enfance de Jésus, ont été, de même que les paragraphes parallèles de Luc, contestés quant à leur authenticité (1); mais c'est la même prévention qui a aveuglé pour Matthieu comme pour Luc , et ici aussi des réfutations solides ont réduit les doutes au silence ['il).

L'histoire de i'annonciation et de la naissance de Jésus est précédée, dans Matthieu, 1, 1-17, suivie dans Luc, 3, 23-38, d'un arbre généalogique qui doit attester que Jésus, comme Messie, descend de David. Ces généalogies, étudiées en elles-mêmes aussi bien que comparées l'une avec l'autre , fournissent des éclaircissements si importants sur le caractère des récits évangéliques, qu'on ne peut s'abstenir de les examiner de près. A|)rès les avoir prises d'abord isolément l'une de l'autre , il faut ensuite considérer chacune ,

(1) On trouve iiiip étude approfondie, S. 145 ; des dcelamations insignifiantes, mais s'emliroiiillant en des essais artili- chez Osiandcr, S. 84. ciels de coneiliatiou , cliez Hoffinauu , (2) Voyez la liste dans Kuinœl,

Comm.in Mattk., Proleg., p. xxvii,

156 PRIiAilÈKL; SECTION,

et d'abord celle de MaLtliieu, en elle-même cl dans ses rapports avec les passages parallèles de l'Ancien Testament.

La généalogie communiquée par l'auteur du premier évangile mérite d'être comparée avec elle-même; car à la fin , V. 17, elle présente un résultat, une somme (1); et, en en comparant les éléments, on peut rechercher jusqu'à quel point la somme y correspond. Il est dit, en effet, dans le résumé, qu'il y a trois fois quatorze générations d'Abraham au Christ : quatorze d'Abraham à David , quatorze de David à l'exil de Babylone, et quatorze encore depuis là jusqu'au Christ. Si nous faisons nous-mêmes le compte, nous trouvons d'Abraham à David, tous deux compris, les quatorze (v. 2-5). Il en est de même depuis Salomon jusqu'à celui (Jéchonias) après lequel il est fait mention de l'exil de Babylone (6-11); mais depuis Jéchonias jusqu'à Jésus, même en comptant ce dernier, on ne trouve que treize générations (v. 12-16). Comment expliquer cette différence entre la somme posée par l'auteur et les nombres qui la précèdent? On a conjecturé que l'erreur provenait de l'omission, par les copistes, d'un nom dans le dernier nombre de quatorze (2); mais cette conjecture devient très

(1) Pour que la discnssion à laquelle cliias ; Ezccliias engendra Manassès ; l'auteur se livre soit suivie plus facile- Manassès entendra Amon ; Arnon eninent, je transcris ici la généalogie de tiendra Josias ; Josias engendra J écho- Jésus suivant saint Matthieu : Abraliam nias et ses frères, lors de l'exil de Baengendra Isaac; Isaac engendra Jacob ; bylone ; après l'exil de Babylone , Jé- Jacob engendra Juda et ses frères; Juda chonias engendra Salatliiel ; Salathiel engendra Piiarès et Zara de Tliamar; engendra Zurobabel; Zorobabel engeu- Pliarès engendra Esrom ; Esrom engen- dra Abiud ; Abiud engendra Eliakim ; dra Aram; Aram engendra Aminadab; Eliakim engendra Azor, Azor engendra Aminadab engendra Naasson ; ISaasson Sadoc; Sadoc engendra Acbim; Achim engendra Salinon ; Salmon engendra engendra Eliud ; Eliud engendra Eléa- Booz de Raliab; Booz engendra 0])ed zar ; Eléazar engendra Mattban; Matde Rutli ; Obed engendra Jessé ; Jessé than engendra Jacob ; Jacob engendra engendra David, roi; David, roi, en- Joseph, mari de Marie, de qui naquit gendra Salomon de la femme d'Uri ; Jésus, appelé le Clirist. Toutes les gé- Saloraon engendra Roboam ; Roboam uérations sont : d'Abraham à David , engendra Abia ; Abia engendra Asa ; quatorze ; de David à l'exil de Babylone, Asa engendra Josaphat ; Josaphat en- quatorze; et depuis l'exil de Babylone gendra Joram; Joram engendra Ozias ; jusqu'au Christ, quatorze. Ozias engendra Joatham ; Joatliara en- [Xote du Traducteur.) gendra Acliaz ; Achaz engendra Ézé- {2) Vaulub, Exeg, Ifaiidduch^ S. 292 ,

DF.l XIÈiME CHAPITRE. ^ XX. 157

improbable, quand on songe que ce nom manquait dès le temps de Porphyre (1); le Joakim, ioja/.cla (2), intercalé par quelques manuscrits et versions entre Josias et Jéchonias, ne compléterait pas le dernier nombre de quatorze qui est incomplet, mais surchargerait le second qui est complet (3). Comme cette erreur, sans aucun doute, provient de l'auteur de la généalogie, on se demande comment il a compté pour avoir aussi quatorze membres dans sa troisième section. On trouve facilement un moyen de compter autrement, suivant que l'on met des noms en dedans ou en dehors des différentes séries de quatorze. A la vérité, on devrait croire que le nom qui est inclus dans la série précédente est nécessairement exclu de la série suivante. Mais il se pourrait que le rédacteur de cet arbre généalogique eût compté autrement; du moins il nomme David deux fois dans son compte. Qu'adviendrait-il donc, s'il l'eût compris, quelque fausse que fût cette manière de calculer, aussi bien dans la première que dans la seconde section? A la vérité, cet artifice, de même que plus haut l'intercalation de Joakim, ne remédierait pas à la lacune dans la troisième série, et ne ferait que surcharger d'un nom la seconde. Il faudrait donc, avec quelques commentateurs (4), clore la seconde série, non, comme on le fait d'ordinaire, avec Jéchonias, mais avec Josias, qui le précède immédiatement; alors Jéchonias, devenu surnuméraire dans la seconde série par la duplication de David, reviendrait à la troisième série, qui aurait, Jésus compris, quatorze membres.

Cependant il semble trop arbitraire que le rédacteur ait, à la vérité, compté le nom terminal de la première série de quatorze une seconde fois dans la seconde série, mais n'ait pas également compté le dernier terme de la seconde dans

(1) D'après saiut Jc-rùinc, in Daniel.^ (3) Paulus, I. c.

init. i[\) Par exemple, FritzscLe , Com-

(2) Voyez Wrstciii mit cet endroit. nienlur. in Matlli., p. \[\,

la troisième, Eiî conséquence, dautres commentateurs ont préféré compter deux fois Josias, comme David, ce qui donne quatorze membres à la troisième série, même sans Jésus (1). Mais ce calcul, s'il évite une irrégularité, tombe dans une autre, à savoir, que, v. 17, dans la phrase : d'Abraham à David, etc., à-o Àêpaàa à'ojç Aamt^, -/.ta., David est inclus, tandis que dans la phrase : depuis l'exil de B ab y lone jusqu'au Christ, à-o t-?,; p.cToi/.sGia; Baéij>.ûvû(; ïbiç TO'j XpiGTO'j, le Christ est exclu. On y échappe, si, au lieu de Josias, on compte double Jéchonias; ce qui, pour la troisième série, donne quatorze noms, y compris Jésus; mais pour n'en pas avoir un de trop dans la seconde, il faut renoncer à compter deux fois David. A la vérité, ce serait retomber, seulement en sens inverse, sur la même irrégularité à laquelle nous voulions plus haut échapper, puisque, employant le double compte dans le passage de la seconde série à la troisième, on ne l'emploierait pas dans le passage de la première à la seconde. La vraie exj)lication a été, on peut le dire, vue par De Wette, qui fait observer que, dans le compte total, il y a en effet, pour les deux passages, quelque chose de nommé deux fois : c'est , pour la première fois, une personne, Da\id, qui doit être comptée double; pour la seconde lois, c'est un événement, l'exil de Babylone, tombant entre Josias et Jéchonias. Ce dernier, n'ayant régné que trois mois à Jérusalem, et ayant passé la plus grande partie de sa vie à Babylone, est, à la vérité, nommé à la fin de la deuxième série pour lier celle-ci à la dernière, mais il doit aussi être compté au commencement de la troisième ['2).

Comparons maintenant, avec les passages correspon-

(1) Qu'au moins cette place de Jésus, sus lui même dans les "générations, mais

hors de rang , ne lui soit pas donnée de le mettre a part comme le couronne-

d'après le motif mystique d'Olshausen . meut du tout. Que ne Irouveraiton pas

Comment., 1 , S. Zi6, qui prétend qu'il avec le mot convenable? est convenable de ne pas incorporer Je- (2) Exeget. Handbuch ,, d, 1, S. 12

dants de l'Ancien Testament, la généalogie de Matthieu, toujours indépendamment de celle de Luc ; elle ne concorde pas complètement avec ces passages, et le résultat que donne cette comparaison est opposé à celui qui a été obtenu précédemment, c'est-à-dire que, si la généalogie, considérée en elle-même, est obligée de doubler un terme pour remplir son cadre, elle omet, rapprochée de l'Ancien Testament, plusieurs termes consignés dans ce livre, afin de ne pas dépasser son nombre de quatorze. Cette généalogie, célèbre comme étant l'arbre généalogique de la maison royale de David, peut être comparée avec l'Ancien Testament depuis Abraham jusqu'à Zorobabel et ses fils, époque où la famille de David commence à rentrer dans l'obscurité, et 011, l'Ancien Testament n'en parlant plus, tout contrôle cesse pour la généalogie de Matthieu. La série des générations, depuis Abraham jusqu'à Juda, Phares et Esron, est assez connue par la Genèse j celle depuis Phares jusqu'à David se trouve à la (in du livre de Piuth et dans le second chapitre du premier livre des Paralipomènis; celle depuis David jusqu'à Zorobabel, dans le troisième chapitre du même livre, sans compter quelques points isolés de comparaison.

Achevant le parallèle, nous trouvons la ligne d'Abraham à David, c'est-à-dire toute la première série de quatorze dans notre généalogie, t;oncordant, dans les noms d'hommes, avec les données de l'Ancien Testament^ mais elle a de plus quelques femmes, dont une fait difficulté. 11 y est dit, V. ki que Rahab a été mère de Booz. Non seulement cela est sans confirmation dans l'Ancien Testament, mais encore, si l'on en fait la bisaïeule de Jessé, père de Da^id, on met, entre son époque et celle de David (de l/i50 à 1050 avant J.-C), trop peu de générations, puisqu'il n'y en aurait que quatre pour quatre cents ans, en y comptant llahab ou David. Celte erreur retombe même sur les généalogies

de l'Ancien Testament, puisque Salmon, bisaïeul de Jessé, lequel Salmon est dit le mari de Pialiab dans Matthieu, est, dans le livre de Pvuth, k, 20, aussi bien que dans Matthieu, fils d'un Naasson, qui, d'après II Mos. ,1,7, appartenait encore au temps de la traversée du désert (1) ; de là vint facilement l'idée d'unir le fils de Naasson avec cette Rahab qui avait sauvé les espions Israélites (Jos., 2), et de faire entrer dans la famille de David et du iMessie cette femme à laquelle l'Israélite patriote attachait une importance particulière. (Comparez Jac, 2, 25,Hebr.ll,31 .) De plus nombreuses divergences se trouvent dans la ligne depuis David jusqu'à Zorobabel et son fils , c'est-à-dire dans la seconde série de quatorze , y compris les premiers termes de la troisième, i" Tandis qu'ici , v. 8 , il est dit : Joram engendra Ozias,iwpàa iyiwr.ct 'zov Ô^'-av, nous lisons dans 1 Paralip., 3, 11, 12, qu'Ozias était, non le fils, mais le neveu du fils de Joram ; que trois rois ont régné entre eux , à savoir, Ochosios, Joas et Amazias ; et que c'est à ce dernier que succède Ozias, 2 Paralip., 26, 1, ou Asarias, comme il est appelé, 1 Paralip., o, 12, et 2 Rois, llx, 21. 2° 11 est dit dans notre passage, v. 11 : Josias engendra Jéchonias et ses frères, lioniy.ç Sï iyiv-^r.at tov ie/oviav xal to'j; yjUlwj; aÙToG. Mais, d'une part, nous voyons, 1 Paralip., S, 16, que le fils et successeur de Josias s'appela Joaldm, et que ce fut seulement le fils et le successeur de ce Joakim qui s'appela Jéchonias ou Joachim, 2 Rois, 24, 6; 2 Paralip., 36,8; d'une autre part, le passage de l'Ancien Testament ne nomme aucun frère de Jéchonias, à qui l'évangéliste attribue des frères; c'est Joakim qui avait des frères : de sorte que la mention des frères de Jéchonias, par Matthieu, pourrait sembler pro-

(1") L'expédient deKcinœl, Comin. in outre qu'il est complètement arbitraire, Matth., p. 3, qui vent distinguer la devient par là superflu. Raliab iri nommée de la célèbre Raliab,

«luile par une confusion entre ces deux hommes. ^° Une autre différence se trou\e au sujet de Zorobabel. Tandis qu'il est appelé, dans Matthieu, fils de Salathiel, il descend, suivant 1 Paralip., 3, 19, de Jéchonias, non par Salathiel, mais par Phadaia, son frère; au contraire, dans Esdras, 5, 2, et dans Aggé,l, 1, Zorobabel est, ainsi que dans Matthieu, désigné comme fils de Salathiel. Enfin Abiud, indiqué dans l'évangéliste comme fils de Zorobabel, ne se trouve pas, 1 Paralip., 3, 19 et suiv., parmi les enfants de Zorobabel ; peut-être parce que Abiud n'était que le surnom d'un des personnages nommés là , surnom pris par le fils (1).

De ces divergences, la seconde et la troisième sont sans préjudice, et elles peuvent s'être glissées sans intention et même sans une trop grande négligence ■ car l'omission de .loakim peut avoir été occasionnée véritablement par la similitude des noms. Cette confusion aura aussi amené la mention des frères de Jéchonias ; et ce qui est dit de Zorobabel est en partie conforme, en partie contraire à des renseignements fournis par l'Ancien Testament. On n'a pas aussi bon marché de la divergence citée en premier lieu, c'est-à-dire de l'omission de trois rois bien connus. Admeton que l'auteur les a omis sans dessein, de sorte que de Joram il a passé, non à Ochosias, mais à Ozias, à cause de la similitude? Mais cette omission, quand David a été compté deux fois, concorde trop bien avec le désir de l'auteur d'avoir trois séries de quatorze, et l'on ne peut s'empêcher d'y voir, avec saint Jérôme, une intention particulière ("2). Ayant quatorze termes d'Abraham à David, où se

(1) Hoffmann, S. 154, d'après Hug, clioscs au rcLours; on devrait conclare, Einl. 2 , S. 271. ail contraire, que l'auteur a , sans doute,

(2) Coni[)arc7. Fritz.selie , Cnmm. in nttaelic un intérêt iiarticulicr an nombre Matt/i., p. 19; l'aulns, Exeg. Ilandbiicit, quatorze, car, sans cela, il n'aurait pas, S. 289- Quant à Olsiianseu, S. 46 , qui ])our ne jioint dépasser ce nombre, omis dit que le dessein de Matthieu ne peut «les noms bien connus.

pas avoirété d'avoir, de force, le nombre On réfute de la même manière l'cxpli-

de quatorze, puisqu'il saute plusieurs ration qui, devant les lacunes signalée» termes, c'est, à vrai dire, prendre les aux noms de Joram et Je .Tosins, entend

présentait une division naturelle, il paraît avoir souhaité de trouver le même nombre dans les divisions suivantes. Or, deux autres divisions s'offraient à lui d'elles-mêmes, puisque l'exil de Babylone partageait en deux tout le reste de la série. Mais la seconde division ne correspondait pas exactement à ce désir, car l'arbre généalogique des descc[idants de David jusqu'à l'exil donnait quatre termes de trop; alors l'auteur laissa décote quatre noms. Pourquoi ceux-là plutôt que d'autres? c'est ce qu'il serait difficile de décider (1).

Pourquoi le rédacteur de cette généalogie a-t-il attaché tant d'intérêt à répéter trois fois le même nombre? Peutêtre n'est-ce, comme quelques uns l'admettent, qu'un artifice pour aider la mémoire, les Orientaux ayant l'habitude de partager les généalogies en divisions égales pour plus de facilité (2); mais un motif mystique pourrait bien s'y être joint. Ce motif, faut-il le chercher dans le nombre spécial qui est répété trois fois, ou seulement dans le triple retour du même nombre? Il n'est pas probable que le généalogiste ait tenu à la répétition du nombre quatorze, comme étant le double du nombre sacré sept (3), autrement il n'aurait pas caché si complètement le nombre sept dans le nombre quatorze; encore moins peut-on approuver Olshausen disant que le nombre quatorze a été mis en saillie spéciale, comme étant la valeur numérique du nom de David [II), car ces

le verbe engendra , fytvvnaE, non dans Hoffmann compte, jusqu'à la reron-

le sens litéral , mais dans un sens plus struction du Temple, il y a quatorze

général, tel que ". il eut parmi ses des- âges d'hommes, c'est-a-dire 500 ans ,

cendants , e posteris ejus erat; comme sans vouloir dire que la famille dont il

si le généalogiste , loin d'exclnre les est question n'ait eu que quatorze rcje-

termes omis, avait voulu an contraire tons (S. 156). Et cependant on n'en

les comprendre implicitement dans la énumère justement que quatorze! liste (Kuinœl sur ce passage). Dans ce (1) Cependant comparez Fritzsche

cas , il est impossible qu'il eût compté sur ce passage, comme il a fait. De la même valeur est (2) Frilzscbe, in Matth., p. 11.

l'échappatoire de Hoffmann, prenant (3) Paulus, S. 292. An reste, on

ici yeveà, non pour degré, mais pour mettait de l'importance au nombre sept

génération; de sorte que, v, 17, aTro même dans les généalogies. On le voit,

Aavid £o>; p.£-otxt(ica; BcÇv/.ùvo; /tvcat par exemple, dans le passage fôdofio;

JtxaT£3(T0tp£; signifierait seulement que Ûtto Aèh.j. Evùj( , Jud,, v. 14. de David jusqu'à l'Exil, ou , comme {k) Bibl. Comment,, S. Ix^ . kma.

puériles recherches des rabbins ne se trouvent guère dans les évai:gili s. Il se pourrait donc plutôt que, le nombre quatorze ayant été donné la |)remière fois par le hasard, le généalogiste eût tenu à le conserver on le répétant; car les Juifs se représentaient les grandes visitations divines, favorables ou funestes, connme revenant à des intervalles réglés. Or, le fondateur du peuple saint ayant été suivi, au bout de quatorze générations, du roi selon !e cœui de Dieu, le (ils de David, le IMessie, devait être arrivé au bout de quatorze générations après la restauration du peuple juif (1;. jNous trouvons une régularité toute sejnbi.'ii)le dès les plus anciennes généalogies de la Genèse. De nienie que, d'après le livre de la génération des hommes, j^i^/ho; yavETeco; àvOpw-wv, cap. 5, JNoé, second père du genre humain, cit le dixième depuis Adam, le premier père j ainsi, depuis JXoé, ou, pour mieux dire, depuis le fils de JNué, Abraham, le père des fidèles, est le dixième (2).

Celte manière de traiter apriori son sujet, ce lit de Procuste à la mesure duquel l'auteur tantôt le raccourcit, tantôt l'allonge, presque comme ferait un philosophe consl.'-uisant un système, n'éveille pas un préjugé favorable au rédacteur de notre généalogie. A la vérité, on invoque l'habitude qu'ont les généalogistes orientaux de se permettre de pareilles omissions; mais celui qui, déclarant formellement que toutes les générations ont été quatorze pendant un intervalle, donne une liste où, soit hasard, soit dessein, manquent plusieurs termes, celui-là fait preuve d'un arbi-

(1) Voyez Sclineckenbnrger,5ejVr*'g'e xv gcDcrationes , et tiinc liina defccif ,

zur Einleitung in. dus iV, T., S, il f., et et Zedcclii.r effossi suot ociili. ->

le p.i.ssage cité de JosèpLe, B.j., 6 , à, (2) De Wctle a déjà appeh' l'attcii-

8. On petit en outre comparer le pas- liou sur l'aoaloj^'ie des table» {,'cnéalo-

sage cité par Seliœttgcn [Iforœ liel'i, et giqucs de l'Ancicu Testament aveo les

talm.ail Mattli., l),de \a.Synopsc Snhac, taljles évangéliques; quant à la ré^iilj-

p. 132, n. 18 : «Ah Abrahanio iisqiic ad rite systématique des noinbres , Jùiiil;

Salomoncm xv suut generalioues; at- der mos, Gesch., S. 69; coriiii.ircz

que tune iuna fuit in pleuiluuio, A Sa- S. ^8. lomoiieiisqne ad Zodeeliiam itenim suct

tiiiire ou d'un défaut de critique, bien capables d'ébranler la conQance en son arbre généalogique.

La généalogie de Luc, examinée isolément, ne présente pas autant de fautes que celle de Matthieu; car, en la comparant avec elle-même, on n'a aucune conclusion à en tirer, attendu qu'elle ne se contrôle pas par une somme (1). De plus, le contrôle manque aussi, pour la plus grande partie, du côté de l'Ancien Testament; car, de David à Nathan, elle descend par des noms presque complètement inconnus pour lesquels l'Ancien Testament ne fournit aucun arbre généalogique. Elle ne touche qu'en deux membres, Salathiel et Zorobabel, une ligne mentionnée dans l'Ancien Testament; mais, là même, elle est en contradiction avec 1 Paralip., 3, 17, 19 et seq., car elle fait Salalhiel fils de Néri, tandis que le passage cité de l'Ancien Testament le fait fils de Jéchonias; elle nomme, comme fils de Zorob.ibel, un Piesa, qui manque parmi les enfants de Zorobabel dans les Paralipomènes. On trouve aussi dans la liste antéabrahamique une différence, à savoir, qu'elle intercale, entre Arphaxad et Sda, un Cainan (Kaïvàv), qui n'existe pas dans le texte hébreu, 1 Mos., 10, '2li; H, 12 seq., mais qui, au reste, avait déjà été intercalé par les Septante. A la vérité, dans la troisième génération de la première série, à compter d'Adam, le texte original a aussi ce nom, et c'est de la que la traduction des Septante paraît l'avoir transporté à la même place de la seconde série, à compter de JNoé.

(1) CepcuJaal elle procède aussi par sus ; en tout onze fois sept ; et il faut

le nombre septénaire ; trois fois sept compter Abraham deni fois. Theile en

d'Adam à Abraham ; deux fois d'Abra- a fait l'observation, Zur Biographie Jesu,

ham à David ; trois fois de Nathan à S. 43. Salalhielj trois fois de Zorobabel à Je-

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