S. 708. Rcr: ilher lias Aller derjiidischen Prose
(2) Winer, 1. c. S. 691; Neander, Ijlentau/e. !.. J. Clir., S. 52.
^66 DEDXIÊME SECTION.
règne n'arriveraient que lorsque les Israélites feraient pénitence (1), et nous verrons avec quelle facilité on a pu arriver à une combinaison d'idées d'après laquelle une ablution, image symbolique de la résipiscence et du pardon des péchés, devait précéder l'arrivée du Messie,
Les renseignements ne paraissent pas d'abord complètement unanimes sur la signification du baptême de Jean ; tous, à la vérité, s'accordent en ceci, que la pénitence, [j.izyvota, en était une condition essentielle. Kn elfot, quand Josèphe dit que Jean-Baptiste engageait les Juifs, exerçant la vertu, justes les uns envers les autres et pieux envers Dieu, à se rendre au baptême, àpeTv;v £TCacy.o'jvTaç , xal r?, TZûôç àAX'/]Xou; (^ix.aioc'jvri xal — poç tov 0eov vjGi^.eiy. ypwy.evo'j; fia-Ttcaw (Tjvic'vai ("i), (fest la même chose sous forme grecque. Mais Luc (3, 3j, et Marc (1, /i), en désignant le baptême de Jean comme baptême de pénitence, [ia-Ticr|xa [xeravoiaç, ajoutent : Pour la rémission des péchés, tlç, oiotci^i àp.apTiâ)v. Matthieu, à la vérité, n'a pas cette addition ; pourtant il désigne, ainsi que Marc, ceux qui se faisaient baptiser, comme en môme temps confessant leurs péchés, s^ofxoXoyouaevoi -rà; âaapTia; aÙTcov 3, 6). Josèphe paraît dire justement le contraire quand il énonce, comme étant l'opinion de Jean-Baptiste, que le baptême est agréable à Dieu, non quand on demande pardon de quelques fautes, mais quand on purifie son corps après avoir d'abord purifié son âme par la justice , oo-w yàp /.al Tr,v ^àjTTiciv aTTûùe/.TYjV aÙTÛ ( Tw 0£w) cpaveîcOai , p.r, i-i Tivcov àaapTaf^wv TrapaiT-flVei yptoaévcov, àXk' £(p' àyvsia tou crcoLta-oç, are àr, y.yX tt,? ^j/u/rç (^i/taioGuv^ TCpo£y.x.e-/.a6ap[j,£vr,;. Et ici l'on pourrait concevoir que les mots : Pour la rémission des péchés, elq à'çsGiv
(1) Sanhedr. f. 97, 2 : R. Elieser (2) Jntiq. 18, 5, 2. Osiander donne
dixit : Si Uraelitae pœDileatiani agiiut, à Jean Baptiste le dangereux élof;e d'a-
tunc per Goëlem liberautur ; sin vero, voir mis la hache à la racine morale de
non liberautiir. DansSclicettgen, Horœ, la o^if (S. 132). 2, p. 780 seq.
à(AapTi,wv, d'après Act. Ap., 2, 38 et d'autres passages, désignaient liubiluellement le baptême chrétien, et en conséquence ont élé transportés, d'une manière non historique, au baptême de Jean (1). Cependant le passage déjà cité d'Ézéchiel lait de l'ablution le symbole non seulement de la résipiscence, mais encore du pardon des péchés; ainsi le dire des évangélistes repose sur de bons londemenls. De plus, les paroles de Josèphe, examinées déplus près, ne sont point en désaccord avec les renseignements évangéliques. Les fautes dont, suivant Josèplie, il ne s'agissait pas dans le baptême de Jean, sont les souillures léviliques qui, d'après la loi, devaient être elTacées par des ablutions (3 Mos., ili, 6 seq. 15, 5, 13, 18, 21, 27. 17, 16. 23, 6 et autres passages). A ces ablutions, auxquelles on attribuait communément une vertu puritianie indépendante du sentiment intérieur, Jean voulait opposer sou baptême comme prescription morale et religieuse (2).
Lue autre dillérence se manifeste touchant la relation que les renseignements dners sur Jetin établissent entre son baptême et le royaume descieux, poLcù.dcc twv oùpavwv. D'après Matthieu, la brève exhortation i.ju'il joignait à son baptême se réduisait à ceci ; liepentez-vous, car le royaume dei deux sent approché, jx^-a^otl-^i.- -/iyyi/ce yàp -/j ^aaiT^eia Tûv oùpavùv (3, 2). D'après Luc, Jean-iîaptiste ne parle d'abord que de repentir, jy-eràvoia, et de rémission des péchés, a(p£ci; à[;-apTi.à)v, mais il ne pairie pas de royaume des cieux, et c'est seulement quand le peuple s'imagine qu'il pourrait bien être le Messie lui-même qu'il renvoie au Messie comme à celui qui doit venir aprè,s lui (3, 15 seq.). Dans Josèphe, au contraire, il ne se trouve rien sur le rapport qui aurait existé entre le rôle de Jean -Baptiste et l'idée mes-
(1) Comparez De Wetie , Exeget. tmd 371 , Anm.; Keander, L. J. Cli., Handb.. 1, 2, S. 30. S. 50, f, Anaa.
(2) De uiéuje Paulus , 1. c, S. 31i
sianique. Cependant, ici encore, la divergence des recils n'autorise pas à conclure que Jean-Baptiste lui-môme ne s'est attribué aucun rapport avec le règne du Messie, et que c'est la légende chrétienne qui, la première, a imaginé ce rapport; car son baptême, du moment qu'on ne le fait pas provenir du baptême juif des prosélytes, ne se conçoit pas très bien, si l'on ne veut pas songer à la lustration expiatoire du peuple que j'ai mentionnée plus haut, et qui était attendue pour le tcm()s du Messie. L'historien Josèphe écarte toutes les idées messianiques qui ont pu s'attacher au rôle de Jean ; mais c'est chez lui une habitude qui s'explique par la situation de son peuple à l'égard des Romains. Au reste, les mots qu'il emploie, se réunir pour le baptême, [ia'jrTiTij-â cuviévai, les réunions (niojnmes, c-jcTTosocaBai, et la crainte qu'Antipas a d'une révolte, aTrocraTt? , provoquée par Jean, ce dont Josèphe parle plus loin, tout cela indique une association religieuse et politique telle que des espérances messianiques étaient capables oe la susciter.
Il y aurait lieu de s'étonner que Jean-Baptiste eût déclaré avec tant de précision que réellement le règne du Messie était voisin j et, sans s'a rrêter à Luc, qui s'en réfère à une révélation et à un appel de la divinité, on pourrait se laisser alier à supposer que peut-être le narrateur chrétien, voyant qu'en effet celui qu'il regardait comme le Messie s'était manifesté immédiatement après, donna au langage de Jean-Baptiste une précision qui n'y était pas dans l'origine; on pourrait supposer que Jean-Baptiste dit seulement, en conformité avec l'opinion juive citée plus haut, repentezvous, afin que vienne le règne des deux, asTavocîTc , vry.'élhr> ■h fiaciT^îta Twv o-jpavôiv^ et que c'est la narration postérieure qui a changé, afin que, hy., en car, yac. iNlais une supposition pareille n'est pas nécessaire; avec un esprit aussi excitable que le sien, Jean a pu aisément, à Tépoque agitée où il a vécu, croire découvrir des signes qui lui paraissaient
PKEMIER CHAPITRE. § XLIY. 369
garantir l'approche du règne messianique; et jusqu'à quel point ce royaume était-il prochain, c'est ce qu'il laissait encore indécis.
D'après nos évangiles , l'arrivée du royaume des deux y PaciXeia twv oùpavwv , était rattachée par Jean à un personnage messianique auquel il attribuait , en opposition avec son propre baptême par l'eau, un baptême par l' Esprit- Saint et par le feu, Pa-ûxi^eiv rvaup-aTi àyuo -/.al T:upl (Matth. , o, 11, et passages parallèles); l'effusion de l'Esprit-Saint ^' passait, en effet, pour un trait essentiel des temps messia niques (Joël, 3, 1 — 5; Act. Ap., 2, 16 seq.). Ce même personnage devait en outre faire, dans le peuple, un triage comme fait le van qui sépare le bon grain ; peut-être le feu qui consume a-t-il quelque rapport avec cette idée de triage, que déjà les prophètes avaient annoncée pour les temps messianiques , quoique sous d'autres images (Zachar., 13, 9 ; Malach., 3, 2, 3). Ici les synoptiques présentent la chose comme si Jean-Baptiste avait dès lors précisément, par ce personnage messianique, entendu Jésus de Nazareth. D'après Luc, les mères de ces deux hommes étaient parentes et instruites des relations futures de leurs fils. Dès le sein maternel Jean-Baptiste s'était mù comme pour aller audevant de Jésus. Par conséquent, d'après la tournure donnée au récit, il est à supposer que tous deux, de bonne heure, avaient appris à connaître leurs relations, déterminées à l'avance par une communication divine, et s'étaient pénétrés de leur situation respective. A !a vérité, Matthieu ne rapporte rien de ces relations de famille entre Jean et Jésus; mais, quand ce dernier veut se faire baptiser, Matthieu met dans la bouche du premier des expressions qui paraissent supposer une connaissance antécédente ; car Jean s'étonne que Jésus vienne près de lui, attendu que lui, Jean, aurait plutôt besoin d'être baptisé par Jésus, et il n'a pu exprimer cet étonnement qu'autant que Jésus lui ^ura été I. 24
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connu précédemment, ou lui aura été, dans le moment, révélé par une communication célesle ; or, rien n'indique une communication de ce genre , du moins le signe de la messianité de Jésus, le signe sensible à la vue et à l'ouïe , n'est donné qu'ensuite. Ainsi le premier et le troisième évangile (le second abrège tellement la chose qu'on ne voit pas clairement son opinion à cet égard) s'accordent pour dire que Jean et Jésus n'avaient pas été étrangers l'un à l'autre avant le baptême; au contraire dans le quatrième évangile (1, 31, 33), Jean-Baptisle soutient expressément qu'il n'a pas connu Jésus avant l'apparition céleste qui , d'après les synoptiques, se manifesta lors de son baptême. A prendre la chose simplement , cela a l'air d'une contradiction. La connaissance antérieure de ces deux hommes est, dans Luc, un fait extérieur; dans INIatthieu, un a\eu involontaire échappé à Jean surpris. Mais, dans le quatrième évangile, quand Jean dit qu'il n'a pas connu Jésus précédemment, c'est une aflirmation qui paraît préméditée et qui n'a pour garantie que le sujet lii-méme qui l'a fait. En conséquence il fut aisé à l'auteur des Fragments de Wolfenbiittel de mettre la contradiction sur le compte de Jean et de Jésus, c'est-à-dire de supposer que, dans le fait, ils s'étaient depuis longtemps connus et concertés, mais que, devant le monde et pour pouvoir mieux atteindre leur but, ils se donnèrent l'apparence d'asoir été jusqu'alors étrangers l'un à l'autre, et qu'ainsi l'un rendit naturellement témoignage de l'excellenee de l'autre (1).
On ne voulut pas laisser peser ( ette contradiction, comme dissimulation j)rémédilée, sur Jean et médiatement aussi sur Jésus : on chercha donc j-ar la voie de l'exégèse à en nier l'existence. Ce que Jean dut apprendre par le signe célesle, c'est que Jésus est le Messie (J^h., 1, 33 seq.) ; ainsi les
(1) Fragment sur le but de Jé«us et de ses disciples, publié par Lessing, p. 133 «eq.
mots, et moi je ne le connaissais pas, y.àyw où/. Y^^^e-v aÙTov doivent sig[iilier : ce n'est pas la personne, c'est la niessianilé de Jésus qui m'était inconnue (1). Accordons la possibilité de cette interprétation , quoique ni les mots en euxmêmes ni leur enchaînement dans le quatrième évangile ne dussent nous y amener- on demandera toujours si Jean, ayant connu Jésus de la façon que suppose le récit de Matthieu et de Luc, a pu connaître sa personne sans connaître sa inessianité. Si Jean a connu Jésus et, avec lui, les rapports de famille que Luc nous dit avoir existé entre eux il est impossible qu'il n'ait pas été informé de bonne heure de l'annonciation solennelle qui avait révélé le caractère messianique de Jésus avant sa naissance et pendant cette naissance même. Il n'aurait donc pas pu dire plus tard qu'il n'en avait rien su jusqu'à l'apparition d'un signe céleste mais il aurait dû déclarer qu'il n'avait pas ajouté foi au récit des signes anciens, dont un avait été opéré sur lui-même(2). A la vérité on cherche à concilier avec cette ignorance le premier chapitre de Luc , en disant que les deux familles vécurent dans des lieux fort éloignés, éloignement qui les empêcha d'avoir des relations ultérieures (3). Mais si, pour Marie Hancée, le voyage de Nazareth, dans les montagnes de Judée, ne fut pas trop long, comment l'aurait-il été pour les deux fils quand ils furent devenus jeunes gens? Quelle indifférence coupable n'est-ce pas supposer dans les deux familles pour les communications supérieures qu'elles
(1) Ainsi pense Semlur, dans la Ré- •• savoir) qu'il était le Messie, le signe puuse qu il a laiic- au Iragineut ciié; "divin qui lui lut accorde a lui-uiéiue ainsi s'ex|>riiin.-nt la plupart des luo- ■• l'emportait, dans sou for iutérieur sur derncs : Plank. , Geschichle des Lliris- »> toute autre coinuiucicatiou étrau<'ère : tentlitims m der l'criade seiner Einjuli. •• et, a côlé de ce qu'il reconnut alors ning , 1, K. 7; Winer, iiiùl. Reaiwàr- " dans la lumière diviue, lotit ce qui lui Urbuch , 1, S. 691. n avait été certifie jadis lui parut oLscu-
(2) Que le lecteur juge li/i-même si " ntc et ignorance '^S. C8j. l'argumentation de Mcauder n'est pas (3) bicck. , Remarques sur l'Kvangile forcée : •< iii Jean-Bapliste , d'après ce «ie Jean , dans 'l'/tuolag. Sludien undKrin qu'il avait appris des rirconstances de tikeii , 1833 , 2 , S. /|35 ; I.ucke , Com- » la naissance de Jésus, avait pu espérer nientar zuin Evungelium Johannit i ■•(dites doue, avait dii néccssairen.ent ^- 362.
avaient reçues, et enfin quel fut le but de ces communications , si elles n'ont pas réglé la vie ultérieure des deux enfants (1)?
Accordera-t-on que le quatrième évangile n'exclut qu'une chose, à savoir, que Jean-Baptiste ait connu la messianité de Jésus; que le troisième évangile au contraire ne suppose qu'une chose , à savoir, que Jean-Baptiste ait connu sa personne? cela ne suffit pas encore pour résoudre la contradiction des évangiles. Car, dans Matthieu, Jean, au moment où il va baptiser Jésus, parle comme s'il le connaissait, non seulement personnellement, mais encore positivement dans son caractère de Messie. Il refuse, en effet, de le baptiser, et il lui dit : J'ai besoin d'être baptisé par toi^ et c'est toi qui viens vers moi, iyii yzziy.v i'yoj ô-o co^ ^arTichry^'., -/.al (7'j é'p/v; •ttoo; p,e (3, 1/t). On a essayé d'expliquer ces paroles dans le sens de l'harmonistique, en disant que Jean a voulu seulement exprimer l'excellence supérieure de Jésus, mais non pas sa mcssianité (2). Mais, quelque excellence morale que Jean-Baptiste ait pu reconnaître en Jésus, il lui a été impossible, tant qu'il l'a considéré comme un homme pécheur, de l'affranchir du devoir de se soumettre à son baptême. Et même le droit de distribuer la lustration qui préparait au règne du Messie ne pouvait pas être obtenu simplement par une haute supériorité morale j une vocation particulière était nécessaire, telle que Jean lui-même l'avait reçue et telle qu'elle ne pouvait tomber , d'après les idées juives, que sur un prophète ou sur lelNIessie et sur son précurseur (Joh., 1, 19, seq.). Si donc Jean attribuait à Jésus la qualification nécessaire pour baptiser , il dut non pas seulement le regarder, en général, comme un homme excel-
(11 En déscsi>(iir de cause, Osiander (2) Hess, Geschichte Jesn , 1, S. 117
ièi>ond que ces comamnications divines f.; Paulus, 1, c, S. 366; ISeauder, S. ont bien pu renfermer des indications 64 iU de tenir... les deux eufants séparés! (S. 127.)
lent, mais encore, en particulier, le tenir pour un prophète, et, puisqu'il le considérait comme digne de le baptiser luimême, pour un prophète plus grand que lui, Jean. Or, il s'était donné le rôle de précurseur du Messie ; cet homme supérieur à Jean ne pouvait donc être que lv3 ÎNIessic luimême. Ajoutez que Matthieu venait de communiquer (3,11) un discours de Jean-Baptiste où ce dernier attribue au Messie qui approche, un baptême plus puissant que le sien. Comment pourrions-nous donc comprendre les paroles qu'il adresse immédiatement après à Jésus, autrement que de cette façon : A quoi te servira mon baptême d'eau, ô Messie î j'aurais bien plutôt besoin de ton baptême spirituel (1)?
La contradiction ne peut pas être écartée; il faut donc, si elle ne doit pas être considérée comme une déception volontaire et tomber à la charge des personnes intéressées, en transporter le tort sur les narrateurs; et l'on y trouvera d'autant moins d'obstacles, que l'on verra plus clairement comment l'un ou l'autre a pu arriver à une exposition inexacte. Dans Matthieu, la seule chose qui s'oppose à sa concordance avec Jean, c'est la place qu'occupe le discours du précurseur, voulant empêcher Jésus de se faire baptiser par lui. Ce langage, tenu avant qu'aucun signe surnaturel se soit montré, paraît supposer qu'il connaissait d'avance le caractère messianique de Jésus. Or, dans l'Evangile des Hébreux cité par E|)iphane, la demande que fait Jean- Baptiste d'être plutôt baptisé par Jésus, est racontée comme étant le résultat de l'apparition céleste (2). Dans ces der-
(1) Comparez l'explication de l'auteur et aussitôt Jeau tombant à ses pieds , lui des Fraj^ments , et Lleek , 11. ce; Hoff- dit : « Je te prie, Seigneur, baptisemann, S. 287. moi. » Kent à- âvvDiGtv aTro toû v^aro;,
(2) Hier,, 30 , 13 : Et lorsqu'il sortit -^vor/i'av o' o-jpav«i, xxî tïSt TOTrvtùu.a de l'eau , les cieux s'ouvrirent, et il vit toû 0£ov to ééytov t'y iièii TttpcjTtooc; l'esprit saiut de Dieu sous la forme d'une xt)>. , xai «puvô tyt'v £ to xtX. , xaî evGvî colombe , etc., et «ue voix se fit cnten- 7rcpe£lau<|/« tov tottov (pôï; aiya' 'ôv ISâv, drc.ctc; et aussitôt le lieu fut éclairé (priiiv , ô Ia>avv»){ )tyci avrôj" 2Ù ti'ç u, l)ai- une grande luniiére, à la vue de la- K;jpi£; xat Ttà)cv tptov/; xrÀ. Kai tûT£ , quelle Jean dit .i Jésus :•< Qui es- tu, Sei- yviaîv, ô l'cjxvvïjîTcapaTttcjùv aÛTÙ tltft' gneur? » Et de nouveau une voix, etc.; Afop.ac ctov , Kupce, yiî tu ^ânTijov.
niers temps, on a considéré ce récit comme le récit primitif, que l'auteur de notre premier évanjiile aurait raccourci, en même temps que, pour augmenter l'effet de la scène, il mettait, dès le premier abord, un refus dans la bouche de Jean-Baptiste et les paroles citées plus haut (1). Mai.-, d.ins l'évangile des Hébreux, le récit n'est pas sous sa forme originelle; on le voit à la répétition traînante de la voico céleste et à tout ce qu'il y a de délavé dans la narration ; loin de là, c'est un récit très éloiiiné de sa source, et le refus de Jean n'a pas été placé après l'apparition et la voix céleste, afin que fût évitée la contradiction a^ec le quatrième évangile, lequel n'a pas dû être reconnu dans le cercle de ces chrétiens ébionites; mais il a été mis en cet endroit justement dans une intention qu'à tort on attribue à Matthieu, quand on prétend qu'il a changé l'ordre des circonstances de la scène, à savoir, dans l'intention de produire plus d'effet. Un simple refus de la part de Jean-Baptiste parut trop peu de chose ; il fallait au moins qu'il y eût une génuflexion devant le Messie, rapaxeccov ; or, celte génuflexion ne pouvait pas être mieux motivée que par le signe céleste, qui, en conséquence, fut [)lacé d'abord. Ce n'est donc pas de cette façon que l'on comprendra comment Matthieu est venu à être en contradiction avec Jean; et le récit dérivé que renferme l'évangile des Hébreux ne \a pas non plus assez loin pour concorder avec ce que Luc a raconté des relations de famille entre Jean et Jésus.
Tout s'explique sans contrainte, si l'on songe seulement que la relation importante entre Jean et Jésus a dû paraître comme ayant existé de tout temps, en vertu de cette propriété que l'imagination populaire a de se représenter les choses essentielles comme jouissant d'une préexistence in-
(1) Bleek,l. c; Sclinerkenburger, Comm. z. Ev Joh.,l, S. SQi.Comjurez Uber (îen Ursprung des ersten kanoni- Usteri , Sur J^an Baptiste , etc., Stuschen Evangeliums , S. 121; Lùcke , dien ,2, 3 , S. likG-
PFtEMlER CHAPITRE. § XLV. ^1^
définie. S'il est vrai que l'Ame, i!ii moment qu'on la reconnaît dans son essence, est connue, clairement ou obscurément, comme préexistante, il est vrai aussi qu'une semblable préexistence est accordée, dans la pensée pojjiilaire, à tout rapport fécond en conséquences importances. C'est ainsi que Jean, étant entré, par le baptême qu'il donna au Messie Jésus, dans une relation si significative avec lui, dut l'avoir connu dès auparavant en qualité de Messie ; connaissance qui est racontée d'une manière brève et peu précise dans Matthieu, mais dont Luc développa les détails, quand il rapporte que leurs mères se connurent, et que les deux enfants, encore dans le sein maternel, furent rapprochés l'un de l'autre (1).
Tout cela manque dans le quatrième évangile, d'après lequel Jean-Baptiste exprime une assertion opposée; nous ne nous hasarderons pas à décider si c'est par des motifs historiques ou parce qu'un autre intérêt a prév.tiu sur l'intérêt signalé ci-dessus; en effet, moins Jean--L,dpli>te avait connu précédemment Jésus, qu'ensuite il éleva si haut, plus la scène mer\eilleuse qui lui révéla Jésus prenait de gravité, et plus aussi ses relations a\ec ce dernier perdaient un caractère naturel, pour recevoir le caractère d'un miracle opéré immédiatement par Dieu même.