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qu'il fatit mettre sur le fanal; or, la lumière, }jjyvo;, sur le fanal , désigne quelque chose de tout différent de ce que signifie la comparaison de l'œil avec une lumière^ "kr/yo;; donc, chez Luc, il ne reste, pour la liaison des deux apophthegmes entre eux, que le mot vide, lumière , }.'j/voç ; c'est donc une transition de dictionnaire, laquelle est pire que l'absence de transition. Vient ensuite (v.2/i), et de nouveau sans connexion apparente, l'apophthegme sur les deux maîtres. Chez Luc, 16, 13, il est placé dans le joint déjà signalé entre la parabole de l'économe et celle de l'homme riche , et il ne tient à ce qui précède, vraisemblablement, que par le mot mammon^ u.aawvaç. Dans Matthieu , versets 25 — 3/|., suivent des conseils sur le détachement des soins terrestres, conseils qui sont tirés de la croissance paisible d'objets naturels; Luc (12, 22 seq.) les place convenablement dans une parabole qui lui est particulière sur l'homme que la mort appelle pendant qu'il accumule des trésors terrestres (1). \ient ensuite l'avertissement de ne pas être aveugle sur ses fautes, clairvoyant et rigoureux pour celles des autres (7, 1 — 5). Si l'on retranche la fin du chapitre 6 depuis le verset 19, cet avertissement se trouvera en connexion avec l'avertissement précédent relatif au masque de sainteté des pharisiens (6, 16 — 18) ; par conséquent il pourrait avoir appartenu au corps primitif du discours (2). Luc l'a aussi, de son côté, dans son discours de la montagne (v. 37 seq. k^- seq.), et cette sentence, par hasard il est vrai, s'y trouve mieux enchaînée, puisqu'elle est rattachée au conseil, donné précédemment, d'exercer la miséricorde. Mais elle est interrompue de la manière la moins naturelle par des choses étrangères, dans les versets 39, /lO, et en partie aussi dans le verset 38. Il s'y trouve,
(1) Depuis le verset 19 du cliapitreô faites par le rédacteur de l'évangile grec
jusqu'à la fin de ce chapitre, ISeander de Mattliieu (S. 169, Anm.). aiissi ne trouve pas de liaison, et il sup- (2) Keander, 1, c; De Wette, sur ce
pose que c'est une réunion de sentences passage.
sur ceux qui mesurent les autres et à qui ou ajiplique la même mesure, une phrase que Myrc a introduite tout à fait hors (le propos (4, 24), dans un endroit absolument semblable à ces joints dont il a été plusieurs fois question dans Luc. Le verset 6 de Matthieu est sans enchaînement chez lui, et sans passages parallèles chez les autres évangélistes. Ce qui suit (v. 7 — 11) sur l'utilité de la prière est, chez Luc , réuni, d'une fuçon très naturelle, à la parabole de l'ami que l'on réveille en frappant à la porte , parabole qui lui est également particulière. Dans Matthieu, la sentence; Ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas qu'ils vous fissent, est sans enchaînement; dans le discours de la montagne, chez Luc (6, 31), elle n'a qu'un à-peuprès de connexion (1). Ce qui est dit, immédiatement après, de la porte étroite^ czsrh Tzulfj (v. 13 seq.), est amené chez Luc (13, 23), par la question adressée à Jésus : Le nombre des sauvés est-ilpctit? zl oT^-'yoi oî ccoCo'asvoi; et l'on pourrait croire que cette question , comme j)lus haut la demande d'un modèle de prière, est le fait d'un homme qui , sachant que cet apophthegme provenait de Jésus, ignorait à quelle occasion il avait été prononcé; l'image est, en outre, chez Luc, tracée d'une manière bien plus défectueuse que chez Matthieu , et mêlée à des éléments paraboliques (2). L'apophlhcgme sur l'arbre que l'on reconnaît à ses fruits (v. 16 — 20) se trouve chez Luc (6, /|3 seq.); il se trouve même encore raconté beaucoup plus bas chez Matthieu (12, 33 seq.) ; mais, tandis qu'il a , dans ce dernier endroit, une application générale, il n'a , dans le discours de la montagne de Matthieu, qu'une application particulière aux faux prophètes ; c'est chez Luc que cet apophthegme est le moins bien enchaîné. La déclaration subséquente de Jésus contre ceux qui lui disent seulement : Sei(jneur, Seigneur,
(1) De Wette, 1, 2, S. 45. (2) Voyez De Wrtfe, snr ce passage
de Liir.
Kupie, Kuç'-a, mais qui, au jour du jugement, seront repoussés par lui, à cause de leurs mauvaises actions (v. 21 — 2o), est également en connexion avec le sens de l'apophtliegme précédent sur l'arbre que l'on reconnaît à ses fruits, et avec la pensée fondamentale de tout le discours de la montagne, pensée qui est de faire prévaloir l'esprit sur la lettre, l'intérieur sur l'extérieur; mais elle peut aussi bien avoir été prononcée dans l'endroit que Luc assigne (13, 25, suiv.). La conclusion du discours est, comme il a été dit, la même chez les deux évangélistes.
Par la comparaison précédente, nous voyons déjà que les discours de Jésus, semblables à des roches compactes, ne purent pas être dissous par le flot de la tradition orale; mais que plus d'une fois ils furent détachés de leur encliaînement naturel, enlevés à leur lit primitif, et déposés en des lieux auxquels ils n'appartenaient pas véritablement. A cet égard, voici la différence que nous trouvons entre les trois premiers évangélistes : Matthieu, comme un collecteur habile , sans pouvoir, il s'en faut beaucoup , rendre toujours aux fragments leur situation originaire, a su, néanmoins, dans la plupart des cas , rapprocher avec intelligence les pièces analogues. Chez les deux autres, au contraire, maint petit fragment est resté dans l'endroit où le hasard l'avait déposé, c'est-à-dire dans les intervalles entre des harangues de longue haleine. Luc, à son tour, à la différence de Marc, s'est efforcé , en quelques cas, de les réunir par des liens artificiels qui ne peuvent jamais remplacer l'enchaînement naturel.