LXXXIII
Comparaison gén^'i;ile de la manière de i.iconter des différents évaugélisles.
Si , avant de passer à la considération des détails, nous comparons d'abord en général le caractère et le ton de la narration historique dans les différents évangiles, nous trouvons des différences , soit entre Matthieu et les deux autres synoptiques, soit entre les trois premiers évaugélisles ensemble et le quatrième.
Parmi les reproches que la critique moderne a accumulés sur l'évangile de Matthieu, le principal £st le manque du talent h peindre une scène, à individualiser un caractère; et, comme ordinairement un témoin oculaire se signale justement par la précision et le détail de sa narration, on a cru pouvoir conclure de ce défaut que l'auteur n'avait pas été témoin oculaire (1). Et certainement quand on lit dans cet évangile avec quelle indécision il spécifie le temps, le lieu elles personnes 3 quand on y voit si fréquemment des expressions telles que celles-ci : Alors, tots, partant de là, r.'Xf^é.ywv è/.sîOcv , un homme ^ à'vOpco-oç, etc.; quand on y trouve si souvent des indications en bloc, telles que : Jésus parcourut toutes les villes et tous les bourgs (9, 35; 11, 1 ; comparez U, 23) , on lui amena tous les malades , et il les
(1) Scliulz, iel^er das Abendrnaht , u. s.; Scbncckenburijcr , Uel'er tien S. 303 ff.; Sieficrt , Ueber den Ursprung Urspriing . S. 73. des ersien kanon, Evans;,, S, 58, 75,
guérit lous'/i, 2/i seq.; ïk , S'") seq.; comparez 15, 29 seq,); et enfin quand on se rappelle ia sèche hrièvelé de tant de récits isolés, on ne peut pas désapprouver l'assertion de cette critique, qui prétend que tout cela a l'air d'événements arrivés depuis longtemps, dans lesquels une longue tradition orale a de [)lus en plus effacé le caractère particulier et précis. Cependant, prise en soi, cette j)reuve n'est pas absolument convaincante; car, dans la plupart des cas, on aura l'occasion de vériBer cette remarque, qu'un témoin même oculaire peut manquer de la faculté de reproduire avec vivacité ce qu'il a \u (1).
Mais la moderne critique ne mesure pas seulement Matthieu à la mesure de ce qu'on devrait attendre d'un témoin oculaire; elle le compare en outre aux autres évan^iélistes. Parmi ceux-ci, d'une part, on trou\e que Jean est décidément supérieure Matthieu pour le talent de l'exposition, soit dans le petit nombre de passages qu'ils ont on commun, soit dans toute sa narration ; d'autre part, on attribue généralement aux deux autres synoptiques, et particulièrement à Marc, un mode de narrer bien plus clair et bien plus complet (2) ; cela est vrai, et Ion ne devrait plus le nier. Quant au quatrième évangile, on y trouve sans doute aussi ces indications en bloc, par exemple, que Jésus, pendant la fête, fit beaucoup de signes , et que , pour cette raison, plusieurs crurent en lui (2, 23 seq.), et autres semblables (3, 22; 7, 1); il lui arrive aussi non rarement de décrire les personnes sans précision : cependant quelquefois, là où Matthieu ne parle que d'un homme ou de quelques hommes, il donne les noms (12, 3. â ; comparez avec Matthieu, 26,. 7. 8; et 18, 10, comparez avec Matthieu, 26, 51 ; et encore, 6, 5 seq,, comparez avec ^iatlhieu, 1/t, 16seq. ),
(1) Olsliansen, b. Coiniii., 1, S. 15, liaut; lliif^ aussi, Einl. in das \, 1'., 2. deuxième édition. S. 212 ff.
^2j Voyez les nrititpies cités pliii
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Quant aux lieux, oti sait généralement avec exactitude dans quelle localité ou quelle contrée un événement est arrivé. Il a été plus haut question de la chronologie soigneuse de cet évangile; et, ce qui est principal, ses narrations, j ar exemple le récit de l'aveugle-né et de la résurrection de Lazare , ont quelque chose de dramatique et de vivant que l'on cherche en vain chez le premier évangéliste. Dans les deux évangélistes intermédiaires, on trouve aussi des désignations indécises du temps (par exemple : ]\îarc , 8, 1; Luc, 5, 17; 8,22), du lieu (Marc, S, 13; Luc, 6, 12), et des personnes (Marc, 10, 17; Luc 13, 23). Il n'y manque pas non plus de ces indications en bloc : que Jésus a parcouru toutes les villes et guéri tous les malades (Marc, 1 , 32 seq. 38 seq.j Luc, d, /tOseq.); cependant les choses que Matthieu n'a indiquées que d'une manière générale le sont quelquefois chez eux d'une manière particulière; car non seulement Luc, comme nous l'avons déjà vu, signale l'occasion particulière des discours de Jésus, occasion sur laquelle Matthieu se tait, mais encore lui et Marc désignent, j>ar leur emploi ou par leur nom , des personnes que Matthieu ne désigne que d'une manière indécise (Matthieu, 9, 18; IMarc, 5, 22; Luc, 8, /il ; Matlh., 19, 16; Luc, 18, 18; Matth., 20, 30 ; Marc, 10, /i6). C'est surtout dans la vive peinture des événements j)arlicuiiersqueLuc, et encore plus Marc, sont décidément supérieurs à Matthieu : on n'a qu'à comparer, dans ce qui a déjà été vu, les récits, par jMallIiieu et par Marc, de l'exécution de Jean-Baptiste (Mallli., 14, 3, seq.; Marc, 6, 17), et, dans ce qui n'a pas encore été vu , le récit du ou des possédés de Gadara (Mallh., 8,28 seq., et passages parallèles).
En conséquence, hi critique la plus récente a cru pouvoir établir, jiour l'auteur du quatrième évangile, une conOrraalion de la qualité de témoin oculaire qu'on lui aitriijue, et admettre, pour lesdeux évangélistes intermédiaires, qu'ils
ont été au moins plus près des faits que le premier évangéliste. IMais, quand même on accorderait qu'un homme qui ne sait pas raconter d'une manière dramatique ne peut pas avoir été témoin oculaire, il s'ensuivrait, non que tous ceux qui racontent d'une manière dramatique, mais seulement que quelques uns sont témoins oculaires. S'il est vrai que, ])artout où il existe sur le môme objet une relation plus développée et une relation plus courte, les opinions peuvent se partager sur la question de savoir laquelle est primitive (1), on a besoin, relativement à ces relations dans lesquelles il faut admettre une intervention de la tradition, de distinguer une double influence de cette intervention : la première a pour résultat de transformer le précis en indécis, l'individu en général, et la seconde, qui n'est pas moins essentielle, d'introduire des fictions arbitraires à la place de la réalité historique qui s'est perdue (2). Or, quand on met l'indécision de la narration de l'évangile de Matthieu sur le compte de la première tendance de la légende, il faut se faire cette question : Peut-on, sans plus ample informé, considérer ce que les autres ont de précis et de dramatique comme le signe qui prouve qu'ils ont été témoins oculaires, et ne doit-on pas plutôt examiner si cette précision et ce dramatique ne dérivent pas de la seconde tendance de la légende (o)? Quand on soutient aussi positivement qu'on le fait la première proposition, c'est par un arrière-goùt de l'ancienne ortiiodoxie, qui voulait que tous nos évangiles provinssent de témoins oculaires immédiatement, ou du moins par un intermédiaire fidèle. La critique récente a dépouillé cette supposition de sa généralité, et accordé la possibilité que l'un ou l'autre de nos évangiles eut été altéré
(1) Comparez Saunier, Uehcr die sioiis dont je me sers , et qui réfutent Quellen des Narkiis, S. A2 ff. mes adversaires m'accusant d'employer,
(2) Kern, Ueber den Ursprung des en preuve du caractère mytliique, aussi Ev. ]\lauh., 1. c., S. 70 ff. bien la brièveté que le développement
(3) Examiner si... ne pas reconnaître des récits. comme décidé que,., ce sont les exprès-
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•par la tradition orale. A ce point, elle établit, non sans vraisemblance, qu'un évangile dont les descriptions manquent presque partout de couleur et de vie ne peut pas provenir d'un témoin oculaire, et qu'il a du souffrir dans la tradition. Maintenant admeltra-t-on que les autres évangélisles, dont la narration est plus développée et plus dramatique, racontent ce qu'ils ont vu? Cela n'est admissible que sous la supposition que, parmi eux, quelques uns ont été témoins oculaires; car, en général, quand, parmi plusieurs narrations, on connaît d'avance que les unes viennent de témoins oculaires, et que les autres n'en viennent pas, on a toute vraisemblance pour ranger dans la première catégorie celles où le caractère dramatique est le plus manifeste. Mais cette supposition repose sur un motif dont la source est uniquement dans l'esprit des commentateurs , à savoir, que de l'ancienne opinion qui y voit des récits dérivant immédiatement ou médiatement de témoins oculaires, il est plus facile d'arriver à la concession partielle où l'on admet dans l'un d'entre eux l'absence de la qualité de témoin oculaire, qu'à la concession générale où l'on admet que cette qualité peut manquer à tous. Le fait est qu'avec l'opinion orthodoxe sur le canon tombe la supposition de cette qualité, non seulement pour l'un ou l'autre des évangiles, mais pour tous; il faut supposer pour tous la possibilité du contraire, et ce n'est que par l'étude de la nature des récits, comparé aux témoignages extérieurs, qu'on doit arriver à reconnaître ce qu'il en est. Or, de ce point de vue, qui est le seul permis à la critique, on aperçoit, d'après l'examen consacré dans l'Introduction aux témoignages extérieurs, que les deux choses sont également possibles, à savoir, que les autres évangélistes doivent le caractère plus dramatique de leurs descriptions à une élaboration ultérieure de la légende ou qu'ils le doivent à un rapport plus étroit avec les scènes qu'ils racontent, avec le témoignage oculaire.
Pour ne rien préjuger à l'avance, examinons, à cet égard, les résultais que nous avons déjà obtenus. Luc spécifie, pour plusieurs discours de Jésus, l'occasion où ils furent prononcés, dans des cas où Matthieu ne spécifie rien de pareil j mais plus d'une fois nous avons reconnu que celte précision plus grande était une addition postérieure. INIarc (13, 3; comparez 5, 2>1; Luc, 8, 51) désigne par leur nom certaines personnes j mais celte désignation nous a paru n'être que le résultat d'un raisonnement du narrateur. Placés comme nous le sommes au début de l'examen des narrations isolées, nous allons considérer encore, du point de vue du dramatique de la description, les formules générales d'exorde, de conclusion, de transition, telles qu'elles se comportent dans les différents évangiles, Là, en effet, nous trouvons, entre Matthieu et les autres synoptiques, la différence du caractère plus ou moins dramatique, marquée d'une empreinte qui peut le mieux nous apprendre ce qu'il faut penser de ce caractère.
Quand Matthieu (8, 16 seq.) ne dit que d'une manière générale, que le soir, après la guérison de la belle-mère de Pierre, on amena plusieurs démoniaques à Jésus, qui les guérit tous avec d'autres malades, Marc (1, 32) ajoute d'une façon tout à fait dramatique, et comme s'il l'avait vu lui-même, que toute la \ille s'était rassemblée devant la porte de la maison où était Jésus. Lue autre fois, il rapporte que le concours du peuple fut si grand, qu'il obstruait tout le devant de la maison (2, 2); deux autres fois il représente la foule tellement grande, que Jésus et ses disciples ne peuvent pas même prendre leur repas '3, 20- 6, 31); et Luc rapporte une fois que l'aftluence fut telle que les gens se foulaient aux pieds les uns les autres, ôjgts /.a-ra-aTeiv yXkrtlouç (12, 1). Tous ces traits sont évidemment très dramatiques; mais l'absence n'en peut guère faire un sujet d'imputation pour Matthieu; car ils ressemblent à des em-
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bellissemenls du fait du narrat(Mjr, embellissements qui, d'après la remarque de Schleiermacher (1), donnent non rarement l'apparence des écrits apocryphes à la narration de Marc en particulier. Dans les récils détaillés comme ceux dont la suite nous fournira de nombreux exemples, quand Matthieu reproduit simplement ce que Jésus a dit en une certaine occasion, les deux autres ont à nous dire quelque chose sur le regard dont Jésus accompagnait son discours (Marc, o, 5; 10, '21; Luc, 6, lOV Au sujet d'un mendiant aveugle près de Jéricho, Marc se hâte de nous citt r son nom et le nom de son père (10, 46). D'après ces faits, MOUS pouvons déjà soupçonner ce que l'examen des récits particuliers nous montrera avec plus de précision, que nous avons ici sous les yeux les produits de cette autre fonction de la tradition, que, pour abréger, nous pouvons appeler la fonction d'embellissement. Maintenant ces embellissements sont- ils nés d'eux-mêmes jteu à peu dans la légende orale, ou sont-ils du fait des rédacteurs de nos évangiles? C'est une question sur laquelle on peut disputer, et au plus arrivera-t-on à une certaine vraisemblance pour quelques passages spéciaux. Dans tous les cas, non seulement un récit embelli par une addition de l'écrivain est plus éloigné de la vérité primitive qu'un récit exempt d'une pareille addition, mais encore la légende elle-même paraît, dans les premières périodes de sa formation, attachée uniquement à mettre en relief les choses principales, dits ou gestes, et ce n'est que plus lard qu'elle travaille à embellir uniformément toutes les parties du récit, même les parties accessoires; de sorte que, à cet égard aussi, le premier évangile serait plus près de la vérité que les autres.
Si la différeiice d'un caractère plus ou moins dramatique dans les formules de conclusion et de transition existe davantage entre Matthieu et les autres synoptiques, une diffé-
(1) llrhcr i/r-ii Lukas , S. 74 fl nillciirs.
72/l. DEUXIÈME SECTION.
lence d'une aulie espèce, relalivcmcnl à ces mêmes formules, existe entre les trois synoptiques et Jean. En effet, tandis que la plupart des récits synoptiques qui se rapportent à la vie publique de Jésus ont une empreinte panégyrique, la plupart des récits de Jean ont une empreinte pour ainsi dire polémique. Sans doute, les trois premiers évangélistes rapportent aussi plus d'une fois, en terminant leurs récits, que Jésus a scandalisé les âmes étroites, et que ses ennemis ont fait des trames contre lui (Mattli., 8, 3/i; 12, 14; 21, /l6; 26, 3 seq. -, Luc, /|., 28 seq. ; 11, 53 seq.); et, de son côté, le quatrième évangéliste termine quelques relations de discours et de miracles, en remarquant que par là plusieurs ont cru en lui (2, 23; 4, 39. 53; 7, 31. /lOseq.; 8, 30; 10, /i2; 11, il5). INîais le fait est que, chez les synoptiques, pour le temps qui précède le séjour de Jésus ù Jérusalem, on trouve généralement des formules qui expriment que la renommée de Jésus s'est étendue au loin (Matth., Il, 2/i; 9, 26. 31; Marc, j, 28. Zi5; 5, 20; 7, 36; Luc, [\, 37; 5, 15; 7, 17; 8, 39); que le peuple a admiré sa doctrine (Matlli., 7, 28; Marc, 1, 22; 11, 18; Luc, 19, kS, etc.); qu'il a été étonné de ses œuvres merveilleuses (Matth., 8, 27; 9, 8; ili, 33; 15, 31, etc.), et qu'en conséquence il a de toutes parts accouru auprès de lui (Matth., â, 25; 8, 1; 9, 36; 12, 15; 13, 2; l/j, 13, etc.). Dans le quatrième évangile, au contraire, on trouve plus souvent la remarque que les Juifs ont fait des tentatives sur la vie de Jésus (5, 18; 7, 1); que les pharisiens ont voulu l'arrêter, ou ont envoyé des serviteurs pour le saisir (7, 30. 32. hk; comparez 8, 20; 10, 39) ; que des pierres ont été levées contre lui (8, 59; 10, 31) ; et même, dans la plupart des passages où il est parlé d'une disposition favorable du peuple, le quatrième évangéliste la représente de telle façon, qu'une portion seulement du peuple est animée de bons sentiments, et que l'autre por-
IILIIIÈME CHAI'ITKE. ^ LXXXIH. 725
lion est animée de scntimonls hostiles. Il se complaît surtout à (aire ressortir comment, avant la dernière catastrophe, toute la ruse et toute la violence des ennemis de Jésus avaient été inutiles, parce que son heure, r wpa aùroù, n'était pas encore venue (7, 30; 8, 20); que les archers qu'on envoya plusieurs fois contre lui, vaincus par la puissance de sa parole et par l'élévation de sa personne, revinrent chaque fois sans avoir accompli Tordre dont ils étaient chargés (7, 3'2. /|/iseq.); que Jésus traversa, sans recevoir aucun mal, les rassemblements irrités contre lui (8, 59 ; 10, 39; comparez à ce sujet Luc, h, 30). Il est certain, comme cela a été remarqué plus haut, qu'il faut entendre par là, non une conservation naturelle, mais une conservation où se manifestaieiit la nature supérieure de Jésus et son inviolabilité, tant qu'il ne voulut pas faire lui-même l'abandon de sa vie; mais cela jette aussi de la lumière sur le but qui détermine le quatrième évangélistc ;; mettre particulièrement en relief ces circonstances. Elles lui servent en effet à multiplier ces contrastes à l'aide desquels il cherche, dans tout son livre, à relever la personne et la dignité de Jésus. De même que, en opposition avec la grossière intelligence des Juifs, la profonde sagesse de Jésus, représentée comme celle du Ferbeùmn, ne brillait que d'un éclat plus vif, de même sa bonté prenait un aspect plus touchant en face de la malignité obstinée de ses ennemis. L'importance de son apparition sur la terre grandissait d'autant plus qu'il était l'objet déplus de débals parmi le peuple; et sa puissance, étant la puissance de celui qui avait la vie en lui, commandait d'autant plus le respect, que ses ennemis et leurs instruments avaient fait pour le saisir plus de tentatives, toujours déjouées comme par un pouvoir supérieur, et qu'il était plus incompréhensible que lui-même eût traversé intact les rangs de ses adversaires conjurés |)Our sa perte. Aussi, quelque éloge que l'on accorde au quatrième évan-
gélislc, juslenicnt en raison de ces détails, attendu qu'il est, dit-on, le seul qui rende >isibles la naissance et le développement successif de l'opposition du parti |jharisien contre Jésus, c'est ici grandement le lieu de se demander si le lien par lequel il enchaîne les faits est naturel ou factice. Il est factice en ceci du moins, que le quatrième évangile cherche, dans les régions surnaturelles, le motif pour lequel les ennemis de Jésus furent si longtemps impuissants contre lui, tandis que les svnoptiqucs établissent entre les choses un lien vraiment naturel, en disant que les magistrats juifs craignaient le peuple, qui s'attachait à Jésus comme à un jjrophète (Mattîi., 21, 46; Marc, 12, 12; Luc, 20, 19) (1).