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• pardon des actions mauvaises ou criminelles; — « pendant l'onction des pieds, pardon de toutes les « démarches coupables, etc. • C'était un examen abrégé de la vie entière, dans lequel le pauvre malade pouvait , en quelques minutes et sans effort , repasser avec une contrition nouvelle , les fautes dont il avait pu se rendre coupable , et en obtenir plus sûrement le pardon.
Dans ces circonstances, la maison du malade était toujours remplie des parents et des voisins ; M. Lefebvre le désirait ainsi pour l'édification commune; il déployait à leur égard un nouveau zèle. « Ce spectacle v leur disait-il , doit être pour vous « un grand enseignement. La maladie viendra aussi « frapper à votre porte ; dans quel état vous trou- « vera-t-elle ? Pourrez-vous présenter au Seigneur « une vie passée dans son amour ? N'auriez- vous « rien à craindre s'il fallait aujourd'hui entrer en « jugement avec Dieu ? Ne vous bornez donc pas à « prier pour celui de vos frères qui souffre , pro- « fitez de l'exemple qu'il vous donne ; imitez son « repentir, et prenez dès maintenant la résolution « de vivre comme vous voudriez l'avoir fait à cette « heure dernière , quand , étendu sur le lit de dou- « leur, vous serez aux prises avec la mort ; à cet « instant suprême , une vie chrétienne sera votre « seule consolation et l'unique fondement de vos « espérances. » Alors commençaient des prières
communes pour le soulagement et la sanctification du malade f puis chacun se retirait silencieusement, emportant dans son esprit une nouvelle lumière , et dans son cœur un trait de grâce de plus.
Ce n'était pas seulement dans ces graves circonstances que M. Lefebvre parlait de Dieu ; il le faisait encore chaque fois qu'il entrait dans une maison ou qu'il rencontrait quelqu'un de ses paroissiens. 11 cherchait alors à le convaincre en particulier des vérités préchées en général : il lui parlait des besoins de son âme , il s'informait aussi des nécessités de la famille. Cette attention suffisait pour épanouir les cœurs , et mettre le pasteur en état de donner un avis utile ou un secours opportun.
Il était difficile que ces instructions , si multipliées en public et en particulier , ne produisissent pas leur fruit ; aussi la paroisse , sous la direction de ce zélé pasteur, prit-elle un aspect nouveau. On ne parlait plus que de se convertir et de faire pénitence. Tel était l'objet des conversations habituelles. On se racontait comme une bonne nouvelle le retour à Dieu d'un voisin ou d'un ami ; les nouveaux convertis devenaient des prédicateurs pour ceux qui n'avaient pas encore eu le courage de mettre la main à l'œuvre. La divine semence jetée avec tant d'abondance sur une terre si énergiquement et si persévéramment cultivée , commençait à donner des fruits abondants de salut ; la foi poussait de profondes
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racines , le grain de sénevé devenait un grand arbre à l'ombre duquel venaient se reposer les grands et les petits.
Pour conserver et fortifier de plus en plus ces heureuses dispositions, M. Lefebvre avait formé quelques personnes d'une vertu solide dont il se faisait des aides. Elles lui étaient d'un grand secours pour répandre dans la paroisse la science de la religion, encourager les timides, relever les faibles, former ceux qui commençaient, à approcher dignement des sacrements; chacun avait sa fonction : aux uns l'enfance, aux autres les jeunes gens, à ceux-ci les vieillards , à ceux-là les malades.
M. Lefebvre avait remarqué que les ouvriers qui ne vivent, pour la plupart, que du travail de la journée , n'ont ordinairement aucune avance , de sorte que quand arrive la maladie, lé travail Venant à manquer en même temps que la santé , ils se trouvent promptement dans la détresse. Sa Charité pourvoyait bien aux besoins les plus pressants; mais , pour que ces pauvres gens fussent assistés et secourus convenablement , il avait établi une petite société de filles pieuses qui allaient chacune à leur tour soigner ces malades, et passer la nuit auprès d'eux. Leur bonne œuvre était d'autant plus méritoire que, pauvres elles-mêmes, et ne vivant que de leur travail, elles s'imposaient ainsi de réelles privations ; mais l'honneur de servir Jésus-Christ
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cktns ses membres Souffrants , faisait disparaître toute idée de sacrifice.
Tous les malades étaient indistinctement , pour le pasteur, l'objet d'an soin particulier. On vint un jour l'avertir qu'un inconnu se trouvait mal dans la rue ; il va aussitôt à l'endroit indiqué ; sa charité ne voit en cet étranger qu'un malheureux , ou plutôt un frère à secourir; il le fait porter chez une personne pieuse , en la priant de lui donner asile et promettant de* se charger dé tout le reste. En effet, il venait chaque jour consoler ce pauvre homme, et lui apporter les médicaments qu'exigeait sa position. À force de soins , il eut la consolation dé le voir entièrement rendu à la santé.
Un de ses paroissiens, depuis longtemps malade, était rongé par tin cancer : la plaie exhalait une odeur siinfecte t qu'on n'osait en approcher. M. Lefehvre, imposant silence aux répugnances de la nature } se chargea des soins à donner à cet homme; Il pansait lui-même sa plaie, faisait chaque jour son lit, et né se retirait qu'après avoir allégé ses douleurs par des paroles pleines d'encouragement.
A tous il suggérait des motifs de foi pour supporter patiemment leurs maux. L'exemple du fHs éternel de Dieu souffrant dans son agonie, dans ses délaissements , expirant au milieu des tourments du calvaire , lui fournissait une ample matière d'instructions pratiques. Dans ces divers tableaux,
rendus plus frappants par la vue du crucifix que le pasteur tenait entre ses mains , chaque affligé trouvait un modèle , chaque douleur un adoucissement. Puis, en terminant ces charitables visites, une douce prière , faite au chevet du malade, lui révélait l'intérêt paternel qu'inspirait son état, en même temps qu'elle ouvrait son cœur à la confiance.
C'était surtout quand les malades touchaient à leur fin que M. Lefebvre redoublait de zèle. 11 priait instamment qu'on l'avertît de leur état ; dès qu'il en était instruit , il se rendait auprès du moribond pour entretenir dans son cœur un sincère repentir de ses fautes , pour exciter de plus en plus sa confiance dans les mérites infinis du Sauveur dont le saqg a coulé pour le monde et qui prépare à notre fidélité des récompenses éternelles. « Courage, « mon enfant, lui disait-il, courage ! Le degré de « gloire que Dieu vous destine est proportionné au
• degré de résignation et d'amour avec iequel vous « accepterez la mort et ses angoisses. Le monde va « passer, l'éternité va s'ouvrir, détachez donc de la « terre vos pensées et vos affections , pour les por- « ter vers la céleste patrie. Ne vous occupez que « de Dieu ; que votre dernière parole soit une pa- « rôle de soumission, votre dernier soupir un
• soupir d'amour. » Il appliquait alors sur ses lèvres décolorées l'image de Jésus en croix , pour que le souvenir du sacrifice du maître pût rendre
moins pénible le sacrifice du serviteur; puis se mettant à genoux au milieu de la famille assemblée , ils priaient tous ensemble pour ce chrétien aux prises avec la mort et sur le seuil de son éternité. Fallaitil passer des heures entières dans cet exercice de charité , il ne quittait le malade qu'après avoir reçu son dernier soupir, et lui avoir fermé les yeux.
A voir la vivacité de sa foi et l'ardeur de son zèle, dans ces moments décisifs , on eût pris volontiers
, M. Lefebvre pour un guerrier armé de toutes pièces , poursuivant à outrance l'ennemi du salut ; c'était un père qui mettait tout en œuvre pour arracher ses enfants à l'enfer et leur ouvrir le ciel. Aussi les malades avaient si bien compris l'efficacité de son assistance , qu'aucun d'eux n'aurait voulu
• mourir sans l'avoir à ses côtés. Ceux mêmes qui jusque-là avaient résisté à ses pressantes sollicitations , le faisaient demander au moment de la maladie. La crainte salutaire des jugements de Dieu et de l'éternité , dont il avait fait si souvent le sujet de ses instructions , se réveillait alors et portait d'heureux fruits.
Le zèle de M. Lefebvre connaissait peu d'obstacles dans ces graves circonstances. Pendant une maladie, suite de ses continuels et excessifs travaux , on vint le chercher pour une femme à l'extrémité. Les personnes de sa maison répondirent que, malade lui-même, M. le curé ne pouvait sortir
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de son lit. Le pasteur entendit ce colloque qui avait lieu auprès de la chambre dans laquelle 3 était couché; il appelle aussitôt son domestique, et hit demande si l'homme qui venait le chercher avait un manteau pour se préserver du froid qui était trèsvif alors, « Non, lui répondit-il. ~r Eh bien! dit • M. Lefebvre, puisqu'il a pu venir sans manteau, i j'irai bien , moi , en en prenant deux* * Il se lève aussitôt , se couvre avec soin , puis s'appuyait sur ceux qui raccompagnent, il s'achemine chez lama* lade ; il arrive à temps pour recevoir sa confession et Uû donner les derniers sacrements. A peine l'eut* il quittée, qne cette femme rendit son âme à Dieu*
Le besoin qu'éprouvait M. Lefebvre de répandre le bienfait de l'instruction et de faire connaître Je-* sus-Christ ne se bornait pas k ses paroissiens; son " çqpr était pins grand que sa paroisse ; aussi sa maison était^eUe constamment ouverte à tous, même aux étrangers. Ayant appris que les habitants d'une paroisse voisine n'osaient venir chez lui pour se faire instruire , il leur donna rendez-vous dans un bois voisin, afin de les soustraire à une curiosité importune et leur épargner la moitié de la route. Là , assis par terre au milieu de ces bons paysans , il leur expliquait la doctrine chrétienne, leur faisait goûter les vérités du salut, en même temps qu'il imprimait dans leur cœur l'amour de la vertu. Il les préparait ainsi à une conversion d'autant pk^