CHAPITRE Vm
séparait jamais le Chef visible de la grande société des âmes, de son Chef invisible. Aussi, lorsqu'il fut appelé à coopérer à la rédaction du Catéchisme diocésain, dans le projet qu'il présenta lui-même à la Commission, il avait eu soin, en définissant l'Église, d'associer les noms du Pape et de Jésus-Christ, et il avait tenu à ce que l'idée de la primauté de l'Évêque de Rome fut exprimée dans cette définition ^
L'abbé Martin ne laissait passer aucune occasion de proclamer son dévouement a l'Eglise romaine. Dans ses conversations particulières, dans ses conférences avec les prêtres, et surtout en chaire — sachant bien que le véritable amour ne craint pas les redites — il revenait sur un sujet si important.
n était plein de vénération pour les Évêques de France, qui se montraient les plus courageux parmi les défenseurs de la Papauté ; il accueillait avec une sainte joie la promulgation du dogme de l'Immaculée Conception de Marie ' ; et, assistant en esprit à
* « La véritable Église de Jésus-Christ, disait Tabbé Martin, est la société des pasteurs et des fidèles, dont Jésus-Chris t est le chef invisible, et le Pape le chef visible. » ( ?Toid de rédaction pour le Catéchisme, présenté à la Commission par M, le Curé de Saint-Denis, — J. Martel aîné, impr. ; Montpellier, i863.)
Cette définition est conforme à renseignement traditionnel de l'Église romaine et du Diocèse.
3 En 1855.
rimposante assemblée de Pontifes accourus à Rome, pour cette fête solennelle, de toutes les contrées de l'univers, il aurait pu écrire au Pape comme Chrysostome : « Quoique je sois éloigné de Votre Sainteté, mon cœur est auprès d'EUe * » . C'est sous l'impression de ce sentiment que retraçant, à cette même époque, la fidélité apostolique du grand Evêque de Constantinople, ce magnanime soldat de la lutte entre le Sacerdoce et l'Empire, tombé au premier rang de la bataille pour la défense du glorieux étendard de la Papauté, il. s'écriait : « Comme ses cendres ont dû tressaillir sous la dalle du Vatican, quand tout à l'heure l'Episcopat tout entier se levait comme un seul homme pour entourer son auguste Chef des témoignages de son dévouement, pour protester contre toute atteinte à l'indépendance du Saint- Siège, indépendance sur laquelle reposent la liberté de l'Église, la liberté des âmes, tous les intérêts du Catholicisme , les plus vrais intérêts de la civilisation ! Avec quelle joie il a dû reconnaître dans cette grande voix du Corps épiscopal l'accent de sa propre voix, l'écho de son âme ! » *
Quelques années après, l'abbé Martin applaudissait au courage sublime de ces nobles fils des Croisés, qui s'enrôlaient sous la bannière de Pie IX, et tom-
^Chrys., t. 3, p. 521.
« 5. Chrys., 1. 1, p. XI.