‹ Vie de l'abbé Martin (d'Agde) curé de Saint-Denis, à Montpellier, précédée d'une introdChapitre 108 sur 135 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

baient à Castelâdardo et à Mentana comme des martyrs, après s'être battus comme des héros * .

Dans tous les temps, il encourageait, des efforts de sa parole et des ressources de sa charité, l'Œuvre du Denier de saint Pierre. Il la regardait comme la première de toutes les Œuvres catholiques, il cherchait à lui recruter de plus nombreux partisans ; et, voulant prouver à ses paroissiens, même après sa mort, combien cette Œuvre lui était chère, il a légué un dernier gage de son amour à Pie IX, qui était à ses yeux le premier des pauvres de Jésm-Christ *.

Le dévouement de l'abbé Martin pour l'Eglise ne s'arrêtait pas au Vicaire de Jésus-Christ : il savsCit qu'aimer l'EgUse, sa beauté, son unité, c'est aimer le Sacerdoce dans les différents degrés de sa magnifique hiérarchie.

Aimer l'Eglise, c'est aimer « la dignité et la suréminente autorité de l'Evêque , qui, d'après saint Jérôme, en est le salut'. » L'abbé Martin aimait donc l'Episcopat ; il entourait les Evoques d'un intelligçnt respect ; et, au milieu des épreuves qui ont troublé malgré lui quelques années de sa vie, nous avons toujours admiré la modération de son lan-

* Gastellidardo, en 1860. —Mentana, en i867.

* L'abbé Martin a voulu qu'une partie du produit de la vente de sa bibliothèque fût cons.acrée à TCEuvre du Denier de saint Pierre.

^ S. Hier on. t adv, Lucif., n^ 9.

gage et la noblesse de ses sentiments. Tout homme revêtu de ce caractère sacré portait sur son front une auréole devant laquelle il n'hésitait pas à s'incliner.

Un. pauvre missionnaire, qui avait été professeur au Petit Séminaire de Saint-Pons, était venu un jour, au'presbytère de Saint-Denis, demander l'hospitalité, et il y avait trouvé un accueil bon et généreux. Quand l'heure de la séparation fut venue, l'abbé Martin se prosterna humblement aux pieds de son modeste visiteur et lui demanda sa bénédiction. Celuici hésita longtemps, et il conjurait son ancien Supé^ rieur de le bénir lui-même ; il dut cependant céder aux instances du curé de Saint-Denis. Le professeur d'autrefois n'était plus un simple prêtre : l'abbé Bessieux était devenu évêque des Deux-Guinées.

Aimer la beauté et l'unité de l'Eglise, aux yeux de l'abbé Martin, c'était aussi aimer le prêtre. Il l'honorait dans son caractère, il estimait ses vertus, il encourageait ses travaux, il applaudissait à ses sacrifices, il le soutenait au milieu de ses tribulations; il l'assistait , quand il le savait pauvre, par de délicates largesses; il le défendait contre l'injustice et la calomnie. Avocat désintéressé de tous ceux qu'il croyait innocents, il plaidait partout avec énergie leur cause; et sa bienveillante protection contribua plus d'une fois à rendre l'honneur et la paix à des prêtres malheureux et à les faire réintégrer dans

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