‹ Vie de l'abbé Martin (d'Agde) curé de Saint-Denis, à Montpellier, précédée d'une introdChapitre 111 sur 135 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Le séjour de l'abbé Martin à Rome ne fut pas seulement une source de joies intimes pour son cœur ; son amour de la science occlésiastique y trouva aussi un aliment. Toujours avide de connaître les antiquités chrétiennes , il visita avec intérêt les divers monuments qui rappellent, dans la Ville éternelle, la présence de saint Paul, saint Clément, saint Ambroise, saint Augustin et saint Grégoire le Grand. Il explora, en ardent bibliophile, les précieuses collections du Vatican. Il étudia surtout les Congrégations romaines*; il admirait Térudition théologique des hommes qui les composent, la sagesse qui préside à leur jugements, les précautions dont ils sont entourés pour éviter l'erreur ; et nous l'avons souvent entendu dire qu'il ne connaissait pas dans le monde une meilleure organisation.

On accuse quelquefois de lenteur les tribunaux romains, dans la décision des causes ecclésiastiques qui leur sont déférées. On croit voir de la faiblesse là où l'on ne devrait reconnaître que sagesse et prudence. On ne comprend pas toujours les ménagements qui sont imposés au Saint-Siège dans des situations difficiles. L'abbé Martin déplorait ces im-

* On appelle ainsi à Rome les assemblées formées par des théologiens nommés consuUeurs, et présidées par un ou plusieurs cardinaux, pour s'occuper des divers objets relatifs au gouvernement de l'Eglise. (Bergier, Dicl. deihéoL, art. Congrégation, )

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patiences et ces murmures. Il était persuadé qu'un peu plus tôt, un peu plus tard, la vérité et la justice doivent prévaloir au tribunal du Père des fidèles et du Vicaire de Jésus-Christ. « Je ne dirai pas avec un saint Evêque*, écrivait-il, que Rome est vieille et ne peut marcher qu'à petits pas; car, à toutes les époques de son histoire, elle en a fait faire de très-grands à rhumanité; mais je dirai qu'elle a un peu de Téternité de Dieu et de sa patience. Le temps est un élément un peu négligé dans ses calculs. Les individus peuvent en soufirir, mais l'ensemble y gagne, et, si rien ne se fait vite, rien non plus ne se fait mal. Croyons donc à Rome, espérons en elle ! »

Au milieu des excursions pieuses et scientifiques du curé de Saint-Denis, un attrait particulier le mena souvent à l'Eglise de Saint-André délia Valle. Au pied de la chaire de cette Eglise repose, sous une simple dalle, un des prêtres les plus célèbres de l'Italie : le Père Ventura. Quand les troubles politiques qui agitèrent ce malheureux pays, à la suite de la révolution de 1848, eurent obligé le savant général des Théatins à se réfugier en France, il était venu demander à la cité de Montpellier un abri dans son exil.

L'abbé Martin l'accueillit avec bonheur : ces deux nobles cœurs [étaient faits pour se comprendre. Pen-

* Mê^'Gerbet.

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