CHAPITRE vm sas
dire pour le Clergé même tout entier, que celle de M. l'abbé Martin; et je ne suis point surpris de l'empressement que les autorités civiles et religieuses ont mis à témoigner les sentiments que leur a laissés cette mort. J'aurais voulu être au milieu d'elles, et je ne ferai certes jamais assez paraître tout ce que j'avais voué d'aflfection sincère à l'homme de bien^ au vrai prêtre, à l'érudit doué d'autant de goût, de finesse, de réelle et solide originalité que de savoir, dont il fallait violenter en quelque sorte la modestie pour qu'il se résignât à se montrer ce qu'il était, et qu'on estimait de plus en plus à mesure qu'on le connaissait et qu'on le pratiquait davantage....
» Agréez, mon cher Abbé, l'assurance de mes sentiments dévoués ,
» J. Peétri. »
La mort de l'abbé Martin eut un douloureux retentissement dans le cœur des nombreux Evêques qui l'avaient honoré de leur amitié, ou à qui son Histoire de saint Jean Chrysostome avait inspiré une vive admiration pour son caractère de prêtre et d'écrivain. De sympathiques témoignages arrivèrent de tous côtés à sa famille, qui les gardera précieusement comme de vrais titres de noblesse. Il nous serait impossible de les citer tous, sans nous exposer à des redites ; nous n'en signalerons que deux :
384 l'abbé MARTIN
M*' Plantier, le vaillant évêque de Nîmes, écrivant à M. E. Vidal, maire de Bességes et neveu de Tabbé Martin, lui disait que la mort de son oncle était « une perte immense, non-seulement pour le clergé de Montpellier, mais pour TEglise de France tout entière *. »
M.^ rÉvêque de Perpignan, qui avait connu d'une manière plus particulière le curé de Saint-Denis, dans une lettre à son frère, M. E. Martin, médecin à Agde, exprimait avec plus d'élan encore sa douleur et son admiration pour l'illustre défunt :
« Perpignan, le 14 mai 1868.
» Cher Monsieur le Docteur,
» La mort de votre frère n'est pas seulement une perte considérable pour son honorable famille : elle est un malheur pour le diocèse de Montpellier, une vive et profonde affliction pour ses nombreux amis.
»Ce rude coup, auquel j'étais loin de m'attendre, m'a personnellement attéré. Les liens qui m'attachaient au curé de Saint-Denis étaient si anciens et si forts ! Depuis que j'avais eu le bonheur de le connaître, il y a plus de trente ans, à travers les époques diflîciles de sa vie comme pendant ses beaux
* Lettre du 6 juillet 1868.