‹ Vie de l'abbé Martin (d'Agde) curé de Saint-Denis, à Montpellier, précédée d'une introdChapitre 125 sur 135 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

ges de personnages plus utiles à rhumanité ne remplaceraient pas un jour, avec avantage pour Tinstruction et l'amélioration morale du peuple, des allégories païennes, toutes dénuées de pensées et de sentiments.

C'est dans le même élan d'amour pour les traditions locales qu'il contemplait avec tristesse les ruines de cette vénérable église de Maguelone, berceau du christianisme dans nos contrées. Combien de fois il témoigna le regret que cette île, bénite* par le Souverain Pontife Urbain II, lorsqu'il vint inaugurer les croisades en France, nô fût pas demeurée la propriété des Évêques de Montpellier ou du diocèse ! Il voyait du moins avec joie une famille chrétienne de sa paroisse faisant restaurer cette

teurs nous pardonneront un orgueil de famille qui nous semble bien légitime. Il nous est impossible de citer le nom d*Éd. Adam sans rappeler qu*une large part dans le succès de son invention revient à son associé, Jean-Baptiste Rouet (de Lunel), grandpère de l'auteur de ce livre.

* En revenant de Glermont, vers la fin de juin 1096, le Pape Urbain II vint visiter l'île de Maguelone, ot. il arriva le 28 de ce mois, accompagné des Archevêques de Tarragone et de Pise, des Évêques d*Albano, de Nîmes, de Segni, de Godefroi évêque de Magueîone, du comte de Substantion, deGuillem de Montpellier et d'un grand nombre de nobles Seigneurs et membres du Clergé. Le lendemain, fête de saint Pierre, il bénit solennellement l'île et accorda une indulgence à tous les fidèles qui viendraient à y mourir dans des dispositions chrétiennes. » (La France pontifia eale(Gollia christiana), diocèse de Maguelone, p. 54. )

basilique, pour la rendre à sa primitive et religiense destination.

Mais l'abbé Martin aimait encore pins la France. En la voyant agitée aujourd'hui par le souffle de toutes les tempêtes, il faisait des vœux pour qu'elle restât fidèle à son passé et n'oubliât pas surtout sa noble mission de fille aînée de l'Église. Il gémissait de l'effacement général des caractères, de l'abdication de la dignité humaine, de la muette adoration du succès et de la force — signes déplorables de notre temps — qui ne donnent pas plus d'assurance au pouvoir que de sécurité aux peuples. II répétait souvent aux jeunes hommes qui lui demandaient une direction, ce mot rendu célèbre par le Père Lacordaire; Estote vin! Soyez hommes'! Il croyait que le salut

' i Beg., c. IV, v. 9. — Discours prononcé dans l'église Sainl- Roeh. à Paru, k 12 février 1853.

Chrj'sostoinc. comme i'alibé Martin le rapporte dans son Histoire, avait commenté, avec une rude éloquence, cette même parole : • Yienfl, sois homme, et que cette dénomination de la nature ne soit pas un mensonge. — Je suis homme, dit celui-ci.— Souvent, on est homme de nom, on ne l'est pas de sentiments ; car, quand je te vois vivre en dehors des lois de la raison, pourquoi t'appellerai-jo homme, et non brute? Toi, qui

as dépouillé les insignes de ia royauté, le diadème et la pourpreî Faisons l'homme à notre ressemblance, a dit le Seigneur; souvienstoi homme, de cette parole et de celai dont tu es l'image !

flnnimpnt deviendrai-je un homme, me diras-tu? — En subju-

nt les pensées charnelles, en t'arrachant à tous les vices.

OB ici, nous fabriquons des hommesl.... «(S. Chrys., 1. 1",

p. XV, p. 502.)

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