‹ Vie de l'abbé Martin (d'Agde) curé de Saint-Denis, à Montpellier, précédée d'une introdChapitre 16 sur 135 · CHAPITRE I loi · texte numérisé non relu

CHAPITRE I loi

Ce ne sera peut-être pas sans utilité que les jeunes prêtres liront quelques-unes de ces pages intimes.

L'amour de Tètude et des choses ecclésiastiques domine dans cette correspondance, dont la première des lettres conservées par l'un des deux amis survivant à l'autre montre Tabbé Martin regrettant, au milieu des vacances, le temps perdu en visites et le repos donné forcément au soin de sa santé :

« Agde, le 14 juillet 1820.

5> Voici, mon cher Vinas, une lettre d'Agde. Il est doux pour mon cœur de m'entretenir avec toi! Ne t'inquiète pas sur ma santé. On te peint faussement notre ville comme une région de maladies et de mort. Notre climat est parfaitement sain. Malgré les chaleurs insupportables de la canicule, les fièvres ne sont pas fort communes. Je ne puis me plaindre que de mon estomac toujours languissant et de mon cerveau un peu fatigué. Je suis contraint de quitter le travail. J'ai perdu plusieurs semaines entières, mais j'ai eu du moins la consolation d'accueillir les amis qui m'ont fait l'honneur de me visiter. J'ai vu Fraiche, Gabriel, Vemières... et jamais Vinas! Malgré ce repos forcé, je n'avance pas; pourquoi m'en inquiéter? Je pourrai dire cette fois, en toute vérité, que j'ai pris des vacances. Faisons provision de santé pour nous livrer, dans le courant de l'année, à nos

études avec une ardeur nouvelle. En agissant ainsi,

nous ne perdrons pas le temps. N^oublions pas que rÉglise a besoin plus que jamais de prêtres studieux. »

La pensée du travail vit sans cesse dans l'esprit de notre séminariste; elle devient le thème d'une seconde lettre :

« Agde, le 20 août 1820.

tf Ma santé revient peu à peu, mes forces augmentent; je serai, dans quelques jours, un homme nouveau. Le bon Homère! qu'il est doux pour moi de le traduire ! Ah ! cher ami, si nous pouvions, réunis sous le même toit, dévorer ensemble ses admirables poëmes, étudier ses grandes images, nous pénétrer de l'harmonie de ses vers, nos vacances seraient doublement utiles; nous ferions de rapides progrès dans l'art d'écrire avec goût et dans la connaissance de la langue des Grecs.

y> J'ai choisi pour sujet du sermon que je dois prêcher au Séminaire, à la rentrée des classes, le scan^ dale, question large, dont je ne traiterai que quelques parties.

» J'aurais voulu donner à mon sermon la forme d'une homéUe, à la manière des Pères; mais ne s'élèverait-on pas contre le novateur? J'en prends donc mon parti. Mon discours renfermera un premier et un second point, des divisions, des sous-divi-

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