‹ Vie de l'abbé Martin (d'Agde) curé de Saint-Denis, à Montpellier, précédée d'une introdChapitre 19 sur 135 · CHAPITRE n · texte numérisé non relu

CHAPITRE n

que rensemble de ses actes si multipliés et si divers. C'est maintenant pour moi comme un amas confus de choses précieuses, où il m'est d'autant plus difficile de faire un choix que, en vivant avec lui dans la plus intime familiarité, je m'étais habitué à ne voir, dans les traits même les plus saillants, que l'accomplissement d'un devoir ordinaire.

» Néanmoins les circonstances qui assurèrent à sa ville natale les prémices du ministère de notre cher défunt pourront vous faire connaître la haute idée que nous nous formions tous de son mérite, en même temps que l'occasion des succès dont je fus si heureux de le voir couronné-

» Le jour même de mon ordination, 22 février 1823, ayant été nommé vicaire du bon et vénéré curé de Saint-Etienne d'Agde, M. CoUard, vieillard accablé d'infirmités et presque octogénaire, je me trouvai, au bout de deux mois de service, dans la nécessité de lui exposer que les intérêts spirituels de sa paroisse populeuse réclamaient un autre vicaire. Il m'autorisa à faire, sous ce rapport, ce qui me paraîtrait le plus convenable. La question était dès lors résolue. Ayant appris à connaître au séminaire les qualités éminentes de l'abbé Martin, et sachant qu'il était appelé à recevoir la prêtrise à l'ordination de la Trinité, j'en écrivis à M. Bastet, notre supérieur. Ma demande fut accueillie, et M. Martin nous fut donné. La paroisse en témoigna hautement sa satisfaction à M. le Curé.

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» De son côté, le nouveau vicaire ne tarda point à réaliser, à dépasser même toutes nos espérances. Sans parler de la conduite du prêtre au point de vue des pauvres, des malades, du soin des petits enfants et de tant d'autres devoirs de chaque jour dans le temple et hors du temple, j'ai hâte de signaler les fruits de la parole de Dieu. Les grands catéchismes raisonnes, les conférences dogmatiques et morales, faites à deux du haut de la chaire, avec demandes, objections et réponses ; les prônes du matin, les discours du soir, les prédications suivies de l'Aven t et du Carême, changèrent la face de la paroisse.

» Le vestiaire de la sacristie avait besoin d'être complètement renouvelé, pour l'honneur du culte public et la célébration des saints mystères. La foi et la charité accueillirent avec enthousiasme l'annonce de nos collectes dans l'église et de nos quêtes à domicile, auxquelles MM. les Fabriciens prêtèrent leur concours le plus empressé. Il s'agissait ici du domicile même du corps et du sang de Notre-Seigneur Jésus- Christ ; sous ce rapport, rien n'est petit dans la mair son de Dieu : tout est grand dans les plus minimes détails ! Aussi l'abbé Martin se plaisai1>-il, dans ses moments de récréation, à tracer la coupe des ornements, le dessin des boiseries, et à les faire exécuter sous ses yeux.

» Dans nos promenades du soir , sur les bords de l'Hérault ou bien sur le chemin de Notre-Dame-du- Grau, nous avions coutume de nous concerter tou-

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