‹ Vie de l'abbé Martin (d'Agde) curé de Saint-Denis, à Montpellier, précédée d'une introdChapitre 26 sur 135 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

L'abbé Martin refuse de prêter serment. — Ses idées lamennaisiennés. — Sa rétractation. — Panégyrique de saint Paul. — Il prêche le Jubilé à Pézenas. — Son carême à la Cathédrale.— Il est surnommé Bouche d'Or. — Discours sur la sainte Vierge, à la paroisse Sainte- Eulalie. — Neuvaine à Saint-Roch. — Mort de M«» Foumier. — Ses prédications à Lodève, Saint-Pons et dans plusieurs villes de France. — Lettre de M. l'abbé Mullois. chapelain de l'Empereur. — Son talent d'improvisation. — Son jugement sur l'éloquence de la chaire. — Notice sur Notre-Dame du Grau et la ville primitive d'Agathe. — Traduction de la vie de saint Sévère. — Son amour pour la liturgie de l'Eglise d'Agde. — Gulto de famille. — Il accompagne son Evoque dans une visite pastorale. - U .fait plusieurs (le ses Mandements. — Compte rendu d'un Avent prêché par M>' Thibault.

La révolution de 1830 vint inaugurer un nouvel ordre de choses et imposer à tous les fonctionnaires publics l'obligation de prêter serment au gouvernement sorti des barricades. L'abbé Martin y répugnait, n se rendit à Montpellier pour consulter Pévêque, M*' Foumier. C'est encore à M. l'abbé Vinas que nous empruntons ce fait :

« J'accompagnai, dit-il, l'abbé Martin à Châteaud'O, pour obtenir une décision à l'égard du serment ; mais je ne saurais affirmer si c'est alors ou plus tard que, par suite de ce serment, il quitta la direction du collège*. »

' Le souvenir de l'abbé Martin est resté vivant au collège d'Agde. Quelques anciens élèves ayant eu la pensée de former

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Bientôt le journal P Avenir jeta au sein du jeune clergé de France, comme une lave brûlante, ses doctrines libérales. Doué d'une imagination de feu, d'un coeur ouvert à toutes les pensées généreuses, à tous les sentiments dévoués, l'abbé Martin ne pouvait rester indifférent devant les pages éloquentes de l'abbé de Lamennais.

Une brillante auréole rayonnait autour du front du prêtre tribun. Les royalistes l'exaltaient; les hommes religieux étaient fiers de sa gloire, qui semblait se réfléchir sur l'Eglise elle-même ; Léon XII lui destinait, disait-on, la pourpre. Comment l'abbé

une associaUoD, afin de grouper autour de cet étabUssement les sympathies de tous ceux qui en sont sortis et qui peuvent aujourd'hui lui prêter le concours de leur influence, la présidence de la première réunion fut donnée à Tabbé Martin, au mois d*août 1865. Sur les instances du Ciomité, il prit la parole et retraça, dans une intéressante improvisation, Thistoire du collège et de la ville d' Agde. « mon pays ! s'écria-t-il, que tu fus bien nommé par les premiers Phocéens qui, en abordant tes rivages, te dotèrent du nom d'Agathe ! » M. Goste-Floret, maire de celte ville, a prononcé T éloge de notre vénéré défunt, son ancien maître et ami, à la distribution des prix de cette année 1868. Son discours a été le développement des paroles suivantes du poëte latin, dont il a fait une heureuse application au plus illustre des anciens élèves du coUége :

c Pueri ludenies : Rex eris, aiunt , Si recU fades.

» Au siècle d'Auguste, les en&nts de Rome disaient dans leurs jeux : Fais bien, et tu seras roi.» (Horace, \^**ÉpUre.) '

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