‹ Vie de l'abbé Martin (d'Agde) curé de Saint-Denis, à Montpellier, précédée d'une introdChapitre 27 sur 135 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Martin n'auraiWl pas été séduit par ce Père de F Église^ comme on appelait alors Tillustre auteur de l'jE^ssai? D'ailleurs, hoimne de courage et de désintéressement, il ne reculait pas, malgré ses convictions royalistes, devant Tapplication la plus complète de la liberté. Son imagination lui en signalait les avantages avec plus de clarté que les dangers. U adopta donc, avec toute Fardeur de sa jeunesse et de sa foi, les idées nouvelles que les rédacte^urs de Y Avenir devaient pousser bientôt jusqu'aux plus regrettables conclusions.

Plus d'un de ses contemporains et de ses collègues dans le sacerdoce partageaient ces séduisantes doctrines. EUes étaient professées surtout par un de ses meilleurs amis, l'abbé Gabriel, curé à Pézenas, et le presbytère de Sainte-Ursule devint le théâtre habituel des discussions les plus chaleureuses. Là, entourés d'un certain nombre de jeunes hommes que les deux prêtres éminents avaient amenés aux pratiques de la foi et qu'ils électrisaient tour à tour de leur parole, ils exposaient chaque soir, devant eux, les grandes questions sociales. Membres correspondants de V Agence générale pour la défense de la liberté religieuse^ ils recueillaient des souscriptions pour l'émancipation de l'Irlande ou la résurrection de la malheureuse Pologne *.^ La belle àme de l'abbé Mar-

* L'amour de la Pologne était resté comme une généreuse pensée au fond du cœur de Tabbé Martin. H était en correspon-

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tin s'ouvrait surtout aux plus vives émotions. Chaque article de V Avenir lui causait une sorte de tressaillement. Il suivait par la pensée Montalembert et Lacordaire réclamant devant la Chambre de Pairs, au nom de leurs droits de citoyens, le titre de maîtres d'école. Il exhalait son indignation sur la destruction de l'archevêché de Paris et sur la violation de la liberté du domicile dans la personne des trappistes de la Meilleraye ; mais, plein de confiance dans l'avenir, il faisait partager à ses jeunes auditeurs de radieuses espérances, que les fréquentes visites de l'abbé Combalot, un des membres fondateurs de V Agence^ venaient ranimer.

Deux années s'écoulèrent dans cette effervescence d'idées et de sentiments. On connaît le résultat des exagérations lamennaisiennes : Rome fit entendre sa grande voix. Ce fut pour le cœur de l'abbé Martin et de son ami une épreuve terrible, mais leur foi n'hésita pas un moment. A la suite de la retraite ecclésiastique de 1832, où fut publiée l'encyclique de

dance avec le supérieur de la Mission polonaise à Paris. L'abbé A. Jelowski lui écrivait, le 11 juillet 1864 :

« L'image que vous voudrez bien recevoir, en vous rappelant la Pologne, vous rappellera un de ses prêtres, auquel vous aviez donné Thospitalité et dans la maison de Dieu et dans la vôtre. Pie IX a bien voulu agréer cette image, faite pour encadrer ses propres paroles, qui nous répondent de Pavenir de la Pologne. Ces paroles vous ont fait prier sans doute pour elle, vous qui r aimez tantl »

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