‹ Vie de l'abbé Martin (d'Agde) curé de Saint-Denis, à Montpellier, précédée d'une introdChapitre 28 sur 135 · CHAPITRE lY · texte numérisé non relu

CHAPITRE lY

Grégoire XVI, Mirari vos arbitramur^ qui condamnait les doctrines religieuses et politiques de YAvenir, ils se soumirent sincèrement à cette décision souveraine, et Tabbè Martin écrivait à cette occasion:

a Agde, 16 septembre 1832.

» J'adhère pleinement, sous tous les rapports, sans explication, ni restriction, ni réserve, à l'encyclique de Grégoire XVI et à toutes les vérités qu'elle renferme. Il est vrai que mon adhésion n'est pas trèsméritoire : en obéissant, je ne fais qu'appliquer les principes qui, depuis quelques années, dirigent ma vie. Est-ce qu'un des principaux articles de ma foi religieuse n'est pas la profession de l'attachement le plus absolu, le plus entier, le plus aveugle, si je peux parler de la sorte, au siège de Rome, centre de l'unité catholique, organe des traditions séculaires, docteur universel et infaillible du monde chrétien?

» Quant à la politique de V Avenir touchant la liberté de la presse, la séparation de l'Eglise et de l'Etat, le droit donné aux peuples de renverser les gouvernements oppresseurs, je n'y ai jamais vu que des opinions transitoires, applicables à des temps malheureux, où le gouvernement pose l'athéisme en principe et veut confisquer toutes les libertés au profit d'une tyrannie antichrétienne. Si le Pape réprouve cette manière de voir, j'adhère encore à sa pensée. Tu me trouveras toujours, mon ami, sur le chemin

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de la soumiâsion^ parce qu'il est pour moi le chemin de Phonneur et de la vérité

» Si j'ai souffert du déchirement causé par de vives affections, je suis amplement dédommagé par le bonheur que je trouve à m'attacher avec plus d'amour à cette colonne de la foi, dont la base touche la terre et dont le faîte se perd dans le ciel, colonne sainte dont je ne crois pas m'être séparé un moment, et sous le pied de laquelle je voudrais être écrasé, si elle tombait,

y* Une autre consolation me reste : je me retrouve de nouveau plus rapproché, par mes sentiments, de toij le compagnon de mes études, dont le nom seul me retrace tant de doux souvenirs. Après les agitations qui ont brisé mon âme, les jours du Séminaire : me semblent plus beaux que jamais. Hélas! ces jours sont loin de nous; ils ont disparu comme la trace du vaisseau» Retrôuverons-nous jamais les heures si calmes de notre première jeunesse? Job avait bien raison dé dire : « La vie de l'homme est comme un toirent dont l'eau s'enfuit et narevient plus. ...»

Depuis que l'abbé Martin avait quitté la direction du Collège d'Agde, il s'était livré avec un succès toujours croissant au ministère de la prédication. L'originalité de son talent et la nouveauté de sa méthode lui suscitèrent des contradicteurs; mais la foule se pressait autour de sa chaire ; et, quoiqu'il n'eût encore prêché que dans quelques modestes églises du

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