‹ Vie de l'abbé Martin (d'Agde) curé de Saint-Denis, à Montpellier, précédée d'une introdChapitre 29 sur 135 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

diocèse, ropinion publique lui présageait déjà de magnifiques succès.

n fut invité à prêcher, le 25 janvier 1833, le panégyrique de saint Paul dans Téglise de Saint-Roch, à Montpellier. Le sujet était digne de l'orateur. L'abbé Martin l'aborda avec une franchise d'allures qui fit une profonde sensation dans la ville épiscopale. Son discours devait attirer naturellement sur lui l'attention de M*' Foumier.

Cet illustre Prélat fut un des premiers évoques de France qui pressentirent d'avance la chute de l'abbé de Lamennais. Avec son regard d'aigle, il devina le germe des erreurs les plus dangereuses à travers les éblouissements de ce magnifique génie. 11 avait donc été contristé de voir l'abbé Martin entraîné un moment par la séduction qu'exerçaient ces doctrines nouvelles ; mais l'affection de M*' Fournier pour le jeune prêtre agathois n'avait pas été affaiblie. 11 connaissait depuis plusieurs années son intelligence et son cœur ; il savait le bien qu'il pouvait faire dans son diocèse, et, comptant sur la droiture de son jugement et la vivacité de sa foi, il ne doutait pas de sa séparation complète des idées du journal V Avenir ^ dès que l'erreur deviendrait plus manifeste. Aussi, quand, après la publication de l'encyclique de Grégoire XVI, l'abbé Martin eut donné l'exemple de la soumission que nous avons déjà fait admirer, l'Evêque avait-il pressé sur son cœur le jeune prêtre avec un

amour doublement paternel.

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Le lendemain du jour où le prédicateur de Sainir Roch prêcha le panégyrique de saint Paul, quelques esprits jaloux crurent devoir profiter de roccasion pour inspirer à M»' Fournier de fâcheuses préventions. Ils lui présentèrent Tabbé Martin comme un novateur dangereux, évitant les routes battues et cachant, sous un style imagé et fleuri, le vide ou la hardiesse de la doctrine. L'abbé Vinas, instruit de cette manœuvre perfide, fut effrayé pour son ami. Il se rendit au palais épiscopal ; il protesta de toute l'indignation de son àme et, analysant le panégyrique de saint Paul, qui était resté gravé dans sa mémoire, il y montra la théologie la plus saine et la science la mieux approfondie de la doctrine catholique, sur le dogme de la grâce en particulier. L'Evêque accueillit avec bienveillance les observations de l'abbé Vinas ; et, comme celui-ci insinuait timidement la pensée de taire prêcher son ami à la cathédrale. Sa Grandeur se hâta de l'accepter et pria le curé de Saint-Roch d'aller trouver M. Coustou, son vicaire général, chargé du choix des prédicateurs. Quelques jours après, l'abbé Martin était prié par M*' Fournier de prêcher, dans son église cathédrale, la station du Carême de 1834.

A l'occasion du Jubilé qui eut lieu durant l'Avent de l'année précédente, il évangélisa la paroisse Sainte-Ursule, de Pézenas, et il se retira ensuite dans sa chère solitude d'Agde, pour s'y préparer,

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