‹ Vie de l'abbé Martin (d'Agde) curé de Saint-Denis, à Montpellier, précédée d'une introdChapitre 38 sur 135 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

des lieux où l'on a vécu devient cher, et Ton ne peut voir ces lieux sans être ému...; et pourtant il y a des sacrifices commandés.

» J'irai te voir dans le courant de l'hiver ; mais il m'en coûtera aussi de n'être plus abrité sous 06 vieux toit de ma mère et de mon enfance. Nous ne sommes plus que nous deux d'une famille nombreuse; restons unis plus que jamais ! »

La ville d' Agde, comme nous l'avons déjà fait pressentir, ne devait pas garder toujours l'abbé Martin. M»' Foumier était mort le 23 décembre 1834, et M^ Thibault avait recueilli sa difficile succession. L'éclat du talent et la distinction du caractère du jeune prêtre agathois le désignèrent à l'attention du nouvel Evêque, qui le nomma, le 26 juillet 1837, vicaire général honoraire, en attendant de le nommer, une année plus tard, chanoine titulaire de sa cathédrale. Ce dernier titre lui fut conféré le 17 octobre 1838, quand il était déjà supérieur du Petit Séminaire de Saint-Pons.

Le jeune vicaire général jouit, dès le moment de sa promotion, d'un immense crédit auprès de son Evêque. Il fut l'âme de tous ses conseils; il le suivit plusieurs fois à Paris pour y traiter des affaires difficiles; il devint même le compagnon obligé de ses visites pastorales, et tous les prêtres du diocèse furent heureux de trouver en lui un intermédiaire si bienveillant.

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Une lettre qu'il écrivait, à cette époque, à M. Vinas nous montre l'admiration que lui inspirait le zèle infatigable de MF Thibault.

« Agde, le 24 mai 1837.

» Monseigneur est rentré de sa visite pastorale. Vraiment je ne me serais pas attendu à tant d'enthousiasme et de sentiments chrétiens dans les pays que nous venons de parcourir. On ne pouvait espérer mieux de l'arrondissement de Béziers j j'en suis tout heureux à cause du prélat, et aussi à cause de l'Église, dont la foi est bien vivante encore dans les cœurs. Monseigneur, en rentrant chez lui, peut se rendre le témoignage qu'il a fait du bien. Quant à moi, je te dirai que, s'il y a de la fatigue à suivre un pontife toujours debout dans ses longues excursions , je suis charmé pourtant de l'avoir fait, pour apprécier davantage ce qu'il y a de bonté dans son cœur et de loyauté dans son caractère. »

M*' Thibault, de son côté, appréciait de plus en plus l'homme de son choix, et il n'hésita pas à lui confier la mission la plus délicate.

Nous trouvons ici un nouveau trait de ressemblance dans la vie de l'abbé Martin et celle de l'illustre évêque de Constantinople.

Pendant que Chrysostome était vicaire de Flavien, à Antioche, celui-ci, dont l'âge affaiblissait la voix, le cl^^argea d'exercer à sa place le ministère de la parole. L'histoire raconte comment le jeune vicaire

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