CHAPITRE IV
s'acquitta de cette fonction , et nous savons en particulier qu'il écrivit la célèbre harangue adressée par son évêque à Théodose, dont la statue équestre, érigée sur une place publique , avait été abattue par les séditieux habitants de la métropole de la Sjne.
La voix de M*' Thibault n'était pas affaiblie comme celle de Tévêque d'Antioche. Elle empruntait à son cœur cette puissance qui soulevait les multitudes et qui l'avait classé de bonne heure parmi nos grands orateurs contemporains. Mais l'activité du prélat lui inspirait d'incessantes créations; de fréquents voyages l'arrachaient à son palais épiscopal, et ses courses apostoliques avec l'abbé Combalot, l'appelant dans les principales villes de son diocèse pour y exercer, comme un simple missionnaire, les divers travaux du saint ministère, ne lui laissaient pas toujours le loisir d'écrire. Il se vit donc obligé de se décharger sur son vicaire général delà rédaction de certaines Lettres pastorales, et l'on peut dire de l'abbé Martin, comme de Jean Chrysostome, qu'il fut à la fols la bouche et la main de son Évêque.
Nous citerons un fragment de la lettre du 5 décembre 1838, dans laquelle le zélé prélat lui confiait cette mission :
« Mon très-cher Abbé,
» Je dois partir vers le 15 de ce mois pour Paris j il faudrait vous mettre de suite à l'œuvre e]t trai-
ter largement votre sujet. Ce que je vous demande ici peut avoir un heureux résultat pour le diocèse. Faites donc vite et bien; Tun ne vous est pas plus difficile que l'autre. »
» f Charles, évêque de Montpellier. »
Les sujets principaux de Mandement traités par l'abbé Martin sont : le Catéchisme, V Eglise, le Sacerdoce, V Industrialisme et le Progrès. Ce dernier attira à M^ Thibault les félicitations de l'Institut; mais le prélat, ne voulant pas se les attribuer à luimême, envoya à l'abbé Martin la lettre de l'illustre académicien et savant économiste M. Blanqui, en lui disant : que réloge d^un si beau travail devait naturellement revenir à son auteur. Trait de simplicité modeste qui nous semble grandir à la fois l'Evêque qui l'accomplit et son vicaire général qui en fut l'objet !
Nous reproduisons ici quelques extraits de ces Mandements, dont la lecture suppléera à l'absence des sermons écrits que n'a pas laissés notre illustre orateur:
« C'est au nom du progrès, disait-il, de ce progrès universellement désiré de nos jours, que le procès est fait à la Religion, et qu'avec nous ne savons quel air de science et d'impartialité, des hommes qui affectent d'énumérer ses bienfaits anciens, de rendre hommage à ses longs services, la bannissent, autant qu'ils le