‹ Vie de l'abbé Martin (d'Agde) curé de Saint-Denis, à Montpellier, précédée d'une introdChapitre 45 sur 135 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

consubstantielle représentation. Dans on second discours, il Ta montré dans la Création , expliquant avec une admirable clarté ces paroles de PÉvangile : C'est par le Verbe que toutes choses ont été faites; il a vengé le dogme de la Création des attaques anciennes et modernes dont il est Tobjet. Le troisième discours a été consacré au Verbe en tant que vie et source universelle de la vie, suivant ce mot de saint Jean : Et la vie était en lui, sujet hérissé de difficultés, où la précision des formules théologiques n'a rien ôté à Téclat oratoire de la parole. Aucun détail aride : on sentait partout Tabondance du cœur. En paraphrasant ce passage de la liturgie pour les morts : Venez, adorons le roi en qui tout vit, le prédicateur a produit un eflfet inexprimable. Le quatrième discours devait présenter le Verbe comme lumière. Une indisposition malencontreuse a empêché rÉvêque de le donner. Nous avons entendu à sa place le P. Ventura, etnous Pavons trouvé, comme toujours, l'homme de grande doctrine et d'apostolique entraînement. Enfin, dans le dernier sermon, le jour de Noël, Monseigneur a parlé du Verbe incamé j et pour la première fois, peut-être, nous avons pu admirer toutes les beautés, toutes les harmonies, toutes les profondeurs, toutes les conséquences de ce grand mystère, fondement de la foi chrétienne, dont il a, d'une main puissante, foudroyé les blasphémateurs.

9» Mais rien de ce que nous pouvons dire ici ne donnerait l'idée de ce grand enseignement, élevé par le

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fond, admirable par la forme, où Tautoritè du tar lent relevait si fort l'autorité de TÉvêque. Tout y était bean, lumineux, éloquent : Tonction se mêlait à la science; la parole puissante qui éclairait les esprits remuait les cœurs, et Ton peut espérer qu'elle a produit autant de bien qu'elle a excité d'applaudissements. Recueillie par une foule nombreuse et empressée qui remplissait la vaste nef de Saint- Pierre, elle laissera dans les âmes chrétiennes un souvenir durable. Quant à ceux qui goûtent moins le Catholicisme et parlent tant de sa déchéance, ils ont dû se convaincre que le temps de ses gloires n'était pas fini, et qu'il avait toujours en réserve, pour les opposer à ses adversaires, quelques grands athlètes dignes de ses plus beaux jours.

» On raconte qu'à la fin d'un discours de l'Evêque, une vieille femme s'est approchée de lui, au pied de la chaire, et lui a dit : « Monseigneur, je vous aime ! » Cette naïve exclamation en dit plus que le plus long article de journal.»

Nous terminerons ce chapitre par une simple observation. La haute estime de NN. SS. Fournier et Thibault pour l'abbé Martin, et la confiance dont nous les avons vus l'honorer jusqu'ici, ne glorifient pas seulement ce Prêtre : elles prouvent aussi à quel point ces deux illustres pontifes aimaient les dons de l'intelligence et les vertus sacerdotales. Ds étaient heureux— c'est le propre des grandes âmes—

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