‹ Vie de l'abbé Martin (d'Agde) curé de Saint-Denis, à Montpellier, précédée d'une introdChapitre 47 sur 135 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

L'abbé Martin est nommé Supérieur du Petit Séminaire de Saint- Pons. — Sacrifice. — Dan de M. de Bine, curé-archiprétre. — Lettre de M>' Thibault. — MétlMxle de direction appliquée par Tabbé Martin à son établissement. — Reconnaissance des élèves. — Discours prononcés par Tabbé Martin à la distribution des prix : sur la direction et les études de so9 établissement; sur la liberté de i'enseiguement; sur l'amour de 1a France; sur la littérature; sur l'éducation religieuse. — Collèges libres. — L*abbé Martin quitte Saint- Pons.

Ce fut en 1837 que M«' TÉvêque forma le projet de confier à Tabbé Martin la restauration du Petit Séminaire de Saint-Pons*. Celui-ci, après avoir résisté quelque temps, accepta cette difficile mission, quoiqu'il comprît la grandeur du sacrifice qu'elle lui imposait. Nous en avons la preuve écrite dans une lettre à son ami :

« Saint-Pons, 6 novembre 1837.

» Les occupations que j'ai trouvées ici ne m'ont pas laissé le temps de t'écrire; je le fais à la hâte : nous sommes encore dans le chaos d'une organisa-

* Cet établissement avait été fondé, en 1823, par Mfir*" Fournier. — Voyez, dans le Recueil clés Actes administratifs de cet évêque, une pièce datée du 4 novembre 1823 et intitulée : Avertissement au clergé et aux fidèles de notre diocèse, à Voccasion de Vélablissement et de V ouverture du Petit Séminaire de Saint-Pons.

on naissante. La douleur que j'éprouvai, en accepint la proposition de Monseigneur, n'était que le ressentiment des contrariétés que je devais trouver ans ce pays. Le climat est rude, la situation finanîère de la maison embarrassée ; la tenue des élèves t des maîtres est loin, d'être satisfaisante. Cepenant j'ai confiance que tout ira bien : le nombre des lèves augmente tous les jours ; il dépasse déjà de âaucoup celui des meilleures ^.nnées précédentes... lieu est mon espérance, il ne m'abandonne pas ; je lis toujours soumis à sa volonté. En attendant, je ds de l'ordre et de l'économie, sans négliger les )ins que réclame la santé des élèves. Je sens le icrifice que j'ai fait, mais tout est fini, et je ne dois is regarder en arrière. . . »

M. l'abbé de'Bêne, curé-archiprêtre de Saintons, eut à peine connu le nouveau Supérieur que, 'essentant l'éclat que sa direction allait jeter sur le iminaire, il voulut contribuer, par une généreuse frande, au succès de cette œuvre diocésaine. L'abbé Martin se hâta d'annoncer cette heureuse nouvelle son ami :

« J^ n'ai pas répondu plus tôt à ta bonne et encougeante lettre, parce que je croyais aller d'un jour l'autre à Montpellier. Le curé de Saint-Pons est mpli pour moi d'une affection qui m'étonne, et, ulant, dit-il, m'attacher à l'établissement, il nous

Page 1