M. L'ABBÉ SÉGUIER
Curé do la Gathédralo
Une autre paroisse de Montpellier ne tarda pas à être aussi douloureusement éprouvée. Le 9 février 1862, M. Séguier, curé-archiprêtre de la Cathédrale, terminait, par une touchante et sainte mort, une vie de foi et de bonnes œuvres.
Nous regrettons de ne pas connaître Tauteur de la notice suivante, qui lui fut consacrée dans le Me&sager du Midi :
tf M. Tabbé Séguier était un des anciens du sanctuaire ; il continuait parmi nous les traditions de ce clergé qui avait si généreusement confessé la foi aux tristes jours de la Révolution.
9 Né en 1788, à Arfons, dans le diocèse d'Alby, non loin de cette célèbre école de Sorèze qui garde la tombe du Père Lacordaire, il fit ses études au séminaire de Castres, sous la direction d'un saint prêtre, M. Gabaude, dont la mémoire est restée en vénération parmi ses élèves. La ville de Montpellier eut les prémisses de son ministère. Après avoir rempli les fonctions de vicaire à Notre-Dame, il fut ap-
pelé à occuper successivement le poste de Dourgne, près de son pays natal, et celui d'Alignan, où son souvenir est encore vivant.
» Les qualités du jeune curé attirèrent bientôt sur lui, d'une manière toute spéciale, les yeux de Tautorité ecclésiastique, et, après avoir dirigé pendant quelques années la paroisse de Saint-Roch, il fut nommé, en 1828, au poste éminent de la Cathédrale, qui effraya d'abord sa modestie, et qu'il n'accepta qu'après de longues hésitations.
» M. Séguier l'a administrée pendant trentequatre ans, et l'esprit si profondément chrétien qui anime le bon peuple de cette paroisse atteste la piété du pasteur. Plein de charité pour les pauvres, il avait envers tous le cœur et la bonté d'un père. Sa nomination de vicaire capitulaire, pendant la vacance du siège*, fit éclater les sympathies qu'il avait dans le clergé. La simplicité, la modestie, l'humilité de son àme, relevaient en lui les vertus sacerdotales, et nous pouvons lui appliquer avec vérité ces paroles de nos saints livres : «< Le Seigneur l'a sanctifié dans sa foi et dans sa douceur*. »
» Sa fin a été simple et édifiante comme sa vie. La patience, la paix et la sérénité du cœur ne l'ont pas abandonné un seul instant, au milieu des pins cruelles souffrances. Calme et résigné, doux avec la
* En i861.
* Eccli., ch. XLV, V. 4.
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mort comme il Pavait été avec les hommes, il a offert à Dieu le sacrifice de sa vie poar sa paroisse, pour le diocèse, pour l'Eglise, objet constant de son amour. Pendant trois semaines, la ville tout entière semblait penchée avec émotion sur sa couche, recueillant chaque parole, chaque souffle du bon pasteur, et y répondant par les vœux et les larmes les plus sincères. Fortifié par la bénédiction du Souverain Pon- Ufe, il s^est éteint, laissant à ses paroissiens et à ses nombreux amis, comme un précieux héritage, le souvenir de ses douces et modestes vertus. »