M. L'ABBÉ RAYNAUD
Vicaire général
Le diocèse faisait une nouvelle perte, le 7 décembre 1862, dans la personne de M. Parchidiacre Raynaud, vicaire général, décédé à Montpellier, après une maladie douloureuse, supportée avec une longue et persévérante résignation.
Attaché depuis seize ans à l'administration diocésaine, ce prêtre vénérable s'était acquis les sympathies de tout le clergé par ses nobles vertus et ses excellentes qualités.
M. l'abbé Raynaud a été, sans contredit, une des belles figures sacerdotales de notre diocèse. Une remarquable bonté de caractère en était le côté le plus saillant ; elle se révélait non-seulement par son langage, mais encore par ses œuvres, par la multitude de ses bons services, par la bienveillance de son accueil et l'hospitalité de sa maison.
Nous laissons à un de ses meilleurs amis * le soin
* M. l'abbé Pailloux, curé de Saint-Mathieu.
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de raconter quelques-uns des principaux traits de cette noble existence :
« Ne à Olonzac en 1796, Jean-Baptiste Raynaud, tout jeune encore , fut envoyé au Petit Séminaire, récemment établi à Montpellier ^ L'altération momentanée de sa santé ne lui permit point de suivre le régime commun, trop rigoureux pour lui. Il cher^ cha à entrer dans une autre maison, où il put, sans péril, continuer ses études.
9» Avant la formation de nos séminaires diocésains, deux établissements dirigés à Montpellier par de pieux laïques, MM. Arche et Lacan, offiraient aux élèves les meilleures garanties pour une instruction solide et religieuse. Plusieurs vocations cultivées dans ces modestes écoles contribuèrent à augmenter le nombre des aspirants au sacerdoce *• Ce fut dans la première de ces maisons que le jeune Raynaud alla s'abriter et continua avec succès ses
* Lettre de Me' Fournier, évêque de Montpellier, pour Tétalilissement et Tentretien des séminaires de son diocèse, 7 mars i807.
^ La Providence avait ménagé des ressources dans plusieurs villes du diocèse, pour réparer les pertes du clergé. Nous citerons surtout Lunel et Montpeyroux, dont MM. les curés Baisset et Euxière, de vénérée mémoire, avaient transformé leurs presbytères en petits séminaires, où les enfants qui se destinaient à Tétat ecclésiastique étaient élevés avec le plus grand soin, et d*où ils sortaient pour venir à Montpellier étudier la théologie et recevoir les Ordres sacrés. (Mandement de Ms' Fournier, cité plus haut.)
classes de latin. Il racontait plus tard le plan de vie qu'il s'était tracé, les formules de prière qu'il avait composées et l'énergie de sa volonté pour surmonter cette épreuve de son enfance. Il rentra au Séminaire dès que ses forces le lui permirent. Son talent se développa plus particulièrement en étudiant la philosophie et la théologie. Il fut alors chargé de remplacer l'abbé Martin (d'Agde), comme répétiteur de ses condisciples. Il se plaisait dans le vaste champ des idées et des opinions que lui ouvraient ces nouvelles études.
» Ordonné prêtre en 1822, l'abbé Raynaud fut nommé vicaire de Sainte-Madeleine à Béziers, sous la direction d'un curé éminent, M. Cabanel. Son vicariat ne ftit pas long. Ses supérieurs, voulant le rapprocher de ses vieux parents, lui confièrent la cure d'Azillanet, près d'Olonzac, qu'habitait sa far mille. Humble pasteur de cette petite succursale, il aurait voulu y rester toujours. Ses loisirs étaient consacrés à l'étude des belles-lettres et de l'Ecriture sainte. Suivant l'exemple de Duguet, prêtre illustre de l'Oratoire au xvm* siècle, l'abbé Raynaud avait écrit un traité sur V Ouvrage des six jours de la Création^ qu'il mettait en harmonie avec les découvertes et les calculs de la science moderne. Sa modestie se refusa à livrer ce travail à la publicité, et le retint longtemps dans une obscurité volontaire.
» Lié d'amitié avec M. Barthe, son ancien condis-