CHAPITRE VI
ment^ Testime et raffection de ses paroib&iens. Uabbè Cullier, honoré longtemps de la confiance particulière de M*^Foumier et doué d'une activité à toute épreuve, réussit à faire agrandir l'église, demeurée insuffisante, malgré son élargissement. L'abbé Guibaud, vieilli de bonne heure dans l'œuvre difficile et pénible des missions, marqua son passage par l'aménité prévenante de ses manières et par les derniers traits d'une éloquence qui avait longtemps remmè les multitudes. Ces trois dignes Prêtres donnèrent tour à tour leur démission : ils sont morts Chanoines de l'église cathédrale.
L'abbé Martin, comme nous venons de le dire, hérita de la succession de l'abbé Guibaud. Son ministère pastoral, qui a duré vingt-quatre ans, a été glorieux autant que pacifique et charitable. Un de ses admirateurs et amis résumait ainsi sa vie, le lendemain de ses funérailles : « L'abbé Martin a vécu au milieu de ses paroissiens, entouré de vénération et de respect. 11 les dirigeait, il les dominait par l'autorité d'un grand talent, l'aménité d'un bienveillant caractère et les qualités supérieures d'un noble cœur. Il avait su conquérir, de longue main, les sympathies et le respect même de ceux dont le séparait la différence des croyances religieuses * ; chacun admirait en
* Le jour de ses funérailles, M. Corbière, Président du Consistoire protestant de Montpellier, est venu au presbytère de Saint- Denis rendre hommage à la mémoire de M. le curé Martin.
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lui cette bonté parfaite, cette charité et cette mansuétude qui en faisaient le digne pasteur des âmes, selon Tesprit évangélique; sa magnifique éloquence, qui le plaçait au rang des orateurs sacrés les mieux inspirés, les mieux doués de la puissance d'émouvoir, de convaincre et de persuader ; son beau talent d'écrivain, où Ton retrouvait la chaleur, l'élévation et comme un écho de sa parole magistrale *. »
Nous allons essayer de dépeindre les diflférents caractères du ministère pastoral de l'abbé Martin.
Ici notre tâche devient plus facile. Témoin oculaire de sa vie de Curé pendant quinze ans, ce long espace d'une vie humaine, comme parle Tacite', nous n'avons qu'à recueillir, pour ainsi dire, nos propres souvenirs. Depuis, en effet, qu'il fit choix de nous pour coopérateur dans l'administration spirituelle de sa paroisse, avec l'autorisation de M*' Thibault, il ne cessa pas de nous admettre au commerce de sa vie intime. En nous approchant avec un affectueux respect de ce pieux sanctuaire, il nous a été donné de connaître tous les trésors de science, de ' sagesse, de bonté, d'indulgence et de générosité renfermés dans cette âme sacerdotale. Son amitié, qu'il nous a continuée lorsque nous avons cessé d'être
* Messager du Midi, 8 mai 1868. M. Geoghegan, auteur de ce^ article, interpréta admirablement les sentiments de la paroisse Saint-Denis et de la ville entière.
* Grande osvi humani spatium. Tagit., Vit, Agric.